Sciences dessus dessous

Archive, août 2010

Lundi 30 août 2010 | Mise en ligne à 10h19 | Commenter Commentaires (50)

La «Smart» de l’espace

Photo : Thomas Petersen

Photo : Thomas Petersen

La fusée Tycho-Brahé 1 est à la navette spatiale ce que le 1 1/2 est aux appartements. Ou ce que la Smart est aux automobiles. Assemblée par l’organisme danois (sans but lucratif) Copenhagen Suborbitals, la fusée expérimentale a pour but d’amener éventuellement un humain, et un seul à la fois, à des altitudes de 120 km.

Photo : Copenhagen Suborbitals

Photo : Copenhagen Suborbitals

Comme le montrent les photos ci-haut et ci-contre, les artisans de ce projet un peu (ou plutôt, complètement) fou tentent en quelque sorte de miniaturiser le vol suborbital, afin de le rendre aussi bon marché que possible. «Traditionnellement, les astronautes sont lancés dans l’espace en position couchée. Cela leur permet d’endurer des forces G très grandes (des accélérations très fortes), mais c’est aussi très cher, parce que cela demande un propulseur relativement gros. Ce que nous faisons, et ce qui est très controversé, c’est de dire : mettons cet astronaute debout. Cela comporte bien des avantages. La fusée devient beaucoup plus petite — seulement 65 cm de diamètre — et donc beaucoup plus légère. Ensuite, cela permet à l’astronaute de très bien voir ce qui se passe en quittant la Terre, ce qui n’est jamais vraiment arrivé dans l’histoire du vol spatial», a expliqué au New Scientist Peter Madsen, l’un des deux dirigeants de Copenhagen Suborbitals avec son compatriote Kristian von Bengston.

Le premier vol expérimental, dont la fenêtre de lancement s’étend d’aujourd’hui jusqu’au 17 septembre, ne se rendra que jusqu’à 30 km d’altitude et ne sera pas habité. Selon le site de Copenhagen Suborbitals, la fusée a une chance de 75 % de décoller demain (mardi, 31 août).

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Une lumière bienvenue vient d’être jetée sur le mystère du «syndrôme du museau blanc», ce champignon qui est en train de tuer les chauves-souris nord-américaines par centaines de milliers, et qui a d’ailleurs fait son arrivée au Québec cette année.

On ne disposait jusqu’ici que d’un seul spécimen de chauve-souris européenne porteuse du champignon — Geomyces destructans —, trouvée dans une grotte française où, par ailleurs, la mortalité n’avait rien d’anormal. Ce qui, bien sûr, soulevait bien des questions. Or voici qu’une recherche allemande vient de confirmer que le parasite, qui était inconnu avant de décimer les chauves-souris de ce côté-ci de l’Atlantique, est largement répandu sur le Vieux Continent. Publiée dans le dernier numéro de Emerging Infectious Diseases, l’étude a analysé des échantillons provenant de 23 chauves-souris en Allemagne, en Suisse et en Hongrie. Résultat : pas moins de 21 étaient porteuses de G. destructans, mais elles semblent immunisées à ses attaques.

Alors de deux choses l’une. Ou bien le champignon n’est qu’un opportuniste qui profite de la faiblesse des chauves-souris pour les envahir, auquel cas il faudra trouver le vrai problème ici — en plus d’expliquer l’immunité européenne. Ou alors, et c’est l’hypothèse que font les chercheurs, il s’agit d’une espèce fongique nouvellement introduite en Amérique du Nord contre laquelle nos chauves-souris n’ont pas encore développé de résistance, contrairement à leurs cousines européennes, qui vivent avec depuis des milliers, sinon des millions d’années.

Malheureusement, m’a confirmé par courriel l’auteur principal de l’article, le biologiste de l’Institut Leibniz de recherche sur la vie sauvage Gudrun Wibbelt, les génomes de champignons sont généralement beaucoup plus longs que ceux des bactéries ou des virus. Il faut donc plus de temps pour les déchiffrer. En outre, à sa connaissance, aucune analyse de l’ADN mitochondrial (qui permet de mesurer depuis combien de temps deux populations apparentées sont séparées) n’a encore été complétée. Il faudra donc attendre encore un peu avant d’être raisonnablement certain de ce qui se passe.

D’ici là, si G. destructans continue sa progression vers le nord, les mouches et moustiques du Québec vont avoir la vie un peu plus facile qu’avant, puisque la plupart des espèces de chauves-souris atteintes par le syndrôme du museau blanc sont insectivores.

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Mercredi 25 août 2010 | Mise en ligne à 9h30 | Commenter Commentaires (14)

Un prof d’anglais parmi les requins

Grosse nouvelle pour le Groupe d’étude sur les élasmobranches et le requin du Groënland (GEERG), qui s’est rendu «célèbre» pour ses travaux sur les requins qui visitent souvent les hauts fonds dans la région de Baie Comeau : un bon Samaritain leur a fait cadeau, littéralement, d’un bateau d’acier de 32 pieds. Une fois que le bâtiment sera passé par Les Méchins, où Verreault Navigation a accepté de le remettre à neuf gratuitement, le GEERG aura un authentique vaisseau de recherche à sa disposition.

Mais comme je l’écris dans mon papier de ce matin, le groupe vivote sur presque rien et doit maintenant passer le chapeau pour amasser les quelques milliers de dollars que coûteront les taxes et le transport du bateau, qui mouille actuellement à Rouses Point, dans l’État de New York. Alors le mot est passé

Il y a toutefois un élément, en tout ceci, qui m’a frappé en interviewant le fondateur du GEERG, Jeffrey Gallant — mais dont je n’ai pu parler dans mon article par manque d’espace. C’est à quel point ce «groupe»de recherche, en fait constitué de deux personnes, soit M. Gallant et le biologiste de l’Université de Colombie-Britannique Chris Harvey-Clark, est parti de rien du tout, survivant hors des circuits universitaires subventionnés, pour finir par cogner à la porte des ligues majeures à force de travail et de débrouillardise.

M. Gallant lui-même, m’a-t-il dit, n’était pas biologiste au départ. Il était plutôt, et est encore puisqu’il faut bien vivre, professeur d’anglais (!) au cégep de Drummondville. C’est par la plongée sous-marine qu’il fut amené à s’intéresser aux requins. Et le voilà, des milliers d’heures d’ouvrage et des milliers de dollars de dons plus tard, signataire de plusieurs articles scientifiques, sur le point d’entamer un doctorat à Dalhousie et (presque) en charge d’exploiter un vaisseau de recherche.

Vous me direz bien ce que vous en pensez, mais en ce qui me concerne, ça force l’admiration.

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