Un (autre) énorme travail d’enquête sur l’industrie des gaz de shale a été publié ce week-end dans le New York Times. Basé principalement sur des centaines de courriels et de documents internes de l’industrie, l’enquête montre que certains acteurs du milieu (géologues, avocats, cadres, économistes) sont loin d’être convaincus que les gaz de shale puissent fournir tout le carburant bon marché que font miroiter les projections officielles, et même que l’industrie soit aussi rentable qu’elle le prétend. En outre, des doutes sont soulevés sur l’indépendance d’un organisme de surveillance économique.
«Les données (provenant de plus de 10 000 puits, ndlr) montrent qu’il y a des puits très actifs, mais qu’ils sont souvent entouré de vastes zones de puits moins productifs qui, dans certains cas, coûtent plus à forer et à exploiter que le gaz qu’on en tire. En outre, les quantités de gaz générées par plusieurs des bons puits décroissent beaucoup plus vite que ce qu’avaient prévu les compagnies d’énergie, ce qui rend la rentabilité plus difficile à atteindre», lit-on dans ces articles.
Si ce pessimisme, qui n’est pas partagé par tous les insiders, notons-le, s’avère fondé, les conséquences de l’actuel enthousiasme pour le gaz de schiste pourraient être énormes. En bourse, cela aurait l’effet d’une bulle qui crève — avec les risques de contagion à d’autres secteurs, et donc de crise économique en bonne et due forme, que cela implique, comme l’ont démontré les épisodes des dot-com et des subprimes. Et si les shales ne fournissent qu’une partie relativement petite de l’énergie promise, il faudra bien aller chercher la différence à d’autres sources…
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