Sciences dessus dessous

Archive, octobre 2009

Samedi 31 octobre 2009 | Mise en ligne à 12h00 | Commenter Commentaires (34)

Lecture : pot-pourri viral

Tant qu’à être dans les virus par-dessus la tête, autant s’y enfoncer pou vrai. Enfin, c’est ce que je me dis… Voici donc deux petits livres que j’ai lus cette semaine recelant une foule de renseignements intéressants sur les virus en général — puisque, à force d’entendre parler, nous n’avons plus rien à apprendre sur le A(H1N1), n’est-ce pas ?

Avec nous pour rester
durable.jpeg J’ai déjà dit ici tout le bien que je pense de la collection Petites pommes du Savoir, publiée chez Le Pommier, ces minuscules bouquins d’une soixantaine de pages qui permettent de se faire une tête sur une question en une ou deux heures de lecture attentive. La virologue française Astrid Vabret en a pondu l’un de ces fruits savoureux, l’an dernier, au titre particulièrement accrocheur par les temps qui courent : Hommes et virus, une relation durable ?

L’essentiel de son propos est de démontrer que, comme tous les pathogènes, les virus s’adaptent à leurs hôtes et vice-versa, parfois au point de former une sorte de «couple» mal assorti, mais presque inséparable. Pour tout dire, certains virus se sont même arrangés, en infectant nos cellules germinales (qui donnent les spermatozoïdes et les ovules), pour que nous reproduisions «gratuitement» leurs gènes de génération en génération : environ 10 % du génome humain est d’origine virale, souligne Mme Vabret. Plus étonnant encore, apprend-on dans son livre, les gènes qui commandent la formation du placenta font partie de ce 10 % — ce qui pourrait signifier que les mammifères doivent leur apparition à un ou des virus ! Nos relations avec ces morceaux de protéines et d’acides nucléiques sont décidément beaucoup plus intimes qu’il n’y paraît…

C’est cependant là toute l’information que donne l’ouvrage sur nos gènes viraux, ce qui est une grosse déception, à mon sens. S’il y a quelque chose de durable dans notre relation avec les virus, c’est bien cela, il me semble, mais l’auteure a préféré s’attarder davantage sur les virus eux-mêmes et sur l’adaptation hôte-virus. Peut-être la médecine n’en sait-elle pas encore assez sur ce sujet absolument fascinant pour que Mme Vabret s’y attardât davantage…

Ceci dit, ceux qui cherchent un rapide tour d’horizon sur la nature des virus trouveront certainement leur compte dans ces quelques dizaines de pages.

- Astrid Vabret, Hommes et virus, une relation durable ? Le Pommier, Paris, 2008.

Les Indiana Jones de la médecine
conquete.jpgDe nos jours, où des milliers d’espèces de virus ont été isolées et décrites, on peut aisément prendre leur identification pour une chose tout à fait banale. Et ça l’est sûrement, dans certains cas, mais cela ne doit pas nous faire oublier que les débuts de la virologie sont littéralement remplis d’histoires épiques, de médecins qui risquent leur vie en se rendant dans des fonds de brousse pour étudier des virus mortels, de chercheurs qui s’inoculent consciemment une maladie pour l’étudier (ou l’inoculent moins héroïquement à quelqu’un d’autre), et d’autres cas dignes d’Indiana Jones.

Dans À la conquête des virus, le virologue français Jean-François Saluzzo relate une douzaine de ces histoires tantôt donquichottesques, tantôt tragiques, tantôt haletantes. Ce n’est pas ici, notons-le, que l’on trouvera un exposé général sur les virus — du moins, pas de façon systématique. Mais ce n’est pas ce que l’auteur entendait faire, lui qui concentre son texte sur le processus qui a mené à la découverte de certains virus célèbres. De toute façon, chacune de ces histoires mérite pleinement d’être racontées : on ne s’imagine pas le nombre de scénarios de film ou de roman que l’histoire des sciences recèle.

Le lecteur trouvera sans doute dommage que l’influenza soit absent du recueil, puisqu’il s’agit d’un des plus courants à s’attaquer à l’humain. Les «amateurs» d’infections pulmonaires devront se «contenter» d’un chapitre sur le SRAS — qui n’est pas piqué des vers, d’ailleurs.
Ceux qui sont fatigués d’entendre parler de grippe dévoreront quant à eux les dix autres chapitres (presque) comme un roman policier…

– Jean-François Saluzzo, À la conquête des virus, Bélin/Pour la science, Paris, 2009.

Lire les commentaires (34)  |  Commenter cet article






Jeudi 29 octobre 2009 | Mise en ligne à 14h13 | Commenter Commentaires (67)

Mes bien-aimés patrons…

Juste un petit mot pour publiciser une belle initiative de mes bien-aimés et gentils patrons du Soleil… Puisque la grippe suscite pas mal de craintes — sans doute plus qu’elle ne le devrait, mais ne nous écartons pas —, et que le vaccin en suscite au moins autant — ce qui est beaucoup, beaucoup plus qu’il ne le devrait —, lesdits patronii formidabilis ont eu la bonne idée d’appliquer la formule de ma chronique du dimanche au virus. Et ce, en permanence s’il-vous-plaît.

Essentiellement, vous envoyez vos questions sur A(H1N1) à l’adresse grippe@lesoleil.com, créée spécialement pour l’occasion, et un journaliste du Soleil se chargera de vous trouver la réponse. Celle-ci, évidemment, sera ensuite publiée dans le journal.

Les réponses seront courtes et nous ne garantissons pas que nous répondrons à toutes les questions, ni que nous le ferons très rapidement puisque les experts sont parfois durs à joindre et qu’il leur arrive malheureusement d’avoir autre chose à faire que d’attendre l’appel d’un journaliste. Le monde est mal fait, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise…

Mais il n’empêche que l’idée, me semble, est vachement bonne et qu’il est toujours de bon aloi de souligner un bon flash, même quand icelui vient d’un cadre et que la convention collective échoit dans deux mois !! Ceci dit sans vouloir paraître téteux, flagorneur, et encore moins de flatter indûment mes petits boss adorés en chocolat… On s’entend là-dessus hein ?

Lire les commentaires (67)  |  Commenter cet article






Mercredi 28 octobre 2009 | Mise en ligne à 13h42 | Commenter Commentaires (5)

Décollage réussi pour Ares I-X

389936main_launch1_226.jpgLe premier test en vol de la fusée Ares I-X, remplaçante éventuelle des navettes spatiales, a été effectué avec succès ce matin par la NASA. L’engin de 100 mètres de haut a décollé du Kennedy Space Center, en Floride, à 11h30, et a accéléré jusqu’à Mach 4,76. Juste avant d’atteindre son apogée de 45 km d’altitude, l’«étage du bas» du propulseur s’est correctement détaché du reste et ses parachutes se sont déployés comme prévu.

La NASA pourra donc aller récupérer en mer (si ce n’est déjà fait) le morceau, qui était muni de pas moins de 700 senseurs. Le reste de la fusée, soit un «faux» étage supérieur du propulseur et une réplique du module Orion (où des astronautes prendraient place lors d’une vraie mission), ne sera pas récupéré.

Reste maintenant à abattre le travail de moine d’analyser toutes ces données…

Plus de détail ici en anglais et ici en français.

Notons que pas plus tard que la semaine dernière, le président d’un comité chargé de conseiller la Maison-Blanche sur les suites à donner au projet recommandait à la NASA d’abandonner Arès pour les vols en orbite bas au profit de fusées commerciales, de façon à se concentrer sur les missions plus lointaines.

Crédit photo : NASA TV.

Lire les commentaires (5)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    juillet 2011
    D L Ma Me J V S
    « juin   août »
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Archives

  • publicité