C’est une des émotions les plus fortes de toutes, qui conditionne ce que vous mangez et même (en partie) pour qui vous votez, mais elle était étrangement restée dans l’angle mort de la science jusqu’à récemment : le dégoût, auquel le New York Times consacre un captivant dossier cette semaine.
Il est acquis que, d’un point de vue évolutif, cette émotion sert d’abord à nous empêcher de manger des aliments avariés ou d’autre chose qui pourrait nous rendre malade. Ce n’est sans doute pas un hasard, d’ailleurs, si des études ont démontré que les femmes enceintes ressentent plus intensément le dégoût que les autres, surtout pendant leur premier trimestre, écrit le Times : au début de la grossesse, des hormones réduisent leur réponse inflammatoire pour éviter que leur système immunitaire n’empêche l’embryon de se fixer à l’utérus. Une partie de leurs défenses s’élève donc pendant qu’une autre s’abaisse…
Mais le dégoût ne se réduit pas qu’à l’aspect gustatif : on le ressent aussi de plusieurs autres manières — odorat, vue, toucher, pratiques sexuelles, jugement moral, etc. — qui peuvent influer sur diverses préférences, les choix de partenaire sexuel, et même les inclinaisons politiques. Des études ont en effet trouvé que les gens qui votent plus à droite sont plus sensibles au dégoût, surtout pour les comportements sexuels, que ceux qui se disent plus à gauche.
Bref, une belle petite lecture…
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