Sciences dessus dessous

Sciences dessus dessous - Auteur
  • Jean-François Cliche

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    Lundi 16 avril 2012 | Mise en ligne à 10h07 | Commenter Commentaires (15)

    Le «meilleur» gène du QI

    Il a fallu le travail de plus de 200 chercheurs et un échantillon de plus de 20 000 personnes, mais on a fini par trouver le gène qui — dans ceux qu’on connaît du moins — a le plus grand impact connu sur le quotient intellectuel (QI). Mais la différence est infime : 1,29 point de QI, dont la moyenne est toujours de 100.

    N’empêche, lit-on dans le New Scientist, cela demeure un «record» pour un seul gène. Il s’agit du dénommé HGMA2, qui est aussi lié à la taille corporelle et au volume du cerveau. Parmi les variantes que les chercheurs, menés par le neurologue de UCLA Paul Thompson, ont trouvées, un changement d’une seule base azotée — soit un «maillon» dans la «chaîne» que constitue l’ADN — introduisait un écart moyen de 1,29 point.

    C’est une découverte fort intéressante, mais au final, il me semble qu’elle en dit plus long sur la complexité folle des facteurs qui déterminent l’intelligence — en supposant que l’on mesure bien celle-ci avec le QI, mais c’est une autre question. Les experts parlent de «centaines de gènes» plutôt que d’un gène unique du QI, et le fait qu’il ait fallu mobiliser tant de moyens pour accoucher d’une souris de 1,29 point semble bien confirmer cette thèse. Et c’est sans compter les «facteurs environnementaux» — parents, milieu scolaire, etc. — dont le rôle n’est plus à démontrer.


    • Bonjour,

      Vu la si petite différence que l’aspect génétique apporté au QI, il vaut mieux se concentrer sur l’offre d’un contexte favorable que l’on peut offrir à l’enfant (bonne alimentation, bon sommeil, bon environnement parental) afin de lui offrir la meilleure des chances.

      Ils parlent (dans l’article) de la taille de l’hyppocampe qui se réduit d’année en année. Soit. Mais un point de différence en moyenne ne change rien, même pour les gens bien prédisposés. Ces points se perdent à une vitesse relative et particulière à chaque individu. Il faudra aux chercheurs un plus grand échantillon pour affiner leurs conclusions.

      J’espère toutefois que le QI seul n’est pas leur seul indice de référence pour mesurer le potentiel humain. Et qu’ils sauront établir leurs recherches sur des critères plus larges.

    • Le gène est lié a la grosseur du cerveau un des 4 éléments lié a l’intelligence ,avec la vitesse des échanges neuroniques etc Difficile de croire que tout ne tiens qu’a un seul gène

      Et le 1.29 bien peu …. c’est à peu près le poid des «compétences transversales »…! surement un gène récessif!

    • Est-ce que ça veut dire que les gens plus “gènés” sont plus intelligents ? -un ex-timide.

    • L’Hippocampe qui s’amenuise… Est-ce qu’il y a moyen de renverser la tendance afin d’améliorer la mémoire ainsi que la vivacité d’esprit chez les aînés ?

      @kapout,

      Il me semblait que l’environnement jouait un très grand rôle sur les QIs. Je voudrais voir ce qu’il adviendrait si on plongeait quelques élèves aux QI moyens, mais motivés, dans une classe de surdoués. Est-ce que leurs QIs s’élèveraient au même niveau que ceux des autres.

      Tout cela me fait prendre conscience de la fragilité de l’esprit humain.

    • @walt68

      Ceci a déjà été démontré et s’appelle “l’effet pygmalion”. Des élèves intelligents s’étaient faits dire qu’ils étaiebnt cancres et des élèves cancres s’étaient faits dire qu’ils étaient intelligents. Les résultats scolaires des cancres s’est mis à augmenter alors que les résultats des élèves intelligents s’est mis à descendre.

    • Note a M Cliche: veillez oublier mon poste précédent. Il contenait tellement de fautes que s’en est gênant.

      Depuis une décennie que des millions de dollars on été engloutis dans ces GWAS dont on a cru qu’ils représentaient la pierre de rosette permettant de trouver toutes LES réponses. Et quand je dis des millions, je veux dire DES millions. Malheureusement, tout ce que ça a réellement apporté se sont des indices sur quelques gènes qui peuvent avoir une fonction dans certains processus sans toutefois apporter quelque réponse que ce soit.

      En fait, ces études sont beaucoup trop puissantes pour leur propre bien. Je m’explique: Prenons ce cas-ci: 20000 sujets analysés sur la base d’un QTL (ici le QI) et l’effet le plus important observé n’est qu’une augmentation d’un point de QI pour cent. C’est ridiculement petit et biologiquement, le SNP trouvé n’a AUCUNE valeur. Malheureusement, les généticiens (qui sont souvent des statisticiens) oublient une loi primordiale de la recherche scientifique dans le domaine de la vie: Une différence peut être statistiquement significative (avec un N de 20000 vous avez une sacrée puissance statistique) mais être biologiquement non-pertinente.

      Le pire c’est qu’il s’en trouvera surement un zozo qui ruinera la carrière d’un de ses étudiants en lui demandant d’étudier le SNP en question dans la souris ou dans ces cellules neuronale et devinez quoi: ils ne trouveront rien! Quedal! Nada!

      Le plus amusant pour ceux qui connaissent le moindrement la chose, est que le gène en question ici (HMGA2) encode une protéine qui modifie la structure de l’ADN de façon pas très spécifique et qui a donc un rôle particulièrement large au niveau de la biologie d’une cellule. Si vraiment vous recherchez le secret de l’intelligence, vous ne le trouverez pas dans ce gène là (et surtout pas dans ce SNP là!)

    • @walt68

      Les récentes études en réhabilitation/remédiation cognitive chez des patients atteints de troubles cognitifs légers (prodrome de la maladie d’Alzheimer) ont montré des résultats intéressants par rapport à l’impact d’un entrainement cognitif sur le rendement à des tests de mémoire (voir un résumé d’un de ces articles : http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-de-la-sante/20110323-les-personnes-a-risques-d-alzheimer-peuvent-desormais-esperer-retarder-l-apparition-des-premiers-symptomes.html.). Toutefois, les résultats ne perdureraient pas très longtemps dans le temps (environ 6 mois).

    • @ouate_de_phoque,

      Et, sur le plan comportemental, c’est connu que les enfants se comportent comme les adultes s’attendent d’eux.

    • @ppierluc,

      Merci pour l’adresse, j’espère d’avoir fini de taper l’adresse avant demain matin…

      ****

      Quant à l’entraînement cognitif… laissez-moi douter…

    • S’il y a un gène du Q.I, il y a donc des races supérieurs là où l’on retrouve ce gène chez le plus de monde possible. Mais toutes les cultures sont égales cependant.

      Mmmmbon… À +1,29 pt de QI, on a les races supérieures qu’on peut (quand on y tient), n’est-ce pas ?
      JFC

    • Pour ma part, vous me pardonnerez, mais je trouve un peu idiot de chercher un (voir le) gène qui détermine l’intelligence.

      Quand on sait, comme certains l’on soulignés, que l’intelligence résulte non seulement d’un bagage génétique complexe, mais aussi de conditions de vie adéquates pour le développement, d’opportunités pour la développer et la mettre en valeur, on peut s’interroger sur le fondement d’une telle recherche.

      Malgré tous les progrès qu’on a fait en méthode scientifique multi fonctionnelle (on est loin du paradigme cartésien qui recherchait “LA” variable qui expliquait tout), je suis estomaqué qu’on puisse encore procéder à des recherches aussi réductrices.

      De plus, finalement, la définition même de l’intelligence est tellement vague qu’on se demande qu’est-ce qu’on mesure précisément.

    • Que le niveau de l’intelligence humaine (ou animale) aie une composante (ou des centaines) génétique est aussi évident que le nez dans une face.
      Si ce n’était pas le cas, on rencontrerait des cloportes philosophes et des morues physiciennes.
      Maintenant, on aura beau avoir les meilleurs semences, si on n’a ni le bon sol, ni le bon climat, on n’obtiendra pas grand-chose de valable.

      Il en va de même pour l’humain. Vous aurez beau avoir les bons gênes, si vous êtes entouré de crétins, d’illettrés ou et de bandits, il y a peu de chance que vous ne gagnez un jour un Nobel ou un Pulitzer. L’inverse est aussi vrai.

      La seule solution pour obtenir une société disons plus «intelligente» est de faire en sorte que tous aie accès à une bonne éducation (gratuité ou presque) et des milieux sociaux assainis permettant l’épanouissement d’un maximum de citoyens.

    • @walt68

      Les études sur l’entrainement cognitif sont de plus en plus nombreuses à démontrer l’efficacité d’un tel programme et ce, dans plusieurs maladies (par exemple : sclérose en plaque, schizophrénie, etc.)! Toutefois, il est important de savoir qu’un entrainement cognitif ne consiste pas à répéter un mot 100 fois mais plutôt, entre autre, d’enseigner aux gens des stratégies afin de mieux apprendre.

    • @ppierluc,

      Mais… c’est tellement complexe et indicible l’esprit humain. Les stratégies, c’est beau, mais cela ne redonnera jamais un cerveau tout neuf. Ainsi va la vie…

      @drstrange,

      L’épanouissement ne passe pas seulement ou obligatoirement par de longues de trop longues études.

    • @walt68

      Bien entendu, cela ne redonnera pas un cerveau tout neuf bien que j’aille vu que l’entrainement cognitif pouvait amener des modifications structurales et fonctionnelles au niveau du cerveau (réorganisation et plasticité cérébrales).

      Mais au final, ce qui compte, c’est qu’une personne et son entourage pourront avoir une qualité de vie supérieure durant 6 mois de plus.

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