Il vaut la peine d’aller jeter un œil à la lettre ouverte que vient de publier le physicien de l’Université de Montréal Normand Mousseau, au sujet du lien, ou plutôt de l’absence de lien entre les téléphones cellulaires et le cancer. Un excellent résumé.
M. Mousseau a écrit ce texte en réaction à une vague d’opposition, la semaine dernière, à la construction de deux antennes de relai pour les cellulaires sur l’île de Montréal — opposition qui repose sur des peurs infondées d’impacts sur la santé. «La science, ici, devrait pouvoir aider (à calmer ces craintes). Après tout, on connaît très bien la science des champs électromagnétiques», écrit le physicien.
Vous me direz bien ce que vous en pensez, mais j’ai un peu de misère à partager son optimisme. Oh, certe, les arguments de M. Mousseau devraient en principe convaincre tous ses lecteurs de l’inocuité des ondes de cellulaire. Son texte est d’une grande qualité, je le répète. L’écueil est ailleurs : tout cela ressemble trop à d’autres histoires que j’ai couvertes dans le passé, où tout ce qui portait un sarrau était soupçonné de mauvaise foi ou d’incompétence (j’exagère à peine).
Tenez : rappelez-vous le débat sur la fluoruration de l’eau que nous avons eu à Québec en 2008. À ce moment, il existait à ma connaissance (bien imparfaite) trois revues de littérature scientifique on ne peut plus fiables sur le sujet : une de l’Institut national de la santé publique ; une du National Research Comitee, aux États-Unis ; et une de l’Organisation mondiale de la santé. Toutes trois concluaient à l’absence de risque pour des concentrations comparables à celles de l’eau fluorée par les municipalités. En outre, à peu près tout ce qui se fait d’ordres de médecins, de dentistes et de pharmaciens sur le continent disait la même chose. Mais rien n’y fit : les opposants n’ont jamais rien voulu entendre, et à force de faire du bruit, ils ont gagné leur bataille politique. L’eau de Québec n’est plus fluorurée.
La même chose s’est passée avec les vaccins, tant dans le cas de la grippe que dans celui de l’autisme. Et maintenant les antennes de cellulaires. Il y a de ces fois, dont ce matin, où je désespère un peu…
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