Sciences dessus dessous

Archive, octobre 2011

On peut lire sur le site du magazine Wired un «papier anniversaire» très intéressant et on ne peut plus pertinent, même si l’anniversaire en question n’est souligné nulle part ailleurs : le congrès de Solvay, où l’acte de naissance de la physique moderne a été signé, en quelque sorte, a 100 ans ces jours-ci.

Tenu du 30 octobre au 3 novembre 1911, il rassemblait 18 des plus grands esprits scientifiques de l’époque : Einstein, Lorentz, Planck, Curie, Poincarré… La concentration de prix Nobel au pied carré y a atteint des sommets rarement égalés — à part bien sûr dans les autres congrès de Solvay subséquents, au nombre de 23.

La réunion elle-même n’a apparemment pas donné de résultats concrets très probants. En fait, Albert Einstein lui-même s’est déjà plaint dans une lettre à un ami que «rien de positif n’en est ressorti». Mais à la manière d’un acte de naissance qui officialise la venue au monde d’un bébé, ce congrès marquait un point tournant : le bel édifice de la physique classique de Newton et de Maxwell, dont on disait au siècle précédent qu’elle suffisait à presque tout expliquer, était en train de s’écrouler. Les découvertes qui en contredisaient les fondements, ou qu’elle était absolument impuissante à expliquer, se multipliaient et la lézardaient impitoyablement.

À un point tel que les plus grands physiciens de l’époque sentirent le besoin de se réunir pour tenter de «résoudre le problème», écrit Wired. Un siècle plus tard, la question est très, très loin d’être liquidée. Mais ce nouveau-né nommé mécanique quantique avait désormais son baptistaire…

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Lundi 31 octobre 2011 | Mise en ligne à 10h58 | Commenter Commentaires (9)

Accoucher le jour de l’Halloween ? Jamais !

Drôle de trouvaille publiée ce mois-ci dans Social Science & Medicine : les femmes enceintes semblent éviter d’accoucher le jour de l’Halloween. C’est du moins ce qu’a trouvé une équipe dirigée par la chercheuse en santé publique de Yale Becca Levy en examinant la distribution des naissances une semaine avant et après le 31 octobre de 1996 à 2006.

Résultat : 17 % moins de naissances par césarienne, ce qui n’est pas si surprenant, mais tout de même 5 % moins de naissances naturelles, ou «spontanées», comme l’écrivent les auteurs. Fait intéressant, ces derniers ont aussi mesuré l’effet inverse pour une autre date, à connotation positive : la Saint-Valentin, où il y a 12 % plus de naissances par césarienne et 4 % plus de naissances spontanées.

«Nous savons que le moment de la naissance est déterminé par des hormones, et que les mères expriment souvent le désir d’accoucher à une certaine date. Mais par quel mécanisme ces pensées peuvent influencer le moment de l’accouchement, nous n’En savons rien», a indiqué Mme Levy lors d’une entrevue avec le New Scientist.

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Jeudi 27 octobre 2011 | Mise en ligne à 11h55 | Commenter Commentaires (68)

Naître ou ne pas naître… ou poursuivre après

Poursuivre son médecin parce que vous êtes… né ? C’est possible en Israël et dans quatre États américains, et cela inquiète de plus en plus les autorités israéliennes, lit-on dans cet article du New Scientist.

Avec les multiples tests prénataux qui sont apparus depuis une trentaine d’années, de plus en plus de cas de maladie ou de malformation non-détectées se retrouvent devant les tribunaux. Récemment, un couple californien a gagné 4,5 millions $ parce que les tests génétiques et les échographies n’avaient pas révélé qu’il manquait deux jambes et un bras à fiston. Au-delà du côté proprement ahurissant d’une telle erreur — les échographies parviennent à voir quelque chose de beaucoup plus petit qu’un bras pour savoir s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille… —, le simple fait de permettre ce genre de poursuite soulève des questions d’éthiques très graves. Quel message les parents envoient à leur enfant quand ils entreprennent ce genre de poursuite ? Est-il acceptable que le droit à la réparation des parents engendre des séquelles psychologiques (possibles) chez l’enfant ?

Et comme le souligne l’article, ce ne sont plus seulement les parents qui poursuivent, mais aussi les enfants qui actionnent les médecins pour «vie injustifiée» (wrongful life). Malheureusement, le texte n’aborde pas la grande question éthique qui est derrière tout cela, à mon sens : si un médecin peut être poursuivi parce que son erreur a «causé» la naissance d’un enfant dont la condition le fera beaucoup souffrir, est-ce que le même enfant peut poursuivre des parents qui auraient, en toute connaissance de cause, choisi de le faire naître parce qu’ils sont contre l’avortement ?

Je tente d’en savoir plus long sur ce que permettent les lois canadiennes là-dessus et vous reviens, si possible, ce PM…

AJOUT (vend. 10h30) : J’ai parlé hier à Jean-Pierre Ménard, avocat bien connu spécialisé dans le droit de la santé. Il dit que les poursuites pour «vie injustifiée» ne sont pas possibles en droit canadien, ou qu’à tout le moins la jurisprudence penche jusqu’à maintenant très clairement de ce côté. Mais des parents peuvent bel et bien actionner (et les cas ne sont pas très rares, apparemment) un médecin ou un hôpital qui n’auraient pas vu une déformation ou un handicap leur faisant par la suite encourir des frais — dans la mesure où l’on peut prouver qu’un médecin rigoureux appliquant les bons protocoles aurait dû voir le handicap.

Les enfants ne peuvent pas poursuivre eux-mêmes, à moins que leur handicap n’ait été causé par une erreur médicale.

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