Le blogue santé

Archive de la catégorie ‘Général’

Mardi 19 août 2014 | Mise en ligne à 11h33 | Commenter Commentaires (24)

Suzanne n’a pas perdu son combat

Suzanne s’est éteinte en juillet, entourée des siens. Elle souffrait d’un cancer inflammatoire du sein depuis cinq ans. Ce type de cancer est foudroyant, «en quelques jours ou quelques semaines, il atteint la taille d’un cancer qui aurait mis 10 ans à se développer», expliquait-elle lors de nos premiers échanges en 2012. Le diagnostic est souvent posé au stade 3 ou 4, alors que le crabe s’est propagé. Le taux de survie à 5 ans ? Environ 40 %.

Suzanne n’a pas perdu son combat contre le cancer, elle ne s’est pas battue contre la maladie. Elle s’insurgeait d’ailleurs qu’on en parle ainsi. La mort comme une défaite, un échec ? Surtout pas !  «C’est très difficile d’aller contre la vague de la pensée positive pour la majorité d’entre nous, surtout que plusieurs de nos amies de forum  - il y en a au moins une aux deux semaines qui décède – vivaient sainement et “positivement” avant d’être foudroyées, nous avait-elle dit. Nous sommes toutes aux prises avec des proches (collègues de travail, famille, la coiffeuse, le boucher, etc.) qui nous martèlent d’être positives. »

Cette femme énergique a plutôt vécu sa vie avec la maladie, un jour à la fois, comme elle a pu, en mettant sur pied des groupes de soutien en ligne, en sensibilisant la population à ce cancer méconnu, en profitant aussi des petits bonheurs là où ils se trouvaient. Malgré la douleur. Malgré la colère et la tristesse qui sont venues et sont allées.

Ce matin, dans les pages Débats de La Presse + , Véronique Poulin, médecin et hémato-oncologue écrit : « On ne meurt pas du cancer par manque de combativité et il ne s’agit pas d’un échec personnel.»

«Malheureusement, ce sont surtout les facteurs tels que le stade de la maladie, le type de cancer et le bagage génétique d’un individu qui sont déterminants par rapport à l’évolution du cancer et son issue, souligne-t-elle. Le désir de « se battre » et la combativité ne sont pas suffisants pour faire pencher la balance. Une personne ne « perd » donc pas une bataille contre le cancer, elle en subit plutôt les conséquences dévastatrices.»

«Aussi, si cette combativité peut être favorable aux patients, il faut demeurer conscient de ses limites, mais surtout de son revers. Combien de fois ai-je été témoin du découragement de mes patients et de leur sentiment d’échec devant la progression de la maladie, et ce, malgré les nombreux traitements médicaux et une attitude combative ? Ou encore du comportement des proches d’un patient vis-à-vis sa décision de cesser les traitements qu’il juge trop souffrants en lui reprochant d’abandonner la bataille et de capituler ?… C’est pourquoi je pense que l’accent devrait plutôt être mis sur le courage des gens qui ont succombé au cancer et sur leur attitude vis-à-vis la maladie plutôt que sur l’échec d’un combat.»  C’est exactement ce que pensait Suzanne, qui n’a pas perdu son combat… bien au contraire.

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Vendredi 11 juillet 2014 | Mise en ligne à 16h05 | Commenter Aucun commentaire

Bonnes vacances !

Bonjour,

Veuillez prendre note que le blogue Santé fera relâche cet été et reprendra à la fin août. Je vous souhaite un très bel été.

Sophie

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Mercredi 11 juin 2014 | Mise en ligne à 15h27 | Commenter Commentaires (75)

L’été et le vacarme du voisin

Photo La Presse

Photo La Presse

SOPHIE ALLARD

Ça y est, l’été est de retour et, avec lui, la chaleur, le soleil, la piscine, l’apéro sur la terrasse, le BBQ et LE voisin. Reclus dans sa tanière tout l’hiver – si on est chanceux ! – le voilà qui reprend vie et, du coup, du service. Il bricole pour tout et pour rien, comme si sa vie en dépendait, et transforme le quartier, en apparence paisible, en un chantier de construction sans fin, en un parc industriel improvisé. Beaucoup, beaucoup de bruit pour rien.

«On sait (…) qu’entre voisins, les problèmes liés au bruit sont au premier rang des causes de conflit», indique-t-on sur le site du Regroupement québécois contre le bruit. Musique à tue-tête, aboiements incessants, tronçonneuse (oui,oui!), tondeuse à 6 h, fêtes qui s’éternisent… Ma collègue Lucie Lavigne a déjà écrit sur le sujet. Une fois de temps en temps, ça va. De façon répétitive jusqu’aux premiers froids ? Non.

Selon un sondage réalisé par Bruit et société, un site de référence sur le bruit au Québec (2005), 91 % des gens sondés prennent en considération le facteur bruit lors de l’achat d’une maison. On ne peut malheureusement tout prévoir…

Selon la Loi sur la qualité de l’environnement du Québec, le bruit est un contaminant. Selon l’OMS, il s’agit même «d’une menace pour la santé publique». Pourtant : pas de législation provinciale sur la question. Ce sont les villes qui règlementent pour « définir ce que constitue une nuisance et pour la supprimer, ainsi que pour imposer des amendes aux personnes qui créent ou laissent subsister des nuisances», indique-t-on sur le site Protégez-vous qui a consacré un excellent reportage au bruit en 2011.

Selon Protégez-vous, «plusieurs municipalités québécoises ont retenu les normes de 45 à 60 dB(A) (décibels A) le jour, et de 38 à 55 dB(A) la nuit en fonction du zonage. La Ville de Montréal limite le bruit mesuré à l’extérieur le jour à 60 dB(A); à Laval, c’est 55 dB(A)».

Un marteau-piqueur (à 10 m) : 100 dB(A)

Une tondeuse : 95 dB(A)

Rue bruyante : 80 dB(A)

Vent dans les feuilles : 20 dB(A)

Ceci dit, une fois que l’on sait que le bruit est excessif, comment peut-on régler le problème ? D’abord en abordant LE voisin et en lui faisant part du dérangement. Le hic ? Souvent LE voisin bruyant est aussi LE voisin détestable. Difficile alors de lui faire entendre raison. Alors, on lui envoie une première lettre en détaillant le bruit. Puis, une deuxième. Rien n’est fait ? On avise la police qui peut intervenir le cas échéant.

Un bruit, même si on l’entend au quotidien, peut entraîner des troubles de santé, dont une hausse de la tension artérielle et la sécrétion d’hormones de stress, des problèmes digestifs, une consommation accrue de médicaments, des troubles de santé mentale. La nuit, le bruit trouble le sommeil, parfois même sans que l’on s’en rende compte.

Quel bruit vous agresse le plus ? Avez-vous déjà vécu une expérience désagréable avec un voisin bruyant ?  Est-ce que cela a fini par se régler ?

Bon courage à tous ceux qui aspirent au calme et à la quiétude chez eux… Même en été !

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