Sciences dessus dessous

Archive, janvier 2011

Jeudi 27 janvier 2011 | Mise en ligne à 10h43 | Commenter Commentaires (42)

Le suspect portait un sarrau…

Il vaut la peine d’aller jeter un œil à la lettre ouverte que vient de publier le physicien de l’Université de Montréal Normand Mousseau, au sujet du lien, ou plutôt de l’absence de lien entre les téléphones cellulaires et le cancer. Un excellent résumé.

M. Mousseau a écrit ce texte en réaction à une vague d’opposition, la semaine dernière, à la construction de deux antennes de relai pour les cellulaires sur l’île de Montréal — opposition qui repose sur des peurs infondées d’impacts sur la santé. «La science, ici, devrait pouvoir aider (à calmer ces craintes). Après tout, on connaît très bien la science des champs électromagnétiques», écrit le physicien.

Vous me direz bien ce que vous en pensez, mais j’ai un peu de misère à partager son optimisme. Oh, certe, les arguments de M. Mousseau devraient en principe convaincre tous ses lecteurs de l’inocuité des ondes de cellulaire. Son texte est d’une grande qualité, je le répète. L’écueil est ailleurs : tout cela ressemble trop à d’autres histoires que j’ai couvertes dans le passé, où tout ce qui portait un sarrau était soupçonné de mauvaise foi ou d’incompétence (j’exagère à peine).

Tenez : rappelez-vous le débat sur la fluoruration de l’eau que nous avons eu à Québec en 2008. À ce moment, il existait à ma connaissance (bien imparfaite) trois revues de littérature scientifique on ne peut plus fiables sur le sujet : une de l’Institut national de la santé publique ; une du National Research Comitee, aux États-Unis ; et une de l’Organisation mondiale de la santé. Toutes trois concluaient à l’absence de risque pour des concentrations comparables à celles de l’eau fluorée par les municipalités. En outre, à peu près tout ce qui se fait d’ordres de médecins, de dentistes et de pharmaciens sur le continent disait la même chose. Mais rien n’y fit : les opposants n’ont jamais rien voulu entendre, et à force de faire du bruit, ils ont gagné leur bataille politique. L’eau de Québec n’est plus fluorurée.

La même chose s’est passée avec les vaccins, tant dans le cas de la grippe que dans celui de l’autisme. Et maintenant les antennes de cellulaires. Il y a de ces fois, dont ce matin, où je désespère un peu…

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Mercredi 26 janvier 2011 | Mise en ligne à 10h02 | Commenter Commentaires (22)

Éoliennes : sacrifice local pour bienfait global ?

Le débat entourant l’érection d’éoliennes sur le Massif du Sud, projet que caresse Saint-Laurent Énergie, a pris une tournure particulièrement intéressante, hier, quand le Conseil régional de l’environnement de Chaudière-Appalaches (CRECA) s’est inscrit en faux contre la position de nombreux groupes environnementaux, qui réclament son abandon. Grosso modo, le CRECA estime que le promoteur a fait d’importantes concessions qui rendent possible la cohabitation des éoliennes avec une aire protégée, alors que les opposants croient le contraire.

Ce n’est pas l’aspect de la «chicane» entre verts qui mérite d’être souligné. Je suis à cet égard plutôt d’accord avec l’interprétation que Christian Simard, de Nature Québec, fait de ce désaccord : le CRECA est d’abord et avant tout un organisme de concertation, pas de défense de l’environnement.

Non, ce qui est intéressant, ici, ce sont les deux visions du développement durable qui s’affrontent. Pour reprendre l’expression que trois chercheurs du GRAME (Groupe de recherche appliquée en macroécologie) utilisent dans leur livre Énergies renouvelables : Mythes et obstacles, on a affaire, d’une part, à un «écologisme classique», qui se concentre sur des enjeux ciblés, limités, et très concrets. Ce peut être s’opposer au déboisement d’un endroit, au harnachement hydro-électrique d’une rivière, ou encore, bien sûr, «sauver» un ensemble montagneux.

Remarquez, ces groupes ont des motifs qui se défendent. Le Massif du Sud est un endroit magnifique, on trouve sur ses sommets des écosystèmes fragiles, et ceux-ci abritent une espèce vulnérable, la grive de Bicknell.

Mais, disent les auteurs du livre, il existe aussi des problèmes globaux, comme le réchauffement climatique, qui pourraient devenir beaucoup plus graves que la perte (ou la modification) de certains bouts de territoire. Il faut donc dépasser les microcauses quand les projets proposés favorisent la réduction des gaz à effet de serre — ce qu’ils appelent le «post-environnementalisme». Et ce n’est pas une centrale au gaz que l’on veut construire sur les sommets…

Pour être tout à fait juste, il faut dire ici que les opposants au projet de Saint-Laurent Énergie n’ont rien contre l’énergie éolienne elle-même. Au contraire, M. Simard me disait hier en entrevue qu’il trouvait ça «dommage» de devoir contrecarrer un projet éolien. Mais le dilemme est justement celui-là : est-il approprié de nuire au développement de la filière éolienne pour protéger quelques sommets ? Ou vaut-il mieux accepter des compromis locaux franchement assez gros — l’aire protégée suggérée par le CRECA serait trois fois moins grande que celle que revendiquent les opposants — pour mieux s’occuper d’un problème global ?

À votre avis ?

AJOUT : Ma façon (et celle de M. Simard) de décrire le CRECA comme étant d’abord un organisme de concertation a fait tiquer le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec, dont la responsable Anne-Marie Gagnon vient de m’écrire : «nous souhaiterions préciser que les CRE sont avant tout des organismes de «protection de l’environnement» qui privilégient la concertation comme moyen d’intervention. La concertation ne représente pas un but, mais bien un moyen et la façon dont vous avez décrit l’intervention du CRECA paraît plutôt simple.»

Mme Gagnon ne voit pas dans cette affaire de «débat houleux» ni de «chicane entre verts», «bien au contraire…»

Voilà pour la précision…

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Mardi 25 janvier 2011 | Mise en ligne à 9h20 | Commenter Commentaires (26)

Mappemonde de la science

Collaborations scientifiques, 2005-2009

Collaborations scientifiques, 2005-2009

Un certain Olivier Beauchesne, qui travaille pour une firme de bibliométrie de Montréal, vient de m’envoyer ce qu’on appelle à l’Académie française «de la bien belle ouvrage» : la carte fascinante, qu’il a lui-même fabriquée, de toutes les collaborations scientifiques qui ont eu lieu dans le monde de 2005 à 2009. En se servant de tous les articles scientifiques publiés au cours de cette période, M. Beauchesne a pris note de l’«université d’attache» de chaque signataire, puis a tracé un lien (en blanc sur la carte) entre toutes les villes concernées. Une version en haute résolution est disponible sur son site.

Franchement, ça vaut le coup d’œil.

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