Sciences dessus dessous

Archive, décembre 2011

Je ne croyais pas réécrire ici avant mon retour de vacances, mais celle-là n’est pas piquée des vers…

L’Université de Montréal croyait bien avoir (avec l’Université de Toulouse) mis la main sur les toutes premières exoplanètes de taille à peu près identique à celle de la Terre. Après tout, le record précédent de la plus petite exoplanète faisait environ 1,4 fois le rayon terrestre, alors que KOI 55.01 et KOI 55.02, dont l’UdeM vient d’annoncer la découverte (publiée dans Nature), font 0,87 et 0,76 le rayon de la Planète bleue. L’institution québécoise avait pris soin d’envoyer aux médias le communiqué de presse hier, assorti d’un embargo prenant fin à 13h aujourd’hui.

«Ces deux planètes sont les plus petites (jamais découvertes)», disait le professeur Gilles Fontaine dans ce communiqué.

Et ce n’est pas faux mais, drôle de hasard, la NASA a annoncé hier, elle aussi dans Nature, qu’elle venait de découvrir les deux premières planètes de taille presque identique à celle de la Terre : 0,87 et 1,03 fois le rayon terrestre. Ce ne sont pas les mêmes précisons-le : celle de M. Fontaine sont à 3900 années-lumière d’ici, alors que celles de la NASA sont quatre fois plus proches. Mais le timing est, pour dire le moins, assez frappant. On ne saura sans doute jamais s’il y a là autre chose qu’un «drôle de hasard», mais on ne m’enlèvera pas de la tête que c’est, disons, «possible». Après tout, il y a un grand prestige qui vient avec cette annonce, du moins pour les premiers qui la font. Enfin…

Insistons tout de même sur l’intérêt des travaux de M. Fontaine et de son équipe : ses «planètes» sont si proches de leur étoile, vestige d’une géante rouge, que les chercheurs font l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’anciennes géantes gazeuses, comme Jupiter, dont les gaz auraient été «soufflés» par leur étoile, ne laissant derrière que leurs noyaux métalliques ou rocheux.. Il est même possible que ces deux planètes aient influé sur le devenir de leur étoile — ce que l’on a toujours cru impossible.

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Mardi 20 décembre 2011 | Mise en ligne à 12h01 | Commenter Commentaires (39)

Kim Jong-il, un sado-parano-narcissico-schizoïde ?

C’est le genre de question que tout le monde s’est déjà posé à propos d’Adolf Hitler, de Joseph Staline et de quelques autres salauds surdimensionnés dont l’humanité a jalonné son Histoire  : comment une personne peut-elle être à ce point insensible (dans le meilleur des cas), sinon assez sadique pour infliger, comme ces dictateurs, autant de privations et de souffrances à autant de gens ? Avec le décès cette semaine de Kim Jong-il — un autre membre honoraire de ce triste boys club — la question se pose à nouveau. Comment ?

Il existe, bien sûr, une réponse évidente : c’est des fous. Point à la ligne. C’est tellement plein de bon sens qu’il n’est nul besoin d’un psychologue pour s’en convaincre. Il faut vraiment, comme dit en vulgus, être sauté su’l'crin pour… comment dire… industrialiser l’atrocité de cette manière.

Mais voilà, l’hypothèse de la folie soulève une autre question, pas mal moins facile, celle-là : comment un malade mental peut-il s’élever ainsi dans une hiérarchie, puisque les problèmes mentaux, par définition, rendent l’individu moins «fonctionnel» que ses concurrents — car il y a toujours, du moins dans un premier temps, des rivaux convoitant la même place que le dictateur ? Comment une hiérarchie peuplée de gens raisonnables peut ne pas rejeter ce genre d’individu ?

Le blogueur en psychologie du Scientific American, Jason G. Goldman, aborde ici la question dans un texte fort intéressant et bien équilibré. La question, on s’en doute, a captivé plusieurs chercheurs en psychologie, dont récemment deux de l’Université du Colorado, Frederick Coolidge et David Segal. Tous deux ont publié des «portraits» de Hitler et de Saddam Hussein en 2007, puis de Jong-il en 2009. En aucun cas, évidemment, ils n’ont eu un accès direct à ces dictateurs, mais ils ont pu se baser sur  des rapports d’«informateurs» qui, eux, ont eu une connaissance intime de Hussein et de Kim Jong-il. Ces portraits peuvent être téléchargés ici.

Coolidge et Segal en tire un groupe de six troubles de la personnalité que l’on retrouve chez les dictateurs sanguinaires, ou du moins chez ces trois-là, qui semblent avoir eu de manière prononcée, des penchants sadique, antisocial, paranoïaque, narcissique, schizotypale (anxiété en situation de sociabilité et idées et comportements hors-norme) et schizoïde (absence de besoin de tisser des liens sociaux).

Dans ce dernier cas, qui peut avoir des liens avec la schizophrénie, les deux chercheurs font valoir que certains types de schizophrénie s’accompagnent d’idées de grandeur ou de persécution, et que ceux qui en sont atteints ne souffrent d’aucune incapacité cognitive, demeurant tout à fait fonctionnels et autonomes. Ils auraient plutôt tendance à se montrer condescendants avec leur entourage — ce qui n’est pas incompatible avec l’ascension sociale.

Il faut cependant se méfier d’exercices de ce genre, avertit le blogueur Goldman, car ils reposent sur des informations indirectes. En outre, celles-ci peuvent cacher des biais culturels significatifs, puisqu’elles sont données par des informateurs irakiens et nord-coréens, puis comparées à des moyennes américaines. Et puis, souligne-t-il, les gens qui montrent ces traits de personnalités ne finissent pas tous dans des positions d’autorité, et inversement, les dictateurs n’ont peut-être pas tous ces six caractéristiques.

Cela n’en demeure pas moins (morbidement) fascinant, et les rapports d’informateurs sont malheureusement à peu près la seule fenêtre que nous ayons sur la psyché des dictateurs…

*****

Veuillez noter que ce blogue fera relâche pendant le temps des Fêtes. Je continuerai de modérer les commentaires jusqu’à la fin de la semaine, mais ne le ferai que sporadiquement par la suite. Joyeuses Fêtes à tous !

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Jeudi 15 décembre 2011 | Mise en ligne à 10h04 | Commenter Commentaires (34)

La photo du jour : les anges existent !

Photo : NASA/ESA/Hubble Heritage Team

Photo : NASA/ESA/Hubble Heritage Team

Il faut sans doute y voir le signe que Noël approche : le téléscope Hubble a croqué récemment cette image saisissante où la nébuleuse Sharpless 2-106 (ou S106) prend la forme d’un ange. Les nébuleuses sont d’immenses nuages de gaz où se forment des étoiles. Ici, les deux «ailes» de notre ange, qui s’étendent sur environ 1,5 année-lumière, sont des jets de gaz extrêmement chauds (d’où leur couleur différente du reste) qui s’étendent de part et d’autre d’une étoile, au centre.

Venez me dire, après ça, que la magie du temps des Fêtes n’existe pas…

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