Sciences dessus dessous

Archive du 8 mars 2012

L'illustre physicien Stephen Hawking. (Photo : AFP, London Science Museum)

L'illustre physicien Stephen Hawking. (Photo : AFP, London Science Museum)

Le journaliste type, c’est bien connu, doit parfois gratter ses fonds de tiroir pour trouver une histoire racontable à mettre dans le journal. C’est la vie. Même que, s’il est bien mal pris, ce pauvre journaliste moyen, pour peu qu’il ne soit pas trop regardant sur les notions d’éthique, de dignité professionnelle et d’intérêt public, peut à l’occasion décider de descendre jusqu’au proverbial fond du baril afin d’y gratter un peu de lie séchée, qu’il nous présente ensuite comme de l’«information», plus ou moins fièrement selon  le cas. Ça arrive. C’est le côté obscur d’un métier qui connaît par ailleurs, comme d’autres professions, d’authentiques heures de gloire.

Mais le Hufftington Post a récemment fait la preuve qu’il est aussi possible de se rendre carrément en-dessous du fond du baril, en publiant cette histoire absolument pitoyable sur «Stephen Hawking (qui) fréquenterait un club échangiste de Californie».

Ouaip. Z’avez bien lu. Il y a quelqu’un, quelque part au Huff Post, qui : 1) n’a rien trouvé de plus intéressant à dire sur l’un des plus brillants esprits de notre époque ; 2) n’a pas déduit de 1) qu’il n’y avait donc sans doute «pas d’histoire» là ; 3) n’a pas non plus songé au fait que nombre de célébrités fréquentent des bars de danseuses ou d’autres lieux du genre et que (sauf peut-être quand il s’agit de politiciens publiquement vertueux) cela n’intéresse personne.

Non, la seule chose qui a pu rendre cette non-histoire — d’ailleurs démentie — «intéressante» aux yeux d’un journaliste et de ses supérieurs, qui devraient peut-être se recycler, c’est que M. Hawking est, comme on le sait, lourdement handicapé. Même de ce point de vue, remarquez, c’est une non-histoire puisque le célèbre physicien a trois enfants. Mais bon, il faut croire qu’une fois rendu en-dessous du baril, on prend ce qui passe, quitte à se livrer au salissage le plus petit et le plus honteux à l’endroit d’un personnage qui, franchement, mérite tout autre chose.

L’ai-je déjà dit ? Pi-to-y-a-ble.

P.S. Je sais qu’en écrivant ce billet, je donne de la visibilité à cette sottise. Mais je crois aussi que les vidanges de cet ordre ne doit pas être publiés sans être dénoncés, ce que je vous invite à faire ici.

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