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  • Sophie Allard

    À l’affût des dernières découvertes et tendances en matière de santé, Sophie Allard s’intéresse à tout ce qui permet de conserver un esprit sain dans un corps sain.
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    Mardi 7 janvier 2014 | Mise en ligne à 11h55 | Commenter Commentaires (8)

    La détox de janvier : attention !

    Illustration Veronica Perez-Tejeda, La Presse

    Illustration Veronica Perez-Tejeda, La Presse

    SOPHIE ALLARD

    Votre estomac – et votre pèse-personne ! – porte-t-il les séquelles des abus du temps des Fêtes ? Janvier est une période propice pour une «détoxification», clame-t-on dans de nombreux médias. On nous prodigue mille et un conseils pour nettoyer notre corps et chasser les toxines… Avec quelle efficacité, quels risques ? Nous profitons de l’occasion pour vous proposer en rappel (et en bref) un article que nous avons publié dans La Presse en 2013.

    Proposées dans les spas, les studios de yoga, les cabinets de naturopathes et sur le web, les cures de détoxification ont la cote. Pendant quelques jours ou quelques semaines, on fait des coupes là où ça fait mal: alcool, caféine, aliments transformés, viande, sucre, gluten, produits laitiers. On se nourrit essentiellement de fruits, de légumes et de pousses diverses qu’on mange crus, souvent en jus. On ajoute à cela des suppléments (pour pallier les carences alimentaires) et des herbes aux vertus laxatives. Il est suggéré de pratiquer des activités physiques parce que, dit-on, la transpiration complète le processus de détoxification.

    «L’accumulation de toxines se fait surtout l’hiver. Le printemps est donc le moment privilégié pour retrouver notre légèreté et notre vitalité. On fait la vidange d’huile sur notre automobile, on fait le ménage du printemps dans notre maison, pourquoi ne s’occuperait-on pas de nettoyer notre corps, qui nous suivra toute notre vie?», soulève Karine Ricard. Coordonnatrice marketing au spa Balnéa, à Bromont, elle est aussi coordonnatrice de la cure de détoxification proposée par l’établissement.

    Directrice du studio de yoga Ashtanga Montréal, Allison Ulan propose une cure ayurvédique printanière, avec une monodiète à base de haricot mungo. «Le corps se détoxifie chaque jour naturellement, mais certains signes peuvent montrer que le corps ne fonctionne pas bien et qu’il a besoin d’aide pour être détoxifié: acné, allergies, insomnie, maux de tête, anxiété, dépression, douleurs et tensions musculaires. En fin d’hiver, beaucoup plus de gens meurent. Le sang est figé et, au changement de saison, il a besoin d’être éclairci et d’être rééquilibré. Les organes ont aussi besoin de repos.»

    Après les excès des Fêtes et une baisse d’énergie inhabituelle, Justine Laberge a décidé d’entreprendre une cure de détoxification de trois semaines. «J’avais envie d’un temps d’arrêt, d’une pause pour penser à moi. C’était aussi un défi personnel de santé globale que je souhaitais relever.» Elle s’est soumise à une diète restrictive à base d’aliments crus. Elle a fait beaucoup de yoga. Une première expérience difficile, mais enrichissante, confie la chanteuse d’Alfa Rococo, qui n’hésiterait pas à recommencer.

    «Après trois jours, je manquais d’énergie, j’avais des maux de tête, j’ai failli tout lâcher. Après une semaine, toutefois, j’étais une bombe d’énergie! Cette diète m’a incitée à faire preuve de créativité culinaire, à sortir des banales salades. Manger cru lors de grands froids et éliminer l’alcool a été difficile, mais je me suis gâtée, j’ai fait beaucoup de desserts. Je n’ai jamais triché.»

    Or, la pratique est risquée, clament les experts, et tout aussi inutile. Mais elle peut être un point de départ pour l’adoption de nouvelles habitudes.

    Des croyances de longue date

    Le principe de détoxification corporelle, en lui-même, n’a rien de nouveau. Dans l’Égypte ancienne, on croyait que les maladies prenaient naissance dans le tube digestif en raison de la fermentation d’excréments. Dans la Grèce antique, Hippocrate parlait d’auto-intoxication et prescrivait l’élimination des humeurs (liquides humains) impures par le jeûne ou par des lavements, encore préconisés dans la médecine au XIXe siècle. Un éventail de symptômes, de la fatigue à l’épilepsie, étaient expliqués par l’empoisonnement interne.

    «Il y a toujours eu cette idée que l’on devait purifier son corps, qu’il y avait une fonction excrémentielle à vivre, indique Jean-Pierre Lemasson, sociologue de l’alimentation et professeur invité au département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM. Les propositions de régimes, parfois farfelues, ont changé avec les époques.»

    La nouveauté? «Les cures contemporaines sont associées à de solides stratégies de marketing. Elles sont proposées dans un cadre urbain et dans un temps court à des femmes jeunes et professionnelles», souligne-t-il. Alors que l’on se préoccupe de la prolifération des substances chimiques dans notre environnement (des pesticides aux phtalates) et de leurs effets néfastes sur les humains, les cures de détox tombent à point. Et dans un quotidien tourbillonnant, c’est aussi un temps d’arrêt pour se recentrer et penser à soi.

    Jean-Pierre Lemasson y voit aussi une volonté de se réapproprier son corps. «Nous vivons de plus en plus dans des espaces virtuels, devant nos ordinateurs, nos téléphones. C’est comme si l’essentiel de nos fonctions sociales était devenu décorporalisé et que, pour compenser cette perte du corps et cette hyperencéphalisation du travail, nous avions besoin de sensations fortes. On est dans un univers de sensualité au sens large, univers qu’on traverse comme des montagnes russes, avec des excès et des privations bien enrubannés. On est ballottés de l’un à l’autre, mais le corps n’en demande pas tant.»


    • Le plus ironique, après les abus caloriques et financiers du Temps des fêtes? En janvier et février, les légumes verts sont hors de prix, en particulier les laitues et le brocoli! Les supermarchés font des affaires en or. Pour ma part, l’hiver est synonyme de légumes-racine, toujours abordables et “traditionnels”.

    • Ça me dépasse toujours que ça “pogne” autant, ce genre de marketing pour la détox. Il me semble que si on mange de façon équilibrée, notre corps est l’outil parfait pour s’auto-nettoyer. GiGo (garbage in, garbage out): peut-être que les gens qui mangent trop d’aliments transformés et tripotés ont plus besoin de détox, mais autrement, notre machine est extraordinaire et fera son travail. Pour les excès, un peu plus de marche ou autre sport devrait suffire.

    • C’est une drôle de manie que de vouloir expurger ou expier ses excès par de grand sacrifices …on serait presque tenté de faire un rapprochement comportemental car c’est très judéo chrétien que de s’autoflageller pour se punir d’avoir abuser …( tout ce qui était agréable était péché ) .

      On confesse ses «fautes» et on expie ses pécher par la punition, la sueur , l’abstinence et le jeune en offrant son sacrifice pour le bien de son âme ou son esprit… Surtout quand le gourou du groupe à souffert jusqu’au marthyr après un bon repas trop arrosé avec ses disciples ….

      Il serait intéressant de se demander si d’autres cultures ont le même type comportement , ( exception de celles influencé par l’industrie culturelle nord américaine elle même très judéo chrétienne) .

      Bon pour les pays pauvres difficile de jeuner si on ne mange déjà pas à sa faim , et pour le Boudhisme même si on prescrit le jeune et l’abstinence le Boudha était pourtant assez gras et probablement plein de toxines … Les musulmans ont bien le ramadan mais après le coucher du soleil, torturés par la faim et la privation et obsédé toute la journée par leur sacrifice ils se vengent en se gavant encore plus après le coucher du soleil ( donc en cachette!) que si ils avaient pris trois repas normaux …

      Quand il faut payer pour les excès…. la morale est sauf dans bien des cultures si on comprend bien ….

      Surtout que comme le rappelait avec justesse gl000001 dans un blogue précédent ce n’est pas ce qu’on absorbe entre Noel et le jour de l’an qui pose problèm…e mais les abus entre le jour de l’an et Noel qui sont en cause…

    • Les fameuses “toxines” !!
      Que quelqu’un me définisse ce que c’est et qu’un autre m’explique pourquoi les scientifiques ne sont pas capable de nous en débarrasser.
      Mais les marketeux, eux, évitent de les définir mais savent comment nous en débarrasser !!
      C’est fort pareil le marketing. Si on brasse les lettres, ça donne “Mart e king”. Le marché est roi . Ben le roi est nu !!

    • Perso je crois aux détox genre “juice fast”, et pas à cause du marketing, mais parce que ca m’a carrément sauvé la vie. Avant je mangais beaucoup de junk food, beaucoup de cochonneries. Puis un jours j’ai commecé à souffir d’arthrite rhumatoide sévère. Je ne pouvais plus travailler, je ne pouvais plus marcher, j’avais 26 ans. J’ai pris des bonnes doses de predsisone pendant plusieurs années, mon rhumato voulais me mettre sur un médicament plus fort, je ne voulais pas. J’ai entrepis de suivre le régime hypotoxique seignalet, ca fonctionné en partie, mais pas assez pour que je puisses arrêter mes médicaments. Quand on est au bout du rouleau et qu’on a mal, on devient prêt à tout. J’ai donc fait un jeune de jus frais de 2 semaines. Bien sûr après 3 jours de jeune, je voulais mourrir. C’était vraiment intense; maux de têtes, fatigue, irritabilité, mais je savais à quoi m’attendre. La 5e journée je ne m’étais jamais sentie si bien et pleinne d’énergie, après 7 jours j’ai laché la predsnisone et je n’en prend plus depuis. J’ai par la suite réintroduit les aliments un à la fois (et je parle ici de nourriture naturelle, pas de “processed food”). Le jeune de jus a vraiment réinitialisé mon corps. Je suis revenue à mon alimentation hypotoxique d’avant mon jeune, et les symptome ne sont jamais revenu. j’ai maintenant 31 ans. Donc dans mon cas, je jeune de détox à faite sa job. Par contre je suis d’accord que c’est une big buck business et que beaucoup de gens se font avoir avec pleins de produit dit miracles…

    • En toute logique pour un Noel éco responsable…. on devrait également après le génocide annuel des Sapins, demander a un groupe ecolo responsable d’organiser une plantation réparatrice compensatoire pour rééquilibrer le dommage fait à la planête ….avant qu’elle ne «s’intoxique» de nos mauvaises habitudes et surtout pour se déculpabiliser !!….

    • Moi je pense que le blogue de M. Lavoie a besoin d’une petite cure de désintoxication.

    • @mononke
      J’ai lu vite et j’ai vu “sapiens”. Pas “sapins”. Hihihi.

      Ca me fait penser au défunt magazine humoristique Croc. Il ne demandait pas de planter un arbre mais plutot de planter un pollueur.

      @JeuneFille
      Je seconde. On leur sert le traditionnel muffin aux Ex-Lax.

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