Sciences dessus dessous

Archive, juin 2011

Jeudi 30 juin 2011 | Mise en ligne à 15h23 | Commenter Commentaires (15)

EACL : tout ça pour… combien au juste ?

Il y avait déjà longtemps que traînait le dossier d’Énergie atomique Canada limitée. Le gouvernement Harper voulait vendre sa division commerciale… Peu d’acheteurs canadiens se manifestaient… Le flou sur le futur de la division faisaient fuir les clients… Ce qui diminuait la valeur de ce pan d’EACL… Ça a duré plus de deux ans, mais ce long hiatus est maintenant terminé : la firme d’ingénierie SNC Lavalin a annoncé hier qu’elle achetait la division de fabrication et d’entretien des réacteurs CANDU. La firme, notons-le, avait déjà une division nucléaire très familière avec cette technologie.

Pour combien au juste ? Difficile à dire, puisque les détails n’ont pas tous été révélés. De ce qu’on sait, le «prix de base» est absolument ridicule : 15 millions $. Mais Ottawa percevra des royautés sur les futurs réacteurs vendus — ces montants n’ont pas été divulgés.

Fait à noter, le fédéral gardera la responsabilité de cinq chantiers de mise à niveau déficitaires ou risqués financièrement — Point Lepreau, Gentilly-2, Bruce 1 et 2 et un en Corée du Sud —, en plus d’investir 75 millions $ pour peaufiner un nouveau type de réacteur, le CANDU6 «amélioré» (Enhanced CANDU 6).

À vue de nez, ça ressemble à un maudit bon deal (pour SNC). Depuis l’annonce, fait hier en fin d’après-midi, le titre de la firme est passé d’environ 56,30 $ à 58,50 $…

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Jeudi 30 juin 2011 | Mise en ligne à 10h39 | Commenter Commentaires (41)

Climatologie : ça joue dur aux États…

La campagne de dénigrement, de cyberintimidation et de harcèlement légal dont les têtes d’affiche de la recherche sur le climat sont la cible a atteint une telle intensité, aux États-Unis, que l’American Association for Advancement for Science a senti le besoin de publier une «déclaration», hier. Le document dénonce toutes les formes d’intimidation et rappelle, puisque d’aucuns semblent l’avoir oublier, que ces campagnes créent une ambiance peu propice au débat scientifique et à l’avancement des connaissances.

Personne n’est nommé dans le texte, mais la goutte qui a fait déborder le vase, suppute le blogueur Joe Romm, est vraisemblablement cette poursuite contre la NASA déposée la semaine dernière par Christopher Horner, un avocat qui resprésente des think tanks climatosceptiques comme l’American Tradition Institute et le Competitive Enterprise Institute.

(Parenthèse au passage : j’adore les noms dont s’affublent ces groupes plus ou moins bidons, noms inimitables qui sonnent comme du carton-pâte. C’est presque de l’art…)

La poursuite en question, tenez-vous bien, accuse le climatologue et directeur du Goddard Institute for Space Studies, James Hensen, d’avoir violé les règles de la NASA en acceptant des contrats externes rétribués sans en avoir la permission — alors que les soi-disant «contrats» sont en fait des prix décernés à M. Hensen.

Au-delà de l’aspect comique qu’a cette poursuite, reste que les méthodes de harcèlement utilisées par certains climatosceptiques — ne mettons pas tout le monde dans le même panier, il y en a de très sérieux — sont absolument détestables.

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Mardi 28 juin 2011 | Mise en ligne à 10h06 | Commenter Commentaires (23)

La révolte contre le roi pi

C’est une journée bien spéciale, aujourd’hui. Non, ce n’est pas mon anniversaire. Ni le début de mes vacances. Non, le 28 juin, qui s’écrit 6.28 en anglais, c’est plutôt le jour de tau (symbole : τ), constante mathématique égale à 2 fois pi, donc 2 x 3,14159… = 6,28…

Si pi est souvent appelé «le roi des nombres», alors tau doit être quelque chose comme «le meneur de la Sainte Ligue». Ou le Iznogoud des mathématiques. À vous de choisir…

Comme tout bon prétendant à la couronne, tau a ses partisans (certains lui ont même fait un hymne), qui font valoir que pi n’est pas le candidat le plus naturel pour le trône, puisqu’il faut le multiplier par 2 pour obtenir le ratio de la circonférence C d’un cercle sur son rayon r — tout le monde se rappelle du fameux C = 2πr qu’on nous enseigne à l’école. Or ce genre de «transformation» est inélégante. Pour se débarrasser de ce facteur 2 et épurer la formule, il faudrait donc écrire : C = τr.

Évidemment, les «loyalistes» rétorquent que l’on a qu’à définir pi comme le rapport de la circonférence sur le diamètre d plutôt que le rayon — donc C = πd. Mais comme l’écrit le physicien américain Michael Hartl dans son Tau Manifesto, la définition la plus naturelle du cercle est une série de points passant à une distance fixe (le rayon) d’un point donné. Et fi du diamètre…

Fondateur du Jour de tau, M. Hartl n’est pas seul de son camp. Le mathématicien de l’Université de l’Utah Bob Palais soutient lui aussi, et ce depuis 2001, que «π is wrong».

La révolte gronde depuis longtemps. Alors autant vous préparer dès maintenant : un de ces jours, sans doute bientôt, quelqu’un tracera une ligne dans le sable et vous forcera à choisir votre camp… Prêterez-vous allégeance au roi, ou crierez-vous «Vive la ligue» ?

AJOUT : Pour ceux que cela intéresse, le Tau Day a sa page facebook. Le site de la BBC présente par ailleurs une entrevue intéressante sur le sujet avec le mathématicien d’Oxford Marcus Du Sautoy — dont je ne saurais trop vous recommander le livre La symphonie des nombres premiers, littéralement hypnotisant ! —, pour qui tout cela relève «de l’obsession pour la notation, car cela ne change rien aux mathématiques».

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