Sciences dessus dessous

Archive, août 2009

Mardi 25 août 2009 | Mise en ligne à 13h00 | Commenter Commentaires (7)

Dermatose passée date

fourchette.jpgJ’aurais bien aimé vous dire que j’ai mangé une dermatose des russules hier soir. Le nom est un brin dégoûtant. À l’œil, la chose n’a pas l’air particulièrement invitante. Et elle ne le devient pas plus quand on en apprend la nature — c’est-à-dire un champignon microscopique qui s’attaque à un autre champignon, la russule ou le lactaire, et lui donne une dermatose.

J’aurais bien aimé vous dire que j’en ai mangé une. D’après ce que j’ai lu, c’est un comestible tout à fait délicieux, mais aux yeux de ceux qui l’ignorent (et ils sont nombreux), j’aurais eu l’air d’un increvable homme de bois. D’un dur de dur. D’un vrai de vrai, qui trempe de l’écorce d’épinette dans son café (fort) pour déjeuner.

J’aurais bien aimé, et j’ai même trouvé des dermatoses des russules à Saint-Gabriel-de-Valcartier en fin de semaine, mais bon… C’était la première fois de ma vie que j’allais cueillir des champignons sauvages, et je manquais (manque toujours) un peu d’assurance.

Je vous avais dit, je crois, que je me mettrais à la mycologie cet été. Ben c’est fait. J’y suis allé samedi, derrière chez ma belle-sœur. Je vous avais dit aussi que je partagerais avec vous mes impressions culinaires, mais pour la dermatose, il va falloir attendre.
J’étais sûr d’avoir bien identifié le spécimen que j’ai cueilli (impossible de le confondre avec une autre espèce), mais même pour mon œil de débutant, la pauvre affaire n’avait pas l’air très en forme. En outre, j’avais promis à ma blonde de ne rien manger avant de montrer ma récolte à des des gens qui s’y connaissent, ce qui fut fait hier, à la soirée d’identification du Cercle des mycologues amateurs de Québec.

Diagnostic : ma dermatose était pour ainsi dire «passée date». Un des gentils experts présents à la soirée — les mycologues amateurs, allez savoir pourquoi, ont tous l’air d’être des monuments de bonté — m’a bien expliqué qu’une bonne dermatose des russules doit être impeccablement blanche à l’intérieur et bien ferme. La mienne n’était ni l’un ni l’autre. Je ne sais trop de quels symptômes ce bon monsieur m’a sauvé, mais je l’en remercie profusément.

(Ma blonde aussi, d’ailleurs, parce que personne ne veut se retrouver avec un chum malade et un petit qui ne fait pas encore ses nuits, mais ne digressons pas…)

Heureusement, il y avait aussi dans ce boisé une quantité industrielle de bolets. Je savais que le mois d’août et le début de septembre sont la saison haute des champignons, pour des raisons qui sont expliquées ici, mais j’ignorais qu’il pouvait y en avoir autant. Quand on marche dans le bois pour n’importe quelle autre raison que pour cueillir des champignons, leur abondance nous passe sous le nez sans qu’on s’en aperçoive.

Toujours est-il que j’ai cueilli plusieurs bolets à pied glabrescents. Mon Guide des champignons comestibles du Québec leur donne 1 fourchette sur une possibilité de 4 et les décrit comme plutôt fades. J’ai malheureusement coupé mon petit échantillon en tranches trop minces et les ai fait cuire un peu trop longtemps pour vous dire ce qu’il en est — le résultat, que l’on voit sur la photo ci-haut, goûtait plus l’huile d’olive qu’autre chose.

Mais l’essentiel est que je n’ai pas été malade et que j’ai adoré ma promenade dans les bois. Comme d’autres activités telles que la chasse, la cueillette de champignons vous fait regarder la forêt avec un autre œil. Cela amène à se documenter sérieusement sur la nature plutôt que de l’observer passivement. Et comme la chasse, c’est une véritable piqûre.

Bref, pour peu que l’on respecte les règles élémentaires de la prudence, c’est une bien belle activité à saveur scientifique (entre autres goûts). On s’en reparle…

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Jeudi 6 août 2009 | Mise en ligne à 16h03 | Commenter Commentaires (31)

Petite pause

Avec une semaine de retard à cause d’un pépin technique, ma chronique sur la question de savoir si l’exploitation minière peut causer des tremblements de terre paraîtra ce dimanche. Une conversation avait déjà été entamée à ce sujet ici.

J’en profite pour vous avertir que ma chronique Science au quotidien fera relâche pendant quelques semaines pour la simple et bonne raison que, après 34 ans de tergiversation, la Loi de la sélection naturelle a fini par choisir les gènes de votre blogueur préféré. Je pars donc de ce pas en congé de paternité.

AJOUT : ma chronique est ici

Je continuerai tout de même d’animer ce blogue, mais je risque d’être un peu moins assidu qu’avant, il va sans dire… ;-)

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Mardi 4 août 2009 | Mise en ligne à 13h43 | Commenter Commentaires (86)

Pas de chance pour Pluton

Trois ans après que Pluton ait été expulsée du «club des planètes», et alors que s’ouvre l’assemblée annuelle de l’Union astronomique internationale (UAI), des articles parus dans le New Scientist et dans Science et Avenir suggèrent que le statut de la «planète naine» soit toujours un sujet chaud parmi les astronomes. Mais que les partisans de la neuvième planète ne s’emballent pas trop vite : si Pluton sera assurément l’objet de quelques discussions de corridor, elle n’est pas à l’ordre du jour de la réunion, et les astronomes québécois que j’ai interviewés hier sont plutôt d’avis que le débat est clos — voir mon article ici.

Pas de chance pour Pluton, donc. De toutes façon, disent ces astronomes, les caractéristiques physiques de cette boule de glace en faisaient le «vilain petit canard» de la famille des «vraies planètes». Son orbite est en effet étrangement inclinée, et elle enfreint deux règles de la répartition de la matière dans le système solaire.

D’abord, plus un matériau est dense, plus il a tendance à se retrouver proche du Soleil, ce qui donne une gradation relativement claire dans la densité des planètes — Mercure, la plus proche, étant la plus dense, suivie de Vénus, du système Terre-Lune, etc. Or de ce point de vue, à environ 2000 kg par mètre cube, Pluton devrait théoriquement se trouver entre Mars et Jupiter, et non au fin fond de la banlieue neptunienne.

Ensuite, les planètes les plus lointaines ont tendance à être particulièrement lourdes (notons qu’on ne parle plus ici de densité, mais de la masse totale). La plus petite des quatre planètes joviennes — les quatre les plus loin —, Uranus, fait la bagatelle de 14 fois la masse de la Terre, mais de ce point de vue, Pluton ne fait absolument pas le poids : 0,002 fois la Planète bleue…

On en conclut donc que cette petite boule de glace se serait formée par des processus différents de ceux qui ont présidé à la formation des huit planètes du système solaire. Par conséquent, croit une majorité d’astronomes, la création d’une nouvelle catégorie, les «planètes naines», s’imposait.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Souhaitez-vous le retour en grâce de la neuvième planète — quitte à accueillir dans la «famille» 3 ou 4 objets supplémentaires, découverts récemment, qui se qualifieraient eux aussi comme des planètes ?

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