Sciences dessus dessous

Archive, janvier 2012

Une DEL a permis de suivre le tracé de la nouvelle balle auto-guidée. (Photo : Sandia National Laboratories)

Une DEL a permis de suivre le tracé de la nouvelle balle auto-guidée. (Photo : Sandia National Laboratories)

Tanné de revenir bredouille de vos expéditions de chasse parce que vous tirez comme un pied ? Plus capable de voir les copains se jeter par terre quand vous prenez votre carabine ? Votre calvaire achève peut-être…

Le laboratoire Sandia — qui appartient au gouvernement américain mais qui est géré par Lockheed Martin — a annoncé hier avoir mis au point une «balle chercheuse», capable de modifier sa course afin de suivre un guide laser et frapper des cibles distantes de 2 kilomètres. Contrairement aux balles conventionnelles, ce projectile ne tourne pas sur lui-même, ce qui interdirait tout ajustement de direction. Afin de quand même «rester droit», comme on dit, le centre de gravité de la balle d’une quinzaine de centimètres de long a été placé à l’avant, et de petits ailerons situés à l’arrière permettent de corriger sa course — ajustement dont le signal est donné par un senseur optique sur le nez de la balle.

Il reste encore quelques «défis techniques» à régler, mais le concept de base fonctionne bien, selon Sandia. Ce que l’image ci-haut, qui montre la trajectoire d’une balle guidée traçante, semble corroborer.

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Lundi 30 janvier 2012 | Mise en ligne à 14h36 | Commenter Commentaires (8)

L’étoile polaire est-elle en train de s’effilocher ?

La plus célèbre de toutes les étoiles, Polaris, ou simplement «l’étoile polaire», qui donne le nord depuis des siècles, pourrait être en train de s’effilocher petit à petit, perdant en gaz l’équivalent de la masse de la Terre à chaque année, d’après une étude parue dans Astrophysical Journal Letters.

Menés par l’astrophysicien Hilding Neilson, de l’Université de Bonn, les travaux portent sur environ 160 ans de données, plus précisément sur sa brillance. Celle-ci suit un cycle de 4 jours au cours desquels les gaz de la surface, sous l’effet de la gravité, s’enfoncent vers le centre de Polaris et laissent derrière eux une couche plus opaque qui réduit la quantité de lumière émise. Cette couche finit cependant par être chauffée par l’étoile, qui du coup prend de l’expansion et devient alors moins opaque.

Mais les données examinées par M. Neilson et son équipe montrent que ce «pouls» n’est pas constant : comme l’écrit ce compte-rendu de Science, il s’est au contraire étiré de 4,5 seconde par année en moyenne depuis le milieu du XIXe siècle. Ce qui suggère que la structure de l’étoile est en train de changer.

Or, écrivent les chercheurs, si Polaris est comme on le croit une vieille étoile qui «brûle» de l’hélium, alors ce ralentissement ne peut pas s’accorder avec nos modèles du vieillissement des astres, et la seule façon de raccommoder les observations avec lesdits modèles serait que Polaris perde des gaz.

Notons qu’un autre chercheur, David Turner, de l’Université St Mary’s, a affirmé à Science qu’il demeure possible que l’étoile polaire ne soit pas aussi vieille qu’on le pense, et qu’au lieu d’osciller avec des couches internes qui vont vers l’extérieur et vice-versa, toutes ses couches pourraient «gonfler» et rétrécir à l’unisson. La perte de masse ne serait alors pas nécessaire pour expliquer les observations.

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Jeudi 26 janvier 2012 | Mise en ligne à 10h29 | Commenter Commentaires (6)

Le fantôme de la tordeuse

On voit très bien, sur cette photo, pourquoi la forêt à lichen n'intéresse pas l'industrie forestière... (Crédit : François Girard)

On voit très bien, sur cette photo, pourquoi la forêt à lichen n'intéresse pas l'industrie forestière... (Crédit : François Girard)

Une nouvelle menace vient de s’ajouter à la liste des dangers qui pèsent sur la forêt «commerciale» québécoise, mais contrairement aux insectes et à la surexploitation, celle-là ne tombe pas sous le sens a priori : c’est la forêt espacée, ou «à lichen», qui a grugé près de 10 % de la pessière dense (ou «fermée) depuis une cinquantaine d’années.

D’après des études récentes dirigées par le chercheur François Girard — quand il était doctorant au Centre d’études nordiques ; il termine présentement un contrat au Centre de foresterie des Laurentides, à Québec —, les «ennemis traditionnels» de la forêt fermée que sont les incendies, la surexploitation et la tordeuse se sont souvent suivis de manière trop serrée au XXe siècle. Quand, par exemple, un épisode de tordeuse empêche les épinettes de produire des graines pendant un douzaine d’années, il reste alors bien peu de graines «viables» au sol. Et si un feu ou une coupe survient à ce moment, le peuplement autrefois dense ne se régénèrera pas comme avant, mais repoussera en forêt à lichen, dont les arbres sont trop espacés pour qu’il soit rentable de l’exploiter.

Les feux de forêt sont aussi devenus plus fréquents au siècle dernier, possiblement à cause du réchauffement climatique. Celui-ci provoquerait aussi des incendies plus hâtifs, qui brûleraient la forêt à un moment où la terre est encore gelée, ce qui empêcherait les graines de germer — et la forêt dense se convertirait encore en forêt à lichen. Tout indique qu’il s’agit-là d’un phénomène naturel (la forêt fermée a toujours été parsemée de «poches» de forêt ouverte), et la tendance en faveur de la forêt à lichen ne devrait pas, en principe, se maintenir très longtemps. Mais il faudra peut-être des siècles avant que la pessière dense ne reprenne le terrain qu’elle a perdu.

Plus de détails dans mon papier paru ce matin dans Le Soleil.

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