On peut lire sur le site du magazine Wired un «papier anniversaire» très intéressant et on ne peut plus pertinent, même si l’anniversaire en question n’est souligné nulle part ailleurs : le congrès de Solvay, où l’acte de naissance de la physique moderne a été signé, en quelque sorte, a 100 ans ces jours-ci.
Tenu du 30 octobre au 3 novembre 1911, il rassemblait 18 des plus grands esprits scientifiques de l’époque : Einstein, Lorentz, Planck, Curie, Poincarré… La concentration de prix Nobel au pied carré y a atteint des sommets rarement égalés — à part bien sûr dans les autres congrès de Solvay subséquents, au nombre de 23.
La réunion elle-même n’a apparemment pas donné de résultats concrets très probants. En fait, Albert Einstein lui-même s’est déjà plaint dans une lettre à un ami que «rien de positif n’en est ressorti». Mais à la manière d’un acte de naissance qui officialise la venue au monde d’un bébé, ce congrès marquait un point tournant : le bel édifice de la physique classique de Newton et de Maxwell, dont on disait au siècle précédent qu’elle suffisait à presque tout expliquer, était en train de s’écrouler. Les découvertes qui en contredisaient les fondements, ou qu’elle était absolument impuissante à expliquer, se multipliaient et la lézardaient impitoyablement.
À un point tel que les plus grands physiciens de l’époque sentirent le besoin de se réunir pour tenter de «résoudre le problème», écrit Wired. Un siècle plus tard, la question est très, très loin d’être liquidée. Mais ce nouveau-né nommé mécanique quantique avait désormais son baptistaire…
Lire les commentaires (15) | Commenter cet article




