À vue de nez, c’est rien du tout. Ou si peu : sur les 1,3 milliard $ que la NASA investira cette année dans le développement de nouvelles technologies spatiales, il y aura 3 millions $ pour travailler sur un propulseur de fusée qui carburerait au nucléaire. Presque rien, quoi. Mais il n’y a pas si longtemps, c’était le zéro absolu. Et comme le souligne cet excellent papier de Nature, cela pourrait révolutionner le vol spatial.
L’idée est de tirer profit de la «densité énergétique» du nucléaire — 1 kilogramme d’uranium-235, par exemple, contient environ 1 million de fois plus d’énergie qu’un kilogramme d’essence. Essentiellement, la chaleur générée par la fission nucléaire, ou même simplement par la décomposition naturelle de certains isotopes, est utilisée pour chauffer de l’hydrogène, par définition ultra-léger. Cela implique de sacrifier de la puissance à court terme (et d’amener le propulseur en orbite avec une fusée classique, si j’ai bien compris), mais cela permet de propulser des vaisseaux ou des sondes pendant des périodes beaucoup plus longues. Ce mode de propulsion pourrait aussi s’avérer plus rapide sur de «grandes distances» (à l’échelle spatiale, évidemment).
La NASA avait commencé à travailler sérieusement sur le concept au début des années 2000, mais avait tout remisé en 2005, quand ses ressources ont été détournées par un certain projet de reconquête lunaire…
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