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  • Sophie Allard

    À l’affût des dernières découvertes et tendances en matière de santé, Sophie Allard s’intéresse à tout ce qui permet de conserver un esprit sain dans un corps sain.
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    Mardi 2 avril 2013 | Mise en ligne à 8h39 | Commenter Commentaires (4)

    75 heures sans parler, ni manger, ni bouger normalement

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    Afin de mieux comprendre le quotidien de leurs petits clients, quatre intervenantes du Centre de réadaptation Marie-Enfant du CHU Sainte-Justine ont décidé de relever le défi de prendre leur place durant 75 heures (dans leur vie personnelle et en excluant les heures de sommeil). Chaque thérapeute a été jumelée avec un jeune atteint d’un handicap pour bénéficier de leurs conseils lors de difficultés. Leur objectif ?  Saluer le courage des jeunes et de leur famille, grandir en tant que thérapeute, sensibiliser la population à la cause des personnes présentant une déficience motrice et du langage et amasser des fonds au profit de la Fondation Mélio. Une façon aussi de souligner le 75e anniversaire du centre. Un beau projet que vous pouvez depuis peu visionner ici.

    75 heures sans manger normalement

    Chantal Dupuis, ergothérapeute :

    «Le tube pour le gavage nasogastrique est intrusif, je m’y attendais, mais que l’inconfort perdure, ça a été un choc pour moi. Rapidement, mon humeur a été affectée et ce, dès la première journée. J’étais plus déprimée, j’avais tendance à me retirer lors des repas. J’ai réalisé que les publicités de nourriture sont omniprésentes. Le plaisir passe beaucoup par la bouche. Avec cette expérience, j’ai réalisé l’importance, pour mes jeunes, de compenser et de trouver du plaisir ailleurs. Je serai plus à l’écoute.»

    75 heures sans utiliser le côté droit

    Andréanne Demers-Laberge, ergothérapeute:

    J’ai dû ralentir mon rythme de vie, j’aime bouger. Chaque tâche de ma vie quotidienne me demandait 4 fois plus de temps. La première journée, j’ai eu de la difficulté à demander de l’aide, mais après j’ai accepté. Mon conjoint m’aidait à attacher mes cheveux, fermer une fermeture éclair, à trancher mon pain. J’ai vécu de la frustration surtout dans les endroits publics où je me suis fait moins aider que je l’aurais cru. J’ai réalisé que, nos jeunes, à la fin d’une journée n’ont plus d’énergie. Cette expérience va teinter mon approche. »

    75 heures sans marcher, ni bouger les jambes

    Nathalie Trudelle, chef de programme :

    «Ce qui m’impressionne des jeunes, c’est leur capacité de donner le meilleur d’eux-mêmes. J’ai décidé de relever le défi de ne pas marcher, ni utiliser mes jambes pendant 75 heures. À force de rouler, j’ai développé de la corne sur les doigts. Les tâches du quotidien étaient difficiles, comme aller à la toilette ou prendre un bain. Ça m’épuisait. En fauteuil, je me suis retrouvée au niveau du nombril de tout le monde. Je n’avais plus le même regard, plus la même approche. J’avais l’impression que les gens ne voyaient que le fauteuil, pas moi, mais uniquement le fauteuil. Je me sentais fatiguée, émotive et dépendante.»

    75 heures sans parler

    Julie Guilbault, orthophoniste :

    «Avoir un problème de communication peut être très frustrant, c’est difficile d’aller de l’avant, vers les autres, quand on sent que notre parole n’est pas parfaite ou que le message ne passe pas comme on voudrait. En utilisant un appareil à sortie vocale au lieu de ma voix, j’ai eu de la difficulté à faire transparaître ma personnalité. J’étais parfois en retard lors d’une conversation de groupe, alors j’effaçais ce que je comptais dire. J’ai vu ça comme une pensée qui s’envolait, une partie de moi qui ne serait jamais dite. Avec mes enfants, la communication a été facile, mais j’ai eu de la difficulté à communiquer mon enthousiasme devant un beau dessin, un beau bulletin, j’avais besoin de les toucher davantage pour compenser la froideur du message.»


    • Quelle belle idée! Et félicitations aux proches d’embarquer dans le jeu. Ça n’a pas du être facile pour eux non plus.

    • Génial! C’est comme ça que se créent la compassion et l’empathie. Voilà le genre de défi que tous les Québécois devraient se lancer collectivement ne serait-ce que pour une journée. Après, on verrait les handicapés avec un oeil neuf et en boni, cela nous en apprendrait beaucoup sur nous mêmes.
      Bien sûr, il serait ardu de trouver un endroit pour y être gavé mais pour tout le reste, c’est jouable. Comme variantes possibles, on peut se trouver une chaise roulante et agir en paraplégique ou une simple canne blanche, les yeux bandés et aller se promener en ville, voilà qui apporterait une bonne dose d’humilité et d’admiration pour ceux à qui la vie n’a pas donné le choix.

    • Merci Mme Allard pour ce merveilleux sujet qui je l’espère sensibilisera bien des gens aux différences des autres.

      Il faudrait ajouter un volet maladie mentale (genre étiquette dépressif, maniaco-dépressif, etc.,) que les volontaires auraient à affronter dans le cadre de stages daans un milieu de travail différents mais où ils seraient préentés comme MMe ou M. untel (mais ne le dites à personnes, il est schyzophrène, ou il est maniaco-dépressif,)

      G.Duquette

      G.Duquette

    • J’en connais une gang qui gagneraient à passer 75 heures dans la peau de ceux dont ils sont chargés de gérer l’existence…

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