Un mouvement de boycott lancé le 23 janvier contre l’éditeur scientifique Elsevier, qui possède des titres aussi prestigieux que The Lancet (médecine) et Cell (biologie), est en train de prendre une ampleur étonnante. En à peine 10 jours, plus de 3000 chercheurs du monde entier se sont engagés sur le site The Cost of Knowledge à ne plus écrire ni faire de révision pour les quelque 2500 revues savantes que publie Elsevier, une entreprise centenaire basée aux Pays-Bas.
Le mouvement, auquel Science fait écho ici, a été lancé par le mathématicien anglais Timothy Gowers — gagnant de la médaille Field en 1998, l’équivalent du prix Nobel en mathématiques. Il semble que Elsevier traîne depuis longtemps une réputation peu enviable dans les milieux académiques, demandant un prix jugé exorbitant pour ses publications et vendant celles-ci en «paquets» de manière à gonfler la facture finale, qui peut atteindre 20 000 $ par année. La compagnie a déclaré une marge de profit de 36 % en 2010, lit-on sur le site de Science.
En outre, Elsevier appuie le Research Works Act, projet de loi américain qui mettrait fin à une pratique des National Institutes of Health, qui donnent un accès gratuit aux recherches qu’ils financent parce que les sommes qu’ils distribuent sont de l’argent public — avouons que le raisonnement se défend, pour dire le moins. Ce projet de loi fait réagir depuis un certain temps déjà. C’est d’ailleurs ce point qui a convaincu M. Gowers de cibler Elsevier, car d’autres maisons d’édition scientifiques ont des mises en marché semblables.
Plusieurs autres récipiendaires de la médaille Field — et quelques chercheurs du Québec — se sont déjà joints au mouvement.
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