Sciences dessus dessous

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  • Jean-François Cliche

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    Mercredi 29 septembre 2010 | Mise en ligne à 11h09 | Commenter Commentaires (9)

    Indiana Jones, version virale

    Fascinant article paru dans PLoS Biology, qui révèle les détours dingues qu’il faut prendre pour remonter péniblement (et très méritoirement) l’«arbre généalogique» des virus. Et qui montre que la famille de l’hépatite B, que l’on croyait âgée d’environ 6000 ans, remonterait en fait à au moins 19 millions d’années.

    Les virus, on s’en doute, ne laissent pratiquement aucune trace derrière eux. Pas de fossiles, en tout cas, pas de contexte archéologique à interpréter, pas de matière que l’on peut trouver dans le sol et que l’on peut dater. Ce qui, pour qui veut connaître l’histoire évolutive des virus, n’est rien de moins qu’une catastrophe. Les «archéologues des virus» en sont donc réduits à ratisser le génome d’animaux actuels, au petit bonheur la chance, ou presque, dans l’espoir de tomber sur une séquence d’origine virale qui se serait durablement «incrustée» dans le bagage génétique d’une espèce.

    (Les virus étant incapables de se multiplier eux-mêmes, ils doivent forcer une cellule vivante à les répliquer, ce qu’ils font souvent en insérant leur matériel génétique dans celui de la cellule. D’où les «fossiles génétiques» que cela laisse parfois.)

    Comme le rapport ce compte-rendu du site de la revue Science, d’ailleurs, c’est par hasard que le généticien Cédric Feschotte, de l’Université du Texas, s’est rendu compte que le diamant mandarin, un oiseau de l’Australie, portait dans son génome des fragments de virus de la famille de l’hépatite B, les «hépadnavirus». En le voyant, il a poussé ses recherches plus loin en examinant l’ADN de cinq espèces apparentées.

    Comme les insertions virales se font à des endroits aléatoires — le diamant mandarin compte dans son génome 15 fragments d’hépadnavirus dans 10 chromosomes différents —, on peut supposer qu’on les retrouvera aux mêmes endroits chez ces autres espèces. Et ce fut bien le cas chez quatre des oiseaux examinés, la cinquième espèce (le souïmanga olivâtre, un passereau africain) ayant quitté le tronc commun avant les autres. De là, M. Feschotte et son étudiant postdoctoral Clément Gilbert ont pu déduire que l’hepdnavirus s’est inséré dans l’ADN de ces oiseaux après la spéciation du souïmanga, mais avant la suivante (celle des junco), ce qui donne un minimum de 19 millions d’années.

    Vous en penserez ce que vous voudrez, mais en ce qui me concerne, Indiana Jones peut aller se rhabiller…


    • Un travail de moine, on dirait!

      Si je comprends bien, les virus peuvent affecter les gênes de façon permanente et transmissible aux descendants ? Est-ce que ça protège les générations futures des mêmes virus?

    • Je cherche le rapport avec Indiana Jones et je le vois pas…

      L’archéologie… OK, je suis peut-être allé chercher ça un peu loin. Je vais tenter de mieux l’expliquer.
      JFC

    • Wow! Épatant! C’est incroyable de voir comment la génétique et l’informatique ont permis des avancées scientifiques importantes dans les domaines reliés. Votre article l’illustre de façon étonnante. Et je suis d’accord qu’Indiana Jones est un pee-wee à côté de ça.

    • @dcsavard: on peut ajouter que c’est surtout la théorie de l’évolution qui permet ce genre d’hypothèse de recherche et éventuellement une découverte scientifique. La théorie de l’évolution est une véritable machine à remonter dans le temps!

      Christian

    • Cessez de vous moquer de Indiana Jones. C’est un vrai homme et un vrai héros!
      Ces petites bêtes (les virus) ont vraiment le sens de la survie et de l’organisation et c’est malheureux de voir qu’il y a encore aujourd’hui des hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes et cela sans protection. Le dr Thomas en parle souvent pourtant.
      Jean-François Cliche nous le répète encore une fois et le démontre sans ambages, sont forts et dangereux les virus.
      Relisez le 3ième paragraphe 100 fois s’il le faut.
      Les imbéciles veulent légaliser la prostitution!
      Je me suis fait piquer lors de la vacination H1N1, et ainsi les vaccinés ont pû arrêter le déploiement de l’épidémie.
      Merci Cessez de vous moquer de Indiana Jones. C’est un vrai homme et un vrai héros!
      Ces petites bêtes (les virus) ont vraiment le sens de la survie et de l’organisation et c’est malheureux de voir qu’il y a encore aujourd’hui des hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes et cela sans protection. Le dr Thomas en parle souvent pourtant.
      Jean-François Cliche nous le répète encore une fois et le démontre sans ambages, sont forts et dangereux les virus.
      Relisez le 3ième paragraphe 100 fois s’il le faut.
      Les imbéciles veulent légaliser la prostitution!
      Je me suis fait piquer lors de la vacination H1N1, et ainsi les vaccinés ont pû arrêter le déploiement de l’épidémie.
      Merci Jean-François Cliche pour ce rappel de faire le plus de prévention possible.

    • @Jean-François Cliche

      C’est ce que j’imaginais, mais je me disais que vous savez déjà à quel point Indiana Jones ne fait pas de l’archéologie pour de vrai et qu’ainsi, vous n’aviez pas fait cette joke-là… :)

    • @Samsuffi
      Désolé d’avoir à vous l’apprendre, mais Indiana Jones, c’est de la fiction. Vous trouverez sa biographie dans IMDB.com.

      @Lordcraft
      Ca devait être de la joke-fiction.

      @Mr Cliche
      Avons-nous des insertions virales dans notre génome.

      Me semble bien que oui, mais je ne me souviens pas de quel genre de virus il s’agit.
      JFC

    • @christianb,

      désolé, mais ce genre de recherche nécessite une puissance informatique et des algorithmes d’analyse statistique sophisitiqués sans lesquels il serait impossible de partir à la recherche d’une séquence et d’un fragment d’ADN exotique dans celui d’une autre espèce. C’est réellement les avancés en informatique et en génétique qui permettent ce genre de découvertes. La théorie de l’évolution n’est que le cadre de recherche, pas la méthode et les moyens.

    • @christianb,
      dcsavard, à raison, c’est un champs qui s’appelle la statistique computationel qui est utilisé dans ce genre de recherche.

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