Sciences dessus dessous

Archive du 7 février 2012

Mardi 7 février 2012 | Mise en ligne à 14h14 | Commenter Commentaires (20)

Le nucléaire pour… pousser les fusées de la NASA ?

À vue de nez, c’est rien du tout. Ou si peu : sur les 1,3 milliard $ que la NASA investira cette année dans le développement de nouvelles technologies spatiales, il y aura 3 millions $ pour travailler sur un propulseur de fusée qui carburerait au nucléaire. Presque rien, quoi. Mais il n’y a pas si longtemps, c’était le zéro absolu. Et comme le souligne cet excellent papier de Nature, cela pourrait révolutionner le vol spatial.

L’idée est de tirer profit de la «densité énergétique» du nucléaire — 1 kilogramme d’uranium-235, par exemple, contient environ 1 million de fois plus d’énergie qu’un kilogramme d’essence. Essentiellement, la chaleur générée par la fission nucléaire, ou même simplement par la décomposition naturelle de certains isotopes, est utilisée pour chauffer de l’hydrogène, par définition ultra-léger. Cela implique de sacrifier de la puissance à court terme (et d’amener le propulseur en orbite avec une fusée classique, si j’ai bien compris), mais cela permet de propulser des vaisseaux ou des sondes pendant des périodes beaucoup plus longues. Ce mode de propulsion pourrait aussi s’avérer plus rapide sur de «grandes distances» (à l’échelle spatiale, évidemment).

La NASA avait commencé à travailler sérieusement sur le concept au début des années 2000, mais avait tout remisé en 2005, quand ses ressources ont été détournées par un certain projet de reconquête lunaire…

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Mardi 7 février 2012 | Mise en ligne à 10h03 | Commenter Commentaires (9)

Lac Vostok : faire durer le suspense

Les Russes sont-ils vraiment parvenu, comme certaines agence l’annonçaient hier, à forer jusqu’au lac Vostok, ce lac de l’Antarctique enfoui sous 4 kilomètres de glace ? Il est certain qu’ils en sont proches — le contraire serait d’ailleurs désespérant, puisqu’ils creusent depuis 1989 ! —, mais il est encore trop tôt pour le confirmer, nuancent ce matin diverses sources, dont Nature, Science et Sciences et avenir.

Bien qu’il soit recouvert de glace depuis des millions d’années, peut-être même 35 millions, le lac Vostok recèle encore de l’eau liquide, que l’énorme pression empêcher de figer. L’intérêt scientifique de forer jusque là est d’analyser la composition de son eau et et de ses sédiments pour possiblement en tirer des information sur la composition de l’atmosphère à l’époque où le lac s’est recouvert de glace ; il est également envisageable d’y découvrir des colonies de bactéries inconnues.

D’un point de vue technique, il s’agit d’une opération beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît, car la glace a tendance à se refermer derrière la «mèche». L’intérêt scientifique est également contesté, car en l’atteignant, on risque de contaminer le lac avec des bactéries de la surface.

AJOUT : À la fin des fins, comme disent les Russes, on est maintenant certain que le lac a été atteint. L’eau sous pression a remonté plusieurs dizaines de mètres dans le forage avant de geler et, ainsi, de former un bouchon qui doit empêcher la contamination du lac, lit-on dans ce papier du New York Times.

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