Sciences dessus dessous

Mardi 13 janvier 2015 | Mise en ligne à 9h41 | Commenter Commentaires (10)

Petite pause

Oui, je sais. Je pars souvent en congé de paternité. Quatre fois en cinq ans et quelque, on appelle ça de la «reproduction de performance». C’est comme ça, personne n’est parfait. Et oui, je sais aussi qu’on vient à peine de revenir du congé des Fêtes. Mais c’est ma petite dernière qui a choisi le moment de sa naissance, pas moi, et elle n’est pas parfaite elle non plus — bien qu’en ce qui me concerne, je ne lui vois pas la moindre imperfection, même en la regardant de proche…

Ce blogue fera donc une (autre) pause jusqu’au début de février. Si je vous garantis que ce sera la dernière de la sorte, me croirez-vous ?

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Jeudi 8 janvier 2015 | Mise en ligne à 10h21 | Commenter Commentaires (2)

Ebola : pas de nouvelle, bonne nouvelle (ou presque)

L'inhumation des victimes de la fièvre Ebola se fait, dans l'ensemble, de manière beaucoup plus sécuritaire qu'il y a quelques mois, bien que l'OMS n'a pas encore atteint son objectif de 100 % de sépultures sécuritaires. (Photo : archives La Presse)

L'inhumation des victimes de la fièvre Ebola se fait, dans l'ensemble, de manière beaucoup plus sécuritaire qu'il y a quelques mois, bien que l'OMS n'a pas encore atteint son objectif de 100 % de sépultures sécuritaires. (Photo : archives La Presse)

En règle générale, on peut savoir avec un bon degré de certitude qu’une crise est en train de se résorber quand les médias commencent à s’en désintéresser. Alors voilà : hier, l’Organisation mondiale de la santé a publié sa dernière mise à jour de la transmission d’Ebola en Afrique de l’Ouest et… Eh bien, personne n’en a parlé. Et c’est un peu dommage, parce que même si les statistiques ne sont pas aussi spectaculaires qu’à l’automne, cela reste de l’information importante et pertinente, que l’on devrait donner au complet, jusqu’au bout de la crise.

Alors par acquis de conscience, je vais le faire : dans l’ensemble, les nouvelles sont plutôt encourageantes. On n’est pas encore sorti de l’auberge, loin de là, mais la première ligne de soin sur le terrain est mieux équipée qu’avant — on a désormais assez de lits pour tous les malades, même s’ils ne sont pas toujours bien répartis géographiquement, chaque pays a ce qu’il faut pour enterrer ses morts de manière sécuritaire, le suivi des proches des malades s’est grandement amélioré, etc. —, si bien que le nombre de nouveaux cas confirmés redescend progressivement. Il y en a tout de même eu 1314 au total au cours des 21 derniers jours en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, ce qui n’est pas mince, mais cela reste un net progrès, comme le montrent les rapports précédents (je reproduis ici seulement les données aux 7 jours, il serait inutilement long de tout retranscrire) :

  • - 31 décembre : 1417 nouveaux cas
  • - 24 décembre : 1488
  • - 17 décembre : 1695
  • - 10 décembre : 3187
  • - 3 décembre : 2039
  • - 26 novembre : 1339

En fait, rapporte ici le New Scientist, dans certaines régions, les équipes médicales qui doivent tester les traitements/vaccins anti-Ebola peinent à trouver suffisamment de cas pour mener leurs essais cliniques. Mais bon, convenons que c’est un bon problème à avoir…

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Mardi 6 janvier 2015 | Mise en ligne à 13h47 | Commenter Commentaires (17)

Peut-on évoluer sans se reproduire ?

Au rayon des «beaux petits mystères de la science», celui-ci est franchement pas mal du tout… On sait en effet depuis à peine deux ou trois ans que les bactéries qui sont enfouies à des dizaines de mètres sous les planchers marins (eux-mêmes déjà profonds) sont vivantes — alors qu’on les considérait comme mortes auparavant. On sait aussi que les nutriments sont si rares, là-dessous, que cela force les microbes à ralentir leur métabolisme au point de paraître inerte à court terme (d’où la croyance ancienne qu’ils étaient morts) et de faire perdurer ces bactéries pendant des centaines de milliers d’années. Ce qui, a priori, exclut bien sûr toute possibilité de reproduction. Mais…

Mais voilà, des résultats de recherche présentés récemment à un congrès de l’Union américaine de géophysique viennent mettre une belle pagaille dans toutes ces certitudes. D’après ce compte-rendu du New Scientist, deux chercheurs des États-Unis, — Brandon Briggs, de l’Université de Miami, et Frederick Colwell, d’Oregon State — ont prélevé récemment des échantillons à 21, 40 et 554 mètres sous le plancher océanique (au large de la Thaïlande), et y ont observé des bactéries vivantes, appartenant surtout à une classe adaptée aux grandes profondeurs et qui montraient des mutations touchant des mécanismes qui consomment de l’énergie, comme la division cellulaire. Mais, oh surprise, leurs travaux ont montré que les bactéries les plus profondément enfouies avaient plus de variations génétiques que les autres.

Et c’est bien ce qui chicote les biologistes. Peut-être que ces mutations aident les bactéries à survivre à la grande rareté de nourriture de leur milieu. Peut-être que non. Mais dans tous les cas, cette diversité implique qu’elles ont évolué — et donc, qu’elles se seraient reproduites alors que la pauvreté du plancher devrait en principe l’interdire. Alors d’où viennent ces variations génétiques ?

Il est possible, suppute M. Briggs dans le NS, que ces bactéries soient les dernières survivantes de communautés qui vivaient il y a (selon la profondeur) entre 340 000 et 8,8 millions d’années, et qu’elles se sont simplement adonnées à avoir dès le départ les caractéristiques nécessaires pour survivre tout ce temps dans ces conditions. Ou alors que ces bactéries parviennent malgré tout à se diviser, ne serait-ce qu’une fois aux 1000 ou 10 000 ans, et qu’elles aient ainsi pu évoluer. On n’a toujours pas trouvé de preuve qu’elles peuvent le faire, mais en principe cela ne signifie pas pour autant qu’elles en sont incapables. Ou encore, mais on frise ici les histoires de yéti, qu’elles auraient trouvé le moyen d’évoluer sans se reproduire…

Quoi qu’il en soit, la seule idée que de bactéries vivent possiblement pendant des millions d’années dans un état plus ou moins suspendu montre à quel point la vie (bactérienne, du moins) est capable de contorsions totalement inouïes…

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