Avis de recherche : capsules de protéines grossièrement sphérique d’environ 100 nanomètres de diamètre et contenant du matériel génétique. Elle répond au prénom d’Influenza et au nom de famille Orthomyxoviridæ. Elle a été aperçue pour la dernière fois l’automne dernier en train de faire du vandalisme dans les poumons de millions de personnes, puis a fait une fugue sans laisser de trace. Personne ne s’inquiète vraiment de sa disparition, mais les épidémiologues aimeraient bien comprendre…
Ce n’est pas demain la veille, il est vrai, que l’on verra un tel avis sur nos pintes de lait, mais le fait demeure intriguant : l’influenza qui a semé tant d’émoi il y a quelques mois s’est littéralement volatilisée, comme je l’écris dans ce papier paru ce matin. Il n’y a en ce moment aucun cas d’influenza au Québec (presque pas en Amérique du Nord), m’a dit l’épidémiologue de l’INSPQ Gaston De Serres, ni dans les hôpitaux, ni dans le screening que font routinièrement les autorités sanitaires. Zéro, comme dans none, comme dans nada. Et ce n’est pas seulement le sous-type A(H1N1) qui manque à l’appel, mais bien toutes les branches du virus (A autant que B et C).
C’était à prévoir, remarque Dr De Serres, car c’est exactement ce qui s’est produit après les deux pandémies grippales des années 50. Mais la rapidité avec laquelle le virus s’est transformé en courant d’air l’étonne, de même que la disparition simultanée de la souche B de l’influenza — laquelle, rappelons-le, n’est absolument pas affectée par le vaccin anti-A(H1N1). En fait, dit-il, la science est à court d’explication au sujet de cet intriguant phénomène…