Sciences dessus dessous

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  • Jean-François Cliche

    Ce blogue suit pour vous l'actualité scientifique, la décortique, et initie des échanges à son sujet.
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    Vendredi 15 juin 2012 | Mise en ligne à 10h56 | Commenter Commentaires (9)

    L’étrange cas de Monsieur Armstrong

    Here we go again, comme ils disent au Texas : le cycliste triathlète Lance Armstrong a de nouveau été accusé de dopage cette semaine, cette fois-ci par l’Agence antidopage américaine (USADA).

    Passons sur la question de savoir s’il est coupable ou  non. L’intérêt de la chose, en ce qui me concerne, tient plus dans les détails un brin techniques que l’on trouve dans le texte de l’accusation, que l’on peut télécharger ici (pdf). Mine de rien, il y a beaucoup de science dans ce document, et de la science fort pertinente à quelques semaines des Jeux.

    Essentiellement, Armstrong est accusé de s’être injecté de l’érythropoïétine (EPO) — une protéine qui stimule la production de globules rouges, et donc augmente le transport d’oxygène par le sang, ce qui est vachement pratique pour un sport d’endurance —, accusation qui valent surtout pour avant 2000, année où un test de dépistage est entré dans l’usage ; d’avoir triché par «autoinjection», c’est-à-dire de s’être prélevé du sang bien avant une compétition pour se le réinjecter juste avant, ce qui augmente encore la quantité de globules rouges dans le sang (en plus d’être à peu près impossible à détecter, selon le document) ; de s’être administré des substances illégales (testostérone) ou de manière illégale (cortisone) afin de récupérer après une épreuve ; et de s’être injecté des solutions salines et du plasma afin que ramener son taux de globules rouges à des niveaux légaux (pour masquer l’autoinjection, bref).

    Or comme le faisait remarquer la spécialiste du dopage de l’INRS Christiane Ayotte, hier à Première Heure (l’émission du matin de Rad-Can à Québec), ces accusations ne reposent pas sur des tests de dopage positifs, mais sur des profils sanguins jugés trop anormaux pour être naturels. Par exemple, le taux d’hématocrite, soit la proportion du volume des globules rouges dans le volume sanguin, tourne en moyenne autour de 45 % chez l’homme et les règlements de l’Union cycliste internationale stipulent qu’il ne peut excéder 50 % chez les coureurs.

    Ce ne serait pas la première fois que ce genre d’«indicateurs physiologiques» serait utilisé pour incriminer un athlète, a souligné Mme Ayotte — et c’est tant mieux, puisque cela nous donne un outil de plus pour «pincer» les tricheurs. Mais, sans vouloir gracier qui que ce soit, je ne peux m’empêcher de penser que c’est aussi une pente qui peut être glissante, car il y a une variation naturelle chez l’être humain qui ouvre la porte à des faux positifs.

    Le Scientific American publiait d’ailleurs la semaine dernière un excellent papier sur la question de savoir où, exactement, l’on doit tracer la ligne entre le dopage et les méthodes légitimes. La revue rappelle le «curieux cas» du fondeur finlandais des années 60 Eero Mäntyranta, qui a gagné sept médailles olympiques entre autres parce qu’il était atteint (comme les autres membres de sa famille) d’une «maladie» génétique qui gonflait naturellement son taux d’hématocrite. Le pauvre aurait ainsi échoué les tests de l’UCI sans avoir rien pris…

    Encore une fois, cela n’innocente personne, mais cela incite tout de même à se garder une petite gêne devant des indicateurs de type «profil sanguin» — encore que dans le cas d’Armstrong, si j’ai bien compris, l’USADA devrait invoquer des variations du taux d’hématocrite dans des échantillons prélevés en 2009 et en 2010, ce qui est autre chose, sans compter de nombreux témoignages incriminants…


    • Il y aussi l’effet placebo du dopage. J’en ai pris de l’EPO lorsque j’ai grimpé le Aconcagua l’an passé et juste de savoir que j’avais un avantage comparatif par rapport aux autres me donnait confiance. Je me sentais déjà meilleur que tout le monde alors que j’avais même pas commencé à grimper. En fait, J’étais même pas encore sortie de l’autobus! Mais la principale raison est que je trouvais cela trop dangereux. Trop de gens ne redescendent jamais. Le dopage va toujours exister car la presse ne s’Intéresse qu’au numéro 1. Y’a pas de place pour les autres. Même si l’autre arrive une fraction de seconde plus tard.

    • Décidément tout sonne faux dans les sports de performance et l’Olympisme … Récemment on les lokoutés d’Alma nous apprenait que même les médailles supposément en or en argent ou en bronze sont fabriqué en aluminium cheap par Rio tinto et qu’elle ne vallent pas 5 cent ! ( quoi qu’elle sont au moins recyclable!)
      C’est tu ça le revert de la médaille…

    • Passer une semaine à 4200 m d’altitude et vous reviendrez avec un système cardio-respiratoire surpuissant. J’ai fait le test à Hawaï et c’est vraiment spectaculaire. Alors, je peux comprendre l’attrait de l’EPO.

    • Hors-sujet : y’a-t-il des gens qui ont vue, sur la rive-sud de montréal, trois boules de feu dans le ciel vers 22h00 qui se sont éteint une après l’autre ? Nous étions a Sainte-Julie lorsque nous avons aperçu ce pĥénomène…

    • Précision : c’est le 16 juin…. Les boules de feu était au-dessus du mont-Bruno et s’en allait vers montréal….

    • Il y a des machines pour simuler l’altitude lors de l’entrainement. Pas besoin d’EPO.

      http://www.peakcentremontreal.ca/altitudef.html

      Ou des kits personnels.
      http://www.altipower.com/shop/

    • @respectable
      Je suis entièrement d’accord avec vous: les médias et le public n’en ont plus que pour les médaillés d’or, comme si les autres performances ne valaient rien. J’ai moi-même fait des compétitions de natation pendant 12 ans dans les années 80 et 90. Même si j’ai participé à plusieurs championnats canadiens, je n’ai jamais réussi le standard olympique. Et si on m’avait offert une drogue quelconque pour y arriver, je l’aurais refusée. Un de mes bons amis de cette époque a réussi, sans rien prendre d’illégal, à aller aux Jeux olympiques où il a terminé 19è dans son épreuve. Les commentaires négatifs ou encore l’ignorance de sa performance par certains journalistes lui ont complètement gâché son rêve olympique. Il serait grand temps que l’on remette les choses en perspective et qu’on ait une attitude plus positive envers TOUS nos athlètes olympiques. Comme le disait si bien Richard Garneau à l’ouverture des jeux de Pékin: Le simple fait d’avoir été sélectionné pour participer aux jeux olympiques est déjà un exploit en soi.

    • @luc_dubois
      Pas vu, mais quelques minutes avant ça, j’ai vu trois boules de crème glacées à Laval.

    • @luc_dubois

      Êtes-vous certain que vous n’étiez pas en train de regarder Independance Day à TVA?

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