Sciences dessus dessous

Archive, juin 2010

Mercredi 30 juin 2010 | Mise en ligne à 15h09 | Commenter Commentaires (64)

La colle du jour

Je connaissais déjà le «problème des trois portes», qui est une sorte d’illusion d’optique, version mathématique. Avant de partir en vacances, ce qui arrivera dans quelques heures, je vous laisse un autre petit bijou à vous mettre sous la dent, le «problème des deux enfants», sur lequel je viens de tomber sur le blog Math Trek, du site ScienceNews.com. (Il est interdit d’aller voir la réponse avant d’avoir essayé de la trouver par vous-mêmes.)

Le problème est tout simple : supposons que Pierre-Jean-Jacques a deux enfants et qu’au moins l’un d’eux est un garçon ; quelles sont les chances pour que les deux bambins soient des garçons ?

Premier indice : non, malgré ce que hurle notre intuition, la réponse n’est pas «1/2»…

Deuxième indice : la formulation est importante, et l’enfant dont le sexe masculin est avéré n’est pas nécessairement le premier né…

Quand vous aurez fini, il faut vraiment aller sur Math Trek, où en plus d’expliquer la réponse, la blogueuse Julie Rehmeyer aborde une manière d’ajouter une tournure supplémentaire (et délicieusement tordue) à la chose…

De retour le 26 juillet. ;-)

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Mardi 29 juin 2010 | Mise en ligne à 14h12 | Commenter Commentaires (11)

La «vraie» première image d’une exoplanète

fig1

Photo : Gemini Observatory

On avait fait grand cas, en novembre 2008, de l’annonce d’une «première» photo directe d’une exoplanète par des chercheurs québécois — Christian Marois, René Doyon et David Lafrenière. Et à bon droit, d’ailleurs, car ils en avaient croqué trois d’un seul coup ! Mais il semble qu’il s’agissait en fait de la deuxième image directe d’une exoplanète jamais prise : la vraie première (image ci-haut) remonte en fait à septembre de la même année, bien que la confirmation ait été plus longue à venir, a annoncé aujourd’hui l’observatoire international Gemini.

L’honneur national est néanmoins sauf, puisque l’auteur principal de l’article, qui vient de paraître dans The Astrophysical Journal, n’est nul autre que le même David Lafrenière, chercheur post-doctoral à l’UdM, qui faisait partie du trio de 2008 ! Quand un gars a l’œil..

La planète en question est une géante gazeuse environ 8 fois plus massive que Jupiter et elle orbite à environ 300 unités astronomiques de son étoile — 300 fois la distance Terre-Soleil —, la poétiquement nommée 1RXS J160929.1-210524, ou 1RXS 1609, pour les intimes. Elle est située dans la constellation du Scorpion, à environ 500 années-lumière d’ici.

La découverte avait fait l’objet d’une publication en 2008, mais à l’époque on ne pouvait écarter avec certitude la possibilité que les deux astres aient été alignés par hasard à cet endroit du ciel. Après deux ans de calculs et de vérifications, M. Lafrenière et deux chercheurs de l’Université de Toronto, Ray Jayawardhana et Marten van Kerkwijk, sont parvenus à démontrer qu’il s’agit bien d’un système étoile-planète.

La preuve est donc faite que c’est là la véritable première image directe d’un exoplanète. Habituellement, les exoplanètes sont détectées de manière indirecte, par exemple en mesurant de toutes petites déviations que leur gravité imprime sur leur étoile, ou alors en décelant l’infime baisse de luminosité de leur étoile quand elles passent devant.

L’exoplanète en question était relativement facile à voir (le mot important étant ici relativement), parce qu’elle est loin de son étoile et que sa température très élevée, à environ 1500 °C, lui fait émettre une lumière infrarouge nettement plus forte que la majorité des planètes. Cette chaleur lui vient du fait qu’elle est encore jeune et n’a pas eu le temps de refroidir.

L’image ci-haut est ce que le téléscope Gemini North a pu «voir» dans l’infrarouge, à trois longueurs d’onde différentes — 1,25 micron, 1,65 µ et 2,15 µ. Les couleurs ont été ajoutées par la suite, mais les formes sont réelles. La «photo» ci-bas montre elle aussi le système 1RXS 1609, mais à des longueurs d’onde plus grandes (3,05 et 3,8 µ). «La qualité est moins bonne parce que l’atmosphère terrestre et les instruments émettent eux aussi à ces longueurs d’onde là», ce qui produit une sorte de «bruit de fond» qu’il faut éliminer.

fig2

Credit: Gemini Observatory/AURA/David Lafrenière (University of Montreal),Ray Jayawardhana (University of Toronto), and Marten van Kerkwijk (University of Toronto)

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Mardi 29 juin 2010 | Mise en ligne à 11h36 | Commenter Commentaires (5)

Espace : l’Oncle Sam se remet à respirer par le nez

Pour ceux que cela intéresse, la nouvelle politique spatiale des États-Unis a été dévoilée hier et peut être téléchargée ici. De bons compte-rendus sont également disponibles en français et en anglais.

Essentiellement, Barack Obama remet les pendules spatiales américaines à l’heure de la coopération internationale et ouvre encore un peu plus grande la porte au privé. Les mauvaises langues diront sans doute que l’actuel président a beau jeu d’agiter des branches d’olivier, puisque l’énorme déficit américain et les réformes de M. Obama rendent une course à l’espace en solo et une éventuelle course aux armements trop lourdes à porter — sans compter le fait que, comparé à George W. Bush, qui était capable de militariser une classe de maternelle, n’importe qui a l’air d’une colombe.

Mais cette «détente» est tout de même une bonne nouvelle. Comme le rappelle le New York Times, l’ancienne politique spatiale américaine était un monstre d’unilatéralisme qui rejetait explicitement «toute limitation du droit fondamental des États-Unis d’opérer dans l’espace et d’y acquérir des données» (lire : «abattre des satellites ennemis et glaner des informations militaires») et elle stipulait que le gouvernement américain «[s'opposait] au développement de nouveaux régimes légaux ou d’autres restrictions qui chercheraient à interdire ou limiter l’accès ou l’usage de l’espace aux États-Unis» (lire : «Washington ne voulait rien savoir d’un traité empêchant la militarisation de l’espace»).

Ce ne sont encore que des mots, mais cette décrispation promet…

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