Les Russes sont-ils vraiment parvenu, comme certaines agence l’annonçaient hier, à forer jusqu’au lac Vostok, ce lac de l’Antarctique enfoui sous 4 kilomètres de glace ? Il est certain qu’ils en sont proches — le contraire serait d’ailleurs désespérant, puisqu’ils creusent depuis 1989 ! —, mais il est encore trop tôt pour le confirmer, nuancent ce matin diverses sources, dont Nature, Science et Sciences et avenir.
Bien qu’il soit recouvert de glace depuis des millions d’années, peut-être même 35 millions, le lac Vostok recèle encore de l’eau liquide, que l’énorme pression empêcher de figer. L’intérêt scientifique de forer jusque là est d’analyser la composition de son eau et et de ses sédiments pour possiblement en tirer des information sur la composition de l’atmosphère à l’époque où le lac s’est recouvert de glace ; il est également envisageable d’y découvrir des colonies de bactéries inconnues.
D’un point de vue technique, il s’agit d’une opération beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît, car la glace a tendance à se refermer derrière la «mèche». L’intérêt scientifique est également contesté, car en l’atteignant, on risque de contaminer le lac avec des bactéries de la surface.
AJOUT : À la fin des fins, comme disent les Russes, on est maintenant certain que le lac a été atteint. L’eau sous pression a remonté plusieurs dizaines de mètres dans le forage avant de geler et, ainsi, de former un bouchon qui doit empêcher la contamination du lac, lit-on dans ce papier du New York Times.










omni-tag
7 février 2012
10h57
Je n’y connaît pas grand choses (à ces types d’explorations et de forages) mais il serait dommage que les Russes, en agissant en cowboys, contaminent le milieu aquatique de ce lac.
echte
7 février 2012
12h25
Bien qu’il soit possible de contaminer le lac avec des bactéries de surface, ces mêmes bactéries auraient tôt fait de mourir. En surface, les bactéries sont habituées à un milieu aérobique, riche en oxygène – et surtout à une pression normale (1 atm). En profondeur, je doute fortement de la présence en abondance d’oxygène, favorisant donc les bactéries anaérobiques, qui ne se retrouvent pas en surface et donc qui ne pourraient pas s’y infiltrer par contamination. Et si faune particulière il y a, elle sera sans doute adaptée à la pression.
Sinon, l’intérêt d’un tel forage est la cueillette d’information sur l’époque. Les sédiments glacio-lacustres sont également de très bons indicateurs géochronologiques et l’analyse palynologique (pollens, microfossiles) donnerait de très bon indices quant à la flore de l’époque. Le plus intéressant demeure pour moi de trouver de nouvelles formes de vie et la composition géochimique de l’eau et l’avancement des connaissances sur les processus de glaciation-déglaciation autres que les cycles de Milankovich…
jim777
7 février 2012
14h03
@ echte
Bonjour.
C’est pas pour vous contredire mais dans cet article:
http://en.wikipedia.org/wiki/Lake_Vostok
On nous dit que le lac Vostok est sursaturé en oxygène et en azote.
Et aussi que la principale inquiétude concernant les méthodes de forage Russes impliquent l’utilisation de freon et de kerosene injectés dans le puits.
Risquant ainsi de contaminer chimiquement le lac.
Par ailleurs je partage votre enthousiasme sur l’exploration de ce site unique.
Comme je l’ai mentionné précédemment:
D’après ce que j’ai lu ce lac n’a pas été à l’air libre depuis des dizaines de millions d’années (15 à 25 pour être plus précis).
Des formes de vies datant donc d’avant le Miocène, donc avant les grandes glaciations, sont peut-être encapsulées là dans la noirceur la plus totale, dans un milieu suroxygéné, à une pression énorme et réchauffés par des processus géothermiques.
Il est prévu d’y envoyer un petit sous-marin téléguidé.
Aussi: Si la vie subsiste dans des endrois comme ceux-là, on peu supposer qu’elle aurait pu apparaître dans des endrois similaires, comme les océans sous-jacents de certaines lunes de Saturne et de Jupiter.
Fascinant !
pensezy
7 février 2012
14h23
Vous n’avez rien compris. C’est une partie de pêche blanche. Attendez de voir la brimballe.
Plus sérieusement: Projet très intéressant mais, comme dit omni-tag, faudrait pas contaminer le lac.
mononke
7 février 2012
14h34
depuis 89 …ouais…
ça se pourrait tu qu’il soient passé à coté … En tout cas Si jamais il atteignent un lac «par le fond» et que y a de la Ouananiche … on veut le savoir!….
jim777
7 février 2012
14h46
@ pensezy
C’est vrai qu’ils manquent cruellement de petits poissons des chenaux sous les glaces de la Volga.
mononke
7 février 2012
19h15
4 km et ils creusent depuis 89 .. ça serait leur rendre un service de leur dire d’arrêter de creuser …
comment on dit ça en Russe déjà : «cé pas si bas»….spaciba ou Spasiba.. quelque chose comme….
Il y a eu une interruption au début des années 90, et comme l’article de Nature l’explique, la glace n’a pas un comportement facile. Ne za chto…
JFC
monsieur_bleu
7 février 2012
20h31
Incroyable qu’en 2012 il y a encore cet endroit fascinant à découvrir !
J’ai déjà hâte à l’an prochain quand ils enverront un robot-caméra-sous-marin !
echte
9 février 2012
10h53
@jim777
Si les russes ont bel et bien foré jusqu’au lac et prélevé des échantillons d’eau, nous aurons réponse à cette question bien assez rapidement. Il est spécifié dans l’article vous avez mentionné qu’il est attendu que l’environnement soit oligotrophic extrême, sursaturé en oxygène et en azote. À mes yeux, tout est possible, la glace pouvant avoir des échanges gazeux avec le lac, c’est donc une inconnue. Mon hypothèse quant à l’absence d’oxygène provient du fait que si des organismes vivant s’y retrouvent, ils auront utilisés cet oxygène. S’il y a un surplus d’oxygène, je ne sais pas à quoi m’attendre de la faune qu’on pourrait y retrouver.