Le blogue santé

Le blogue santé - Auteur
  • Sophie Allard

    À l’affût des dernières découvertes et tendances en matière de santé, Sophie Allard s’intéresse à tout ce qui permet de conserver un esprit sain dans un corps sain.
  • Lire la suite »

    Partage

    Mardi 19 août 2014 | Mise en ligne à 11h33 | Commenter Commentaires (27)

    Suzanne n’a pas perdu son combat

    Suzanne s’est éteinte en juillet, entourée des siens. Elle souffrait d’un cancer inflammatoire du sein depuis cinq ans. Ce type de cancer est foudroyant, «en quelques jours ou quelques semaines, il atteint la taille d’un cancer qui aurait mis 10 ans à se développer», expliquait-elle lors de nos premiers échanges en 2012. Le diagnostic est souvent posé au stade 3 ou 4, alors que le crabe s’est propagé. Le taux de survie à 5 ans ? Environ 40 %.

    Suzanne n’a pas perdu son combat contre le cancer, elle ne s’est pas battue contre la maladie. Elle s’insurgeait d’ailleurs qu’on en parle ainsi. La mort comme une défaite, un échec ? Surtout pas !  «C’est très difficile d’aller contre la vague de la pensée positive pour la majorité d’entre nous, surtout que plusieurs de nos amies de forum  - il y en a au moins une aux deux semaines qui décède – vivaient sainement et “positivement” avant d’être foudroyées, nous avait-elle dit. Nous sommes toutes aux prises avec des proches (collègues de travail, famille, la coiffeuse, le boucher, etc.) qui nous martèlent d’être positives. »

    Cette femme énergique a plutôt vécu sa vie avec la maladie, un jour à la fois, comme elle a pu, en mettant sur pied des groupes de soutien en ligne, en sensibilisant la population à ce cancer méconnu, en profitant aussi des petits bonheurs là où ils se trouvaient. Malgré la douleur. Malgré la colère et la tristesse qui sont venues et sont allées.

    Ce matin, dans les pages Débats de La Presse + , Véronique Poulin, médecin et hémato-oncologue écrit : « On ne meurt pas du cancer par manque de combativité et il ne s’agit pas d’un échec personnel.»

    «Malheureusement, ce sont surtout les facteurs tels que le stade de la maladie, le type de cancer et le bagage génétique d’un individu qui sont déterminants par rapport à l’évolution du cancer et son issue, souligne-t-elle. Le désir de « se battre » et la combativité ne sont pas suffisants pour faire pencher la balance. Une personne ne « perd » donc pas une bataille contre le cancer, elle en subit plutôt les conséquences dévastatrices.»

    «Aussi, si cette combativité peut être favorable aux patients, il faut demeurer conscient de ses limites, mais surtout de son revers. Combien de fois ai-je été témoin du découragement de mes patients et de leur sentiment d’échec devant la progression de la maladie, et ce, malgré les nombreux traitements médicaux et une attitude combative ? Ou encore du comportement des proches d’un patient vis-à-vis sa décision de cesser les traitements qu’il juge trop souffrants en lui reprochant d’abandonner la bataille et de capituler ?… C’est pourquoi je pense que l’accent devrait plutôt être mis sur le courage des gens qui ont succombé au cancer et sur leur attitude vis-à-vis la maladie plutôt que sur l’échec d’un combat.»  C’est exactement ce que pensait Suzanne, qui n’a pas perdu son combat… bien au contraire.


    • Excellent point de vue. Le refus des traitements est encore un sujet sensible, qui a une connotation négative pour beaucoup de gens. C’est dommage. C’est une décision tellement personnelle que je vois mal, à part la famille immédiate, comment on peut en juger. Mes sympathie aux proches de cette femme si courageuse.

    • Mes bonnes pensées vont à Suzanne , ses proches ainsi qu`à tous ceux et celles qui vivent avec ce fleau au quotidien.

      Rien de plus difficile dans la vie que de parvenir à lacher prise. Pourtant plusieurs ne parviennent même pas à le faire sans être malades. Plusieurs voient là un renoncement ou un abandon alors qu il en est tout autre. Le lacher prise c est accepter sereinement et positivement et ca se fait généralement au bout d un cheminement qui nous permet doucement de passer à autre chose.
      Je crois aussi que les Suzanne de ce monde sont tres courageux et lucides au point de ne pas être aussi compliqués que nous le sommes habituellement devant un horizon rempli d inconnu.

    • En effet, Suzanne n’a pas perdu son combat. Elle n’a pas été chanceuse, voilà tout. J’ai eu un cancer il y a plus de 10 ans. J’ai passé au travers et je me compte chanceuse. Je pense que ça n’a rien à voir avec la volonté, la pensée positive, les prières, etc. On s’en sort ou on ne s’en sort pas. Par contre, il y a des cancers qui sont difficiles à guérir, on en convient.
      Il n’y a rien qui m’énervait plus que d’entendre : “Je t’envoie plein d’ondes positives”. J’avais toujours envie de demander aux gens: Vous faites ça comment, envoyer des ondes positives? Les gens ne savent pas quoi dire à quelqu’un atteint du cancer alors ils disent cette phrase vide de sens.
      Moi je dis aux gens: Occupez-vous de la personne malade, apportez-lui des petits plats, cessez de lui parler constamment de maladie, serrez-la dans vos bras si vous croyez que ça lui fait du bien. Pleurez avec elle si elle pleure puis changez-lui les idées par une belle sortie au resto ou à un spectacle….
      Même si vous lui dites: ça va bien aller, ou je suis certain/e que tu vas t’en sortir ou je t’envoie plein d’ondes positives…ce sont de bien belles paroles mais la guérison ne dépend pas de vos bons souhaits malheureusement. Et si la personne malade n’a pas le goût de se battre (autres mots que je déteste), respectez son choix.

    • J’ai une soeur, décédée du cancer, qui a refusé les traitements.
      Elle avait peu de chance d’après les supers docs. Trop avancés…
      Elle a dit : Pourquoi faire suer le monde avec ma fin de vie de toute façon inévitable.

      Elle a eu raison.

    • @soleil1018

      Je suis tout-à-fait d’accord avec vous. Ma mère est décédée suite à une leucémie, et ce n’est pas par manque de “combativité”. Elle voulait guérir, mais même après la greffe de moelle osseuse, ça n’a pas fonctionné. Sa moelle était trop rare, manque de compatibilité avec les donneurs, trop de médicaments antirejet, arrêt cardiaque. Manque de chance.

      Des phrases creuses et vides de sens, j’en ai entendu plein au salon funéraire et à l’église. Du vent. Moi, ça ne m’a pas aidée. Ma mère non plus. Tout ce que je voulais, c’était du silence, un regard éloquent et qu’on me serre dans une paire de bras. Ma mère, elle, ce

    • Suite

      ce qu’elle voulait, c’était qu’on arrête de lui dire de rester positive et de continuer de se battre. Elle voulait aussi du silence et des câlins. Des petits plats, de l’aide pour l’entretien de sa maison et pour s’occuper de ma petite soeur de 7 ans.

      Au final, les ondes positives n’ont rien donné…

    • Moi, ce qui m’énerve, c’est lorsque j’entends quelqu’un dire qu’elle a vaincu le cancer… Cela me semble être de l’ingratitude vis à vis la médecine et la progression qu’elle a effectuée ces dernières décennies.

    • J’en ai ras le ponpon des gourous de la pensée positive. Qui vont parfois jusqu’à dire qu’on crée son propre cancer quand on a pas la pensée positive. Bien sûr qu’il faut être positif donc avoir le moral, quand on est en processus curatif. Mais s ce n’est pas ce qui fait la différence quand la maladie est bien implantée. Au plus elle nous aide à supporter les traitements et facilite le passage. Cela prend beaucoup de courage sinon davantage d’accepter la mort quand elle est inévitable et de la regarder en face. Les gourous de la pensée positive en arrivent à culpabiliser la personne malade: non seulement l’est-elle mais qui plus est elle en est responsable de sa malade: c’est un comble. La vraie responsabilité c’est d’accepter l’inévitable et de ne pas s’imposer plus de souffrance et ne pas l’imposer aux autres qui paniquent à l’idée de nous perdre ou à l’idée que ca pourrait leur arriver. Je suis gourou du courage et de la lucidité et j’admire ceux et celles qui ont la force de résister à leurs angoisses et de faire leur propre choix.

    • Suzanne était mon amie et elle a fait de son cancer l’occasion de tendre la main aux femmes qui comme moi se ramassent dans une solitude immense à la tombée du diagnostic d’un cancer stade 3 ou 4, cancer incurable que la médecine ne peux que stabiliser et jamais mettre en rémission. Elle a créé un groupe de soutien sur Facebook, les Si-Fortes qui est devenu international dès le tout début car seul groupe parlant français. C’est devenu un lieu de support mais aussi d’information, de conseils, de camaraderie et aussi un lieu où on peux parler de ce qu’est la vie avec un cancer chronique, incurable qui nous vole cette insouciance d’avant face à la vie.

      Suzanne a terminé sa vie de façon magistrale où il n’y a pas de gagnant ou de perdant car elle l’a terminé en s’assurant que son oeuvre, le groupe Si-Fortes continue après elle et en tendant la main aussi aux jeunes dont un parent est touché par le cancer. Jusqu’à la toute fin elle pensait aux femmes de notre groupe en accueuillant avec bonheur des nouvelles de celles-ci.

    • Suite- Suzanne a mis l’accent sur l’être humain car au-delà du “cancéreux” il y a une femme ou un homme qui a vu sa vie chambardée par l’arrivée du cancer dans sa vie et qui pour les stades avancés de pourra jamais s’en débarrasser mais qui malgré tout doivent continuer leur vie pour un temps indéterminé. Les personnes avec un cancers avancés peuvent survivre des dizaines d’années mais dans quelles conditions? Pour ces gens, une survie de vingt ans veut dire vingt ans entrecoupés de multiples récidives, traitements, essais cliniques, hospitalisations mais aussi de périodes où ils peuvent retourner au travail, voyager, vivre une vie normale auprès de leurs proches.

      Pour être moi-même une stade 4 je peux témoigner de la difficulté de vivre avec un cancer qui ne s’en ira pas et qui a transformé ma vie à jamais. Suzanne avec son empathie et sa compassion immense m’a permis de transformer mon parcours solitaire en parcours de groupe où il y a de la joie, des rires, du support quand le moral baisse suite à une une nouvelle progression de mon cancer mais aussi des célébrations quand j’observe un recul du vilain crabe. Avec ma famille Si-Fortes je sais que quand on me dit: “Je te comprends”, cela vient de quelqu’un l’ayant vécu dans sa chair. Cette famille qu’a créé Suzanne donne aussi du répit à nos familles qui s’essoufflent de nous voir vivre à temps plein avec cette maladie.

      Oui, Suzanne n’a pas perdu son combat. Elle reste vivante pour les quelques cent femmes qui sont si fières de s’appeler “une Si-Fortes”. Je suis l’une d’elle et je suis immensément fière de continuer le travail d’Amour qu’avait commencé Suzanne.

    • @walt68
      Vous avez un bien drôle de point de vue.
      Tant que vous avez une hypothèque, parlez-vous de “votre” maison ou bien vous dites “la maison que j’habite en copropriété avec la banque” ?
      Faut-il toujours mentionner tout le monde qui a aidé à “vaincre” le cancer ?
      Le joueur de hockey qui scoré le but gagnant en finale de la Coupe Stanley doit-il dire que ses coéquipiers, son coach, son coach junior, midget, bantam …. Timbits … a scoré le but ?

      Ca me semble sous-entendu que la personne ne l’a pas fait tout seul.

    • Simplement merci pour ces beaux témoignages.

    • @gl000001,

      Et que dites-vous lorsqu’un croyant fervent attribue sa guérison aux prières qu’il a adressées à Dieu ?… alors que ce sont les traitements qu’ils l’ont véritablement guéri…

    • @walt68
      Pas la même chose du tout. Si votre premier commentaire faisait référence à ça, il fallait l’écrire.
      C’est aussi pire que les Born Again Christian dans les sports qui remercient Dieu pour l’avoir aidé à scorer un but, un touché ou frappé un coup de circuit.

    • C’est tellement cliché de dire de quelqu’un qui a le cancer et en meurt qu’il a perdu son combat.

      Et les journalistes utilisent souvent cette phrase. Vous perpétuez ce cliché.

      Tout ceux qui ont le cancer font de leur mieux pour se guérir.

      Mais quand ils meurent c’est comme si ils n’ont pas été assez fort. Qu’ils ont abandonnés.

      C’est insultant. C’est inexact.

    • @spasipire
      Vous aussi, comme Walt68, avez un bien drôle de point de vue. C’est évident que si ils sont morts du cancer, c’est parce que le cancer était plus fort qu’eux (et les médecins). Ca ne veut pas nécessairement dire qu’ils ont abandonnés. Quoique lorsqu’on voit la fin arriver, qu’est-ce qu’on peut faire de plus ?
      Ca fait cliché de le dire comme ça, mais il faut arrêter d’extrapoler sur la signification de ces clichés.

    • Salut tout le monde , je trouve vraiment dommage que nos gouvernements ( par la pression du lobby pharmaceutique ) n’applique pas la méthode Gernez ( génie de la médecine des 100 dernières années) peu couteuse ( 40 dollars en moyenne ) et extrêmement efficace .
      https://www.youtube.com/watch?v=xfgi0lXeKVA

      Ou encore simplement les hautes doses de vitamines C , comme l’explique ici ce médecin américain https://www.youtube.com/watch?v=9m7J8pNLR6A

      Tout cela est hautement sérieux et très efficace , mais on préfère enrichir les compagnies pharmaceutiques https://www.youtube.com/watch?v=PmnSApLU-Jw

    • Que répondre ? J’ai plusieurs proches décédés dont certains du cancer. Ce que je pourrais vous dire c’est que chaque patient vit avec sa maladie selon sa conception de la vie à lui et pour les personnes connues je peux aussi vous dire que leur façon de mourir ressemble aussi à leur façon de vivre.

      Je pourrais en donner des exemples mais je vais laisser faire. Vous avez eu la maladie ou vous avez eu des proches qui en sont morts ? Parfait vous pouvez croire ce que vous voulez mais d’autres peuvent aussi penser le contraire de vous.

      Que la personne atteinte d’un cancer vive cela à sa manière et c’est la même chose pour d’autres maladies.

      Mon père est décédé quand j’étais jeune et avait le cancer…

      Ce n’est pas aussi juste une question d’attitude, une personne plus forte physiquement et psychologiquement a plus de chance de s’en sortir je ne peux m’empêcher de le penser. Je ne juge pas ceux que j’ai pas connu. Chacun son histoire. Les traitments sont aussi très durs e tpas juste contre le cancer mais ceux contre le cancer je peux pas m’empêcher de penser que c’était trop difficile pour un proche.

      Pour un autre mort aux soins intensifs et luttant comme un diable dans l’eau bénite ? Il était aussi comme cela dans la vie. Mais son épouse elle quand est venue son tour a préféré ne pas se rendre recevoir des soins supplémentaires de peur de souffrir autant et pour rien.

      Combat ou pas ou contre la maladie ou encore contre les sangsues ou charlatans qu peuvent vous proposer des cures miracles ou encore ceux qui veulent vous imposer leurs choix à votre place bien… On vit pareil selon sa conception de la vie. Quelqu’un peut vous proposer de prendre du pot aussi mais cela peut être contre les valeurs de la personne.

      Bien non je considère pas une personne qui refuse les traitements comme quelqu’un qui abandonne mais quelqu’un qui fait un choix.

    • gl000001

      25 août 2014
      07h18

      @spasipire

      Ca fait cliché de le dire comme ça, mais il faut arrêter d’extrapoler sur la signification de ces clichés.
      ———————

      merci du conseil. Vous venez probablement de me sauvé la vie. Du moins l’améliorer.

      En effet j’ai trop extrapolé dans la vie jusqu’à présent.

      Il est temps que cela cesse. J’arrête maintenant. (sur ce blogue)

    • @lecteur_curieux

      Vous avez 100% raison.
      J’ai moi aussi plusieurs personnes proches de moi qui souffrent, ont souffert d’un cancer ou sont déjà décédées. Aucun ne l’a vécu de la même manière. Est-ce qu’il y a eu une bonne et une mauvaise manière? Non.

    • @spasipire
      Je suis bien content pour vous. N’oubliez pas de donner au suivant.

    • L’être humain a tellement un gros égo que celui qui guérit d’un cancer grâce à la science va toujours faire croire que c’est grâce à lui. Alors qu’il n’a rien à voir là-dedans ni même de loin.

    • @pigeon.timide

      Vous êtes trop dans le positivisme et vous sous estimez la puissance de notre corps. Le corps peut tout guérir mais il faut l’aider.Bien sur que la science nous aide à mieux le comprendre , mais parfois, il faut revenir aux bases. La nourritures PHYSIOLOGIQUE est ce qu’il y a de mieux pour se guérir http://vivrecru.org/des-temoignages/#.VANOPdlcDKQ .

      Le jeune , les jus de légumes et de fruits par extracteur , ont sauvés bien plus de vie que vous pouvez l’imaginer ,mais à vous de faire vos recherches et si c’est trop dur à croire, commencer par le dernier lien de mon dernier commentaire qui est pas mal soft pour un néophyte .

      Cordialement

    • @pigeon.timide
      ” va toujours faire croire que c’est grâce à lui.”
      Généralisation facile et complètement fausse.

    • Les gens qui croient au pouvoir de s’auto-guérir sont les mêmes qui croient au réchauffement climatique. Ce sont les mêmes hallucinés. Ils vont au plus facile sans poser de questions.

    • @ respectable

      “Les gens qui croient au pouvoir de s’auto-guérir sont les mêmes qui croient au réchauffement climatique.”

      Aussi absurde que si je disais “les trolls qui sévissent sur cyberpresse sont les mêmes qui votent pour Harper”.
      Cela dit, le réchauffement climatique est prouvé et défendu par la très grande majorité des scientifiques que tu vénères tant.

    • Battre son cancer;
      Reussir son accouchement;

      Deux expressions du bon peuple qui sonne un peu bizarre.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    mars 2014
    D L Ma Me J V S
    « fév   avr »
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    3031  
  • Archives

  • publicité