Sciences dessus dessous

Archive, mai 2009

Samedi 30 mai 2009 | Mise en ligne à 8h00 | Commenter Aucun commentaire

Lecture de la semaine : la moelle du crâne

En caricaturant un peu, on pourrait classer presque tous les livres d’histoire des sciences dans deux grandes catégories. D’une part, les ouvrages écrits par des historiens patentés, qui se concentrent sur les croyances (souvent fausses) du passé en laissant au lecteur le soin de distinguer la vérité de la superstition. D’autre part, les bouquins rédigés par des scientifiques, qui ont tendance à n’aborder que les théories qui se sont avérées vraies et ont directement contribué à nos connaissances actuelles. Ce biais, on s’en doute, laisse dans l’ombre des pans immenses de l’histoire des sciences qui, comme toutes les autres entreprises humaines, a connu son lot de tâtonnements et d’échec.

cerveauimage.jpgEntre les deux se trouve un fil de fer duquel beaucoup d’auteurs tombent quelque part entre leur intro et leur conclusion, mais de temps à autres, l’un d’eux parvient à faire l’heureuse jonction entre les deux mondes. Histoire du cerveau. De l’Antiquité aux neurosciences (PUL/Chronique sociale), du professeur d’anatomie et de neurosciences à l’Université Laval André Parent, est certainement du nombre.

Depuis les temps les plus lointains où l’on plaçait encore le siège de l’intelligence dans le cœur — c’était le cas les Égyptiens, par exemple, qui malgré des observations d’une étonnante lucidité sur les lésions cérébrales, appelaient le cerveau «moelle du crâne» — jusqu’aux découvertes des années 2000, M. Parent décrit minutieusement l’idée que divers savants se sont fait de notre cervelle au fil du temps.

Et je dois souligner ceci : il est vraiment, vraiment fascinant de voir à quel point certaines croyances ont la vie dure. Ne craignant pas d’explorer des recoins moins glorieux de l’histoire de sa discipline, M. Parent note par exemple que même un anatomiste de génie comme André Vésale (1514-1564) prêtait une certaine foi au concept d’esprits animaux logés dans le cerveau et circulant par les nerfs, malgré les nombreuses et rigoureuses dissections que ce père de la médecine moderne a effectuées au cours de sa carrière. De même, l’auteur ne passe pas sous silence les tentations plus ou moins occultes que certains neurologues de la fin du XIXe siècle ont pu avoir.

On s’en doute, cette histoire du cerveau passe par une histoire beaucoup plus générale de la médecine — au point, d’ailleurs, où l’auteur s’y égare un peu par endroit, ne revenant à son sujet qu’après des détours très allongés, si ce n’est trop. Mais comme le tout est écrit dans une langue fort accessible (malgré les coquilles trop nombreuses qu’ont laissées les deux maisons d’édition), beaucoup pourront prendre plaisir à parcourir ces longues «circonvolutions»…

André Parent. Histoire du cerveau. De l’Antiquité aux neurosciences. Presse de l’Université Laval / Chronique sociale. 2009. 308 p.

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Jeudi 28 mai 2009 | Mise en ligne à 18h01 | Commenter Un commentaire

Une astrofamille comme les autres

L’une des plus grandes frustrations du métier de journaliste est ce constant besoin de couper dans ses textes. Il fut un temps où je m’en plaignais, mais maintenant que j’ai un blogue…

Voici donc une citation de Julie Payette qui ne paraîtra pas dans Le Soleil de demain, par manque d’espace. J’avoue qu’il n’y a pas de quoi gagner un concours de journalisme, mais même si je ne suis pas très friand des tranches de vie, celle-là m’a accroché.

Mme Payette et les autres membres de l’équipage ont donné cet après-midi une conférence de presse à Houston, retransmise sur le site de l’Agence spatiale canadienne. À une journaliste qui lui demandait si ses deux enfants réalisent pleinement ce qu’elle s’apprête à accomplir, Mme Payette a répondu ceci :

«Ils vivent dans un monde d’astronautes, où tout le monde et son voisin est astronaute, alors ça ne les impressionne pas particulièrement. En fait, ils préfèrent les super héros et les joueurs de baseball, mais si vous leur demandez, ils vous diront «Ouais, maman ou papa s’en va dans l’espace». Mais je ne suis pas sûre qu’ils réalisent ce que cela signifie.

«En tout cas, ils semblent s’y faire facilement. Mon plus jeune va avoir 6 ans pendant que nous serons dans l’espace et pour lui, ce n’est pas la fin du monde. Il s’est dit : «Maman fait un voyage et on va attendre qu’elle revienne pour fêter mon anniversaire.» Puis, il y a repensé et a dit : «Non, non non, je vais avoir deux fêtes. Une quand maman sera partie, puis une quand elle reviendra.» Alors la vie continue…»

P.S. Pour ceux que cela intéresse, une porte-parole de l’Agence m’a dit cet après-midi que l’intégrale de la conférence de presse pourra être téléchargée sur http://www.asc-csa.gc.ca. À 18h, jeudi, il n’y avait toujours rien, mais cette porte-parole m’a averti que cela serait fait au plus tard vendredi.

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Jeudi 28 mai 2009 | Mise en ligne à 11h35 | Commenter Commentaires (2)

Une caricature vaut 1000 mots…

ah1n1-7ff66.jpgOn a plusieurs fois dit et répété, sur ce blogue, que les médias en avaient beurré un peu épais sur la grippe porcine, créant une crise là où il n’y en avait pas. Mais jusqu’à ce matin, personne n’avait mieux (ni plus drôlement) exprimé cette idée que le caricaturiste du journal Alternatives, Boris. Je reproduis sa dernière «œuvre» ici avec permission.

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