Sciences dessus dessous

Archive, mars 2010

Mercredi 31 mars 2010 | Mise en ligne à 10h08 | Commenter Commentaires (81)

Climategate : les chercheurs exonérés

Le Comité parlementaire sur les sciences et les technologies (CPST), que le gouvernement britannique avait chargé de se pencher sur le Climategate, n’a pas trouvé matière à scandale dans les courriels du Climate Research Unit de l’Université East Anglia piratés l’automne dernier.

Bien que les parlementaires demandent plus de transparence aux climatologues, ils concluent que les soupçons dont ont fait l’objet Phil Jones, directeur du CRU, et son équipe étaient injustifiés. «Sur les extraits des courriels piratés les plus souvent cités — «trucage» et «cacher la baisse» —, le Comité considère qu’il s’agissait d’expressions anodines (colloquial) utilisées dans le cadre d’une correspondance privée, et que le reste des données montre qu’elles ne faisaient pas partie d’une tromperie systématique», lit-on dans le communiqué de presse.

Le CPST dénonce toutefois une «culture du secret» qui semblait régner au CRU et recommande au gouvernement d’établir des règles qui élargiraient l’accès aux données recueillies avec de l’argent public, ajoute le New Scientist dans sa couverture de l’affaire.

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Mardi 30 mars 2010 | Mise en ligne à 14h42 | Commenter Commentaires (23)

Essais sur des animaux : un biais troublant

La revue Public Library of Science – Biology vient de publier un article fascinant, et pour tout dire assez troublant, montrant qu’un biais dans la publication de pas moins de 1359 expériences sur des animaux décrites dans 525 articles savants a amené la communauté scientifique à surestimé l’efficacité des traitements testés. En effet, les expériences menant à des résultats négatifs — c’est-à-dire que le traitement évalué ne donne pas de résultats probants — sont généralement vues comme moins intéressantes pour l’avancement des connaissances (et d’une carrière), et par conséquent sont beaucoup moins souvent publiées dans les revues savantes.

Celles-ci peuvent refuser d’y consacrer de l’espace, ou alors les chercheurs peuvent choisir de réserver leur temps à des avenues plus prometteuses plutôt qu’à consigner dans un texte une sorte constat d’«échec». Ce qui a pour effet d’augmenter artificiellement la proportion d’expériences dont les résultats pour un traitement donné semblent bons.

Dans leur revue de 525 articles, les auteurs, menés par la chercheuse en médecine Emily S. Sena, ont compté seulement 10 publications, ou un peu moins de 2 %, qui ne faisaient état d’aucun résultat probant. Ils estiment également que 214 expériences (à part des 1359 recensées dans les 525 articles) sur le sujet n’ont jamais été publiées dans quelque revue que ce soit, soit un taux de non publication substantiel de 14 %.

Il importe toutefois de souligner que personne, ici, ne parle d’une vaste entreprise de «biaisage» des publications scientifiques orchestrée par BigPharma dans le but de tromper les médecins et de «faire passer» des médicaments — une thèse conspirationniste que l’on entend à l’occasion. Le compte-rendu que l’on trouve sur le site de Nature est à cet égard éclairant, où les chercheurs interviewés parlent plus d’une forme d’autocensure (bien que le mot soit un peu fort) et de manque de temps.

Bref, il s’agirait de ce que les sociologues appellent un «effet de structure» plutôt que d’un complot.

Mais cela n’en suggère pas moins une chose : si ce biais de publication conduit à surestimer les traitements testés sur des animaux, de nombreux essais cliniques ont probablement été effectués inutilement sur des sujets humains. Si les résultats négatifs avaient tous été publiés, on aurait sans doute su avant que tel ou tel traitement n’avait pas vraiment d’avenir. Et les ressources englouties dans des essais coûteux auraient pu être investies dans d’autres recherches…

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Mardi 30 mars 2010 | Mise en ligne à 9h40 | Commenter Commentaires (12)

LHC : c’est officiellement reparti

Après avoir surmonté des pépins techniques et effectué une série d’«essais» discontinus à partir de l’automne — «essais» qui ont tout de même donné des records de collisions aux plus hautes énergies jamais atteintes en labo —, le Large Hadron Collider a réussi aujourd’hui des collisions de protons marquant le début de son utilisation en continu pour les 18 à 24 prochains mois. Ainsi que le début d’une «nouvelle ère scientifique», commentait ce matin l’Associated Press.

L’accélérateur de particules, un immense circuit aimanté et refroidi à environ –270°C d’environ 27 km de circonférence, construit sous terre près de la frontière franco-suisse, a réussi à 13h06, heure locale, une collision de protons à une énergie record (encore) de 7 tera-électronvolt. L’électronvolt est l’unité servant à mesurer l’énergie en physique des particule, et correspond à l’énergie cinétique (ou «de mouvement») accumulée par un seul électron qui serait accéléré par un potentiel électrique de 1 volt.

«C’est un grand jour pour les physiciens des particules, déclare Rolf Heuer, directeur général du Centre européen de recherche nucléaire (CERN), qui gère le LHC. Nombreux sont ceux qui attendent ce moment depuis longtemps, et leur patience et leur persévérance ont fini par payer.» D’après le communiqué émis par le CERN, des centaines de chercheurs patentés et pas moins de 2000 doctorants (!) attendaient en effet ce démarrage.

En amenant des protons (composants du noyau des atomes avec les neutrons) à se heurter à des vitesses encore inégalées expérimentalement, le LHC les forcera à se séparer en particules élémentaires plus petites. Les physiciens espèrent ainsi détecter des particules encore jamais observées, comme le boson de Higgs, qui serait à l’origine de la masse de toute matière. Cela constituera une sorte de test pour le «modèle standard», c’est-à-dire la théorie la plus largement admise sur les particules qui composent la matière, ce qui devrait permettre de confirmer nos connaissances et/ou de les faire avancer.

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