Petite devinette : si la liste des espèces menacées ou vulnérables compte 18 espèces animales et 59 espèces végétales au Québec, combien d’espèces de champignons jouissent d’un statut de protection ? Allez, tentez votre chance… Une vingtaine ? Une cinquantaine ?
Réponse : zéro. Aucune. Ardjien. Le Québec a une liste pour les animaux, une autre pour les végétaux, mais pas de liste pour les champignons, dont on compte pourtant plus de 2500 espèces dans la Belle Province. Je suis tombé sur ce trou béant il y a quelques jours en préparant un dossier sur les espèces menacées au Québec (à paraître bientôt) dans le cadre de l’Année internationale de la biodiversité, et je n’en reviens toujours pas.
Remarquez, il y a des raisons pour cela : on connaît beaucoup moins les champignons que les plantes vasculaires. On n’en sait pas assez, en tout cas, pour déterminer si telle ou telle espèce risque la disparition, m’ont dit différents spécialistes — dont Raymond McNeil, retraité du département de biologie de l’UdeM et auteur du Grand livre des champignons du Québec et de l’est du Canada, sorte de bible de la mycologie québécoise. En outre, certaines espèces ont des cycles capricieux et ne produisent de carpophore (la partie hors de terre) que sous certaines conditions réunies tous les quatre ou cinq ans, ce qui complique énormément toute entreprise de recensement.
Mais cela n’en reste pas moins un vide énorme dans nos efforts de protection de la biodiversité, et cela illustre à quel point la mycologie a été (historiquement, du moins, mais elle l’est sans doute toujours) le parent pauvre des sciences de la vie au Québec.
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