Sciences dessus dessous

Archive, août 2011

Mardi 30 août 2011 | Mise en ligne à 10h14 | Commenter Commentaires (46)

La Station spatiale bientôt vide ?

À peine quelques semaines après le remisage permanent des navettes spatiales, voilà que toute la flotte de fusées russes est clouée au sol après deux accidents survenus coup sur coup, les 17 et 24 août. Il s’agissait de missions de ravitaillement non-habitées, fort heureusement, mais les prochains départs vers la Station spatiale internationale sont tout de même repoussés jusqu’à ce que l’agence spatiale russe Roscosmos ait mis le doigt sur le bobo. Ce qui pourrait laisser la SSI sans occupant pendant quelque temps à partir de novembre.

C’est du moins ce qu’a affirmé le directeur du programme de la Station à la NASA, Michael Suffredini, au magazine Spaceflight Now.

Il y a actuellement 6 astronautes à bord de la SSI, dont 3 doivent revenir le 8 septembre, explique ici, en français, Sciences et Avenir. Les autres pourraient en principe être rester là-haut jusqu’au début de janvier, mais à leur retour les capsules russes Soyouz atterrissent dans les steppes kazakhes, que les agences spatiales préfèrent éviter en plein hiver. À cause d’autres contraintes techniques, leur fenêtre de retour se fermera à la mi-novembre.

Si d’autres astronautes n’arrivent pas à la SSI d’ici là,  celle-ci s’en trouvera donc vide — et il est bien possible que cela arrive puisque ni la NASA ni Roscosmos ne voudra risquer un vol habité avant d’être sûr de comprendre ce qui a causé les échecs des dernières semaines. Rappelons qu’avec la fin du programme des navettes, les États-Unis dépendent maintenant complètement de la Russie pour le transport vers la Station.

Si je ne m’abuse, celle-ci peut être entièrement manœuvrée à partir de la Terre — je tente de vérifier ça aujourd’hui et je vous reviens avec des nouvelles. Hormis les tâches à accomplir lors des missions retardées, les conséquences seraient donc à peu près uniquement symboliques, mais dans un domaine où le prestige des missions habitées compte quand même pour beaucoup, cela enverrait une image un peu triste…

Lire les commentaires (46)  |  Commenter cet article






Lundi 29 août 2011 | Mise en ligne à 14h52 | Commenter Commentaires (16)

Père âgé, enfants (plus souvent) psychiatrisés ?

Selon une croyance populaire largement répandue, la seule horloge biologique que les hommes entendent est celle de leurs conjointes, chez qui l’approche de la ménopause instillerait un désir d’enfants particulièrement intense. Mais à en croire ce fascinant dossier paru dans la revue Scientific American, ce petit bruit de tic-tac qui résonne dans la tête des Homo sapiens mâles entre deux âges ne provient peut-être pas de l’oreiller d’à côté, après tout.

Des preuves empiriques s’accumulent depuis un certain temps déjà pour montrer que la qualité du sperme diminue avec l’âge, rendant les enfants nés de père âgés de plus de 40 ou 50 ans (cela varie selon les études) plus susceptibles de développer diverses maladies. Et plusieurs études récentes trouvent un lien très net entre l’âge du père à la procréation et la fréquence des problèmes de santé mentale chez les enfants, en particulier l’autisme et la schizophrénie. C’est sur ce point que se concentre le Scientific American.

Ceci dit, hormis de possibles biais d’échantillonnage — le gens qui ont des penchants autistes, par exemple, voient en général leur état s’améliorer avec l’âge, ce qui pourrait les amener à sa marier et avoir des enfants plus tard que la moyenne —, toute la question est maintenant de savoir si ces liens statistiques sont dû à des facteurs environnementaux ou épigénétiques. Les pères plus âgés auraient-ils, par exemple, moins de temps à consacrer à leurs enfants en moyenne, à cause du stade où ils en sont dans leur carrière ? Ou est-ce plutôt un phénomène «épigénétique», où la somme des toxines auxquelles un humain est exposé au cours d’une vie finirait par modifier les gamètes masculines ?

Quoi qu’il en soit, ce texte-là est à lire absolument.

AJOUT, 31 août : Le très sérieux magazine The Scientist vient d’ajouter son grain de sel, rapportant ici les résultats d’une expérience chez les souris. De jeunes femelles (3 mois) y étaient accouplées avec des mâles du même âge ainsi que des mâles d’«âge mûr» (12 à 16 mois). L’ADN des rejetons a ensuite été analysé, ce qui a montré que les souriceaux dont le père était plus vieux avaient en moyenne 6 «CNV» (pour copy number variation) de plus que les autres — le CNV étant un nombre différent de copie d’un même gène.

Lire les commentaires (16)  |  Commenter cet article






Lundi 29 août 2011 | Mise en ligne à 10h55 | Commenter Commentaires (32)

Caprices d’ouragan

À lire en ce lendemain d’ouragan-changé-en-tempête-tropicale : deux papiers sur l’«art», difficile et imparfait, de la prédiction du comportement souvent capricieux d’un ouragan. L’un est paru dans Sciences et Avenir, l’autre dans le New York Times.

Essentiellement, comme je l’expliquais il y a deux semaines dans une chronique un peu plus prémonitoire que je ne l’aurais souhaité, les ouragans sont des sortes de «moteurs thermiques». Quand une dépression atmosphérique passe dans une (vaste) région de l’océan où :

  1. l’eau de surface est chaude (au moins 26,5°C), et ce sur une profondeur minimale d’une cinquantaine de mètre
  2. la température de l’air à une certaine altitude est telle que cela favorise la condensation,

alors une sorte de «mécanique infernale» peut se mettre en branle et, souvent mais pas nécessairement, dégénérer en ouragan. Afin de simplifier et de faire court (pour plus de détails, voir ma chronique et/ou l’un des liens qui suivent, en particulier ce très beau site), on peut dire qu’en s’évaporant, l’eau prend de l’énergie contenue dans l’océan et, en se condensant plus eau, la retransmet à l’air. Comme l’air chaud est moins dense et a tendance à s’élever, cela a pour effet, grosso modo, de créer une sorte de «colonne d’aspiration» vers laquelle converge l’air des alentours. En soufflant sur l’océan chaud, le vent qui en résulte se gorge d’encore plus de vapeur d’eau, ce qui provoque encore plus de condensation quand la vapeur atteint une certaine altitude, ce qui augmente encore plus la quantité d’énergie transférée de l’océan à l’atmosphère, et ainsi de suite…

Mais entre la compréhension générale du phénomène et la modélisation beaucoup plus fine qui permet de faire des prédictions, il y a une monde de différences. Tant qu’il s’agit de prévoir où va arriver un ouragan, nos modèles sont très bons, disent S&A et le Times. Mais pour connaître à l’avance la force qu’aura un ouragan quand il touchera le continent, il faut détenir des informations sur ce qui se passe au cœur même du système, ce qui est loin d’être évident. C’est pourquoi les spécialistes se sont trompés sur la force qu’Irène (ou ce qu’il en restait) aurait en arrivant à New York.

Lire les commentaires (32)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    décembre 2012
    D L Ma Me J V S
    « nov   jan »
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031  
  • Archives

  • publicité