Sciences dessus dessous

Archive du 26 janvier 2012

Jeudi 26 janvier 2012 | Mise en ligne à 10h29 | Commenter Commentaires (6)

Le fantôme de la tordeuse

On voit très bien, sur cette photo, pourquoi la forêt à lichen n'intéresse pas l'industrie forestière... (Crédit : François Girard)

On voit très bien, sur cette photo, pourquoi la forêt à lichen n'intéresse pas l'industrie forestière... (Crédit : François Girard)

Une nouvelle menace vient de s’ajouter à la liste des dangers qui pèsent sur la forêt «commerciale» québécoise, mais contrairement aux insectes et à la surexploitation, celle-là ne tombe pas sous le sens a priori : c’est la forêt espacée, ou «à lichen», qui a grugé près de 10 % de la pessière dense (ou «fermée) depuis une cinquantaine d’années.

D’après des études récentes dirigées par le chercheur François Girard — quand il était doctorant au Centre d’études nordiques ; il termine présentement un contrat au Centre de foresterie des Laurentides, à Québec —, les «ennemis traditionnels» de la forêt fermée que sont les incendies, la surexploitation et la tordeuse se sont souvent suivis de manière trop serrée au XXe siècle. Quand, par exemple, un épisode de tordeuse empêche les épinettes de produire des graines pendant un douzaine d’années, il reste alors bien peu de graines «viables» au sol. Et si un feu ou une coupe survient à ce moment, le peuplement autrefois dense ne se régénèrera pas comme avant, mais repoussera en forêt à lichen, dont les arbres sont trop espacés pour qu’il soit rentable de l’exploiter.

Les feux de forêt sont aussi devenus plus fréquents au siècle dernier, possiblement à cause du réchauffement climatique. Celui-ci provoquerait aussi des incendies plus hâtifs, qui brûleraient la forêt à un moment où la terre est encore gelée, ce qui empêcherait les graines de germer — et la forêt dense se convertirait encore en forêt à lichen. Tout indique qu’il s’agit-là d’un phénomène naturel (la forêt fermée a toujours été parsemée de «poches» de forêt ouverte), et la tendance en faveur de la forêt à lichen ne devrait pas, en principe, se maintenir très longtemps. Mais il faudra peut-être des siècles avant que la pessière dense ne reprenne le terrain qu’elle a perdu.

Plus de détails dans mon papier paru ce matin dans Le Soleil.

Lire les commentaires (6)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

  • Calendrier

    août 2009
    D L Ma Me J V S
    « juil   sept »
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031  
  • Archives

  • publicité