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  • Sophie Allard

    À l’affût des dernières découvertes et tendances en matière de santé, Sophie Allard s’intéresse à tout ce qui permet de conserver un esprit sain dans un corps sain.
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    Mercredi 20 février 2013 | Mise en ligne à 8h45 | Commenter Commentaires (29)

    Aide à mourir : un meurtre ?

    main

    Il y a un peu plus d’un mois, la ministre responsable du dossier Mourir dans la dignité, Véronique Hivon, a rendu public le rapport d’un comité d’experts piloté par l’avocat Jean-Pierre Ménard sur la légalisation de l’aide médicale à mourir. Une brique de 450 pages dont le résumé peut être lu ici. Ce rapport fait suite aux recommandations issues de la Commission Mourir dans la dignité.

    Ce mardi, un groupe de plus de 200 médecins, le Collectif de médecins du refus médical de l’euthanasie, a organisé une conférence de presse pour signifier son opposition devant l’intention du gouvernement québécois de déposer un projet de loi dès cette année qui ouvre la porte au suicide assisté (tout en prévoyant des conditions très strictes). Si la légalisation de l’aide médicale à mourir est loin d’être chose faite (le processus judiciaire n’est pas simple!), le groupe souhaite s’opposer fortement à toute possibilité et présente en ce sens une pétition à signer en ligne par les collègues, le public et les gens du gouvernement.

    Ces médecins dénoncent notamment le manque de ressources en soins palliatifs – ils ne sont pas contre le fait qu’un patient puisse demander un arrêt de traitement, comme cela se fait déjà, et de vivre agréablement (autant que possible) ses derniers jours – et craignent les effets pervers d’une loi où un médecin qui ne voudrait pas aider un patient à mourir serait dans l’obligation de transférer le dossier à un collègue qui serait prêt à le faire.

    Pour ces médecins, l’aide médicale à mourir, c’est l’euthanasie et l’euthanasie n’est rien de moins qu’un homicide, un meurtre. La société québécoise ( à plus de 80 %) est mûre à l’idée. La majorité des médecins québécois sont aussi favorables à l’euthanasie dans un contexte médical bien balisé. Le débat ne semble pas clos pour autant.

    Êtes-vous pour ou contre l’aide médicale à mourir ?


    • L`intervention de ce collectif est un exemple déplorable de mauvaise foi dont on a souvent accusé les médecins. Faire en sorte que tout tourne autour de son nombril et que surtout ils ne soit pas possible de les poursuivre en justice.

      Cette fois il n`est pas question des médecins, il est question des malades et de la dignité humaine. Tellement malhonnetes qu`ils ne reconnaissent pas que ces pratiques sont déja courantes mais qu`on utilise d`autres mots pour les décrire comme des soins de confort,des soins de fin de vie,des soins paliatifs.

      Peu importe ce que ces opportunistes pensent ,la société québécoise se dirige vers une nouvelle facon de traiter et de concevoir la fin de vie avec des balises strictes mais surtout avec de la compassion qui dépasse les limites d`un ordre professionnel. La génération des syndiqués et des sur-protégés professionnels est en train de se faire tasser par la logique et la bonne foi.

    • POUR!

      Dans les cas de maladies incurables où la décision est prise
      de manière réfléchie et où la personne indique clairement par écrit
      dans un testament biologique/mandat d’inaptitude sa volonté de mettre fin à ses jours.

      Personne ne peut obliger un médecin à collaborer dans un dossier d’euthanasie
      mais un médecin ne peut pas non plus s’opposer à la volonté d’un malade!

      Et les soins palliatifs, c’est bien beau mais ce n’est pas non plus
      une solution-miracle qui règle tous les problèmes des gens qui sont
      en phase terminale de cancer ou qui vivent avec une maladie dégénérative
      qui les privent petit à petit de leur autonomie et de leur dignité humaine!

      C’est une question de libre-arbitre et de choix…

      L’euthanasie n’est pas un meurtre si la personne
      demande qu’on l’aide à mettre fin à ses jours.

      Il me semble que c’est pas trop difficile à comprendre!!

    • Que je trouve donc mes chats chanceux!

      Le jour où le vétérinaire me dira qu’ils sont trop souffrants/malades/incurables, c’est avec amour que je leur ferai donner la piqûre qui les soulagera. Ils mourront entourés de mon affection, dans mes bras.

      Faut croire que c’est le seul cas où les animaux sont mieux traités que des humains.

      Dans un contexte bien balisé, où on aura l’assurance que la demande de terminer ses jours n’est pas due à une dépression ou à un désir de la famille d’hériter plus rapidement, si la personne a mentionné à son entourage et par écrit qu’elle ne souhaite pas d’acharnement thérapeutique, je pense qu’aider le malade à voir une mort douce plutôt que dans d’atroces souffrances serait la chose à faire. Je pense à une connaissance dont la mère est morte noyée par ses propres sécrétions pulmonaires alors qu’on savait qu’il n’y avait rien à faire.

      Il y a toutefois un petit bémol qui m’agace: dans le cas d’Hassan Laramée, les médecins avaient recommandé aux proches de débrancher, qu’il n’y avait aucun espoir. Le jeune homme est encore en vie aujourd’hui, content de l’être et productif pour la société….6 ans après son accident!

    • Contre, totalement contre. J’étais pour jusqu’à ce qu’un proche se fasse euthanasier dans un CHSLD québécois en 2011 alors que la loi n’existe même pas et que l’acte est criminel.

      Ceux qui rêvent au contexte restrictif et bien balisé, dites-vous bien que présentement c’est criminel et c’est quand même pratiqué. La loi de la Santé est une sinistre face. Les mécanismes de plainte prévus par la loi de la Santé sont bien pires que toutes les enquêtes de la police sur la police. Qui ici a pris la peine d’aller lire la loi pour constater que si vous portez votre plainte en révision c’est l’établissement contre lequel vous portez une plainte qui nomme le comité de révision auquel siège invariablement le président du CA de l’établissement. Ce qui équivaut à demander aux voleurs de protéger la banque.

      Vous croyez que la police s’occupera d’une plainte aujourd’hui? Détrompez-vous, le procureur général du Québec refuse déjà de poursuivre, la police a pour instructions d’étouffer les plaintes de ce genre et le coroner classe les dossiers sans vraiment faire d’enquête. Ça, c’est la situation aujourd’hui dans un contexte où cet acte est illégal et criminel. Et vous voulez nous faire croire qu’un contexte bien balisé, etc, va empêcher les dérapages? Et les personnes vulnérables? Quels recours possibles dans le contexte de la loi de la Santé?

      C’est totalement ridicule, les partis politiques, le Barreau du Québec et le CMQ veulent nous passer l’euthanasie de force pour simplement économiser des sous dans le réseau. Rien de tout ça n’est dans l’intérêt des citoyens.

      Combien d’accidents médicaux par années déjà au Québec? 400 000 environ et vous croyez que des balises rendront tout ça sans risques? Et de ces 400 000 accidents/incidents dans la prestation de soins de santé, combien conduisent à un dédommagements des victimes? Zéro ou presque. Et récemment, La Presse faisait état de la complaisance du syndic du CMQ.

      Dans ce dossier, les gens carburent à la pensée magique.

      A partir du moment où l’euthanasie devient une alternative aux soins palliatifs, croyez-moi, il n’y aura plus aucun effort pour améliorer la vie des gens qui vieillissent ou qui sont gravement malades. Les faire vivre dans des conditions exécrables sera une façon subtile de leur dire qu’ils feraient mieux de demander l’euthanasie. C’est déjà ce qu’ils font dans plusieurs CHSLD. Rendre la vie misérable à des gens vulnérables est tellement facile dans ces milieux-là.

      Il vaut mieux être capable de courir le marathon à 90 ans, sinon votre vie ne vaut plus la peine d’être vécue, voilà le message derrière ce projet de loi et de société.

    • Pour.

      L’EXCELLENT travail de la Commission sur Mourir avec dignité, a très bien
      balisé les règles proposées.
      Le rapport des juristes est un plus dans la compréhension de ce dossier.

      Reste à avoir le COURAGE de prendre une décision et d’établir la loi pour
      mettre en place des balises claires, nettes, et précises pour tous.

      Mais en bout de ligne le choix final APPARTIENT au malade, au patient.
      Il n’appartiendra jamais au médecin de s’opposer à une demande claire et
      réfléchie du patient.
      Toutes les étapes à suivre pour tous sont très bien expliquées dans le rapport
      de la Commission et aussi celui des juristes…….

      TOUT est clair…..si on veut vraiment comprendre, si on veut vraiment!!!!
      Moi une femme très ordinaire, j’ai compris.

      OUI, au respect du médecin.
      OUI, au choix du patient.
      OUI, au respect du patient.
      Louise April(Laloue)

    • Pour, évidemment!

      On a reçu la vie pour se réaliser soi-même durant une période indéterminée, soit le temps de toute une vie justement. Toute cette vie durant, l’on n’a fait que répondre aux désirs de ce que les autres ont attendu de nous. La société est ainsi faite, l’individu doit obéir aux normes établies par la morale ou l’ordre social de la communauté ou de la majorité.

      La mort reste le point ultime pour se parfaire et se réaliser vraiment. Mourir dans la dignité est le dernier échelon à franchir pour l’atteindre, c’est un geste extrêmement éloquent. L’approbation ou son contraire n’a pas a être débattu, ce n’est pas une guerre de religion ou de croyances, c’est une décision strictement personnelle. Les gens qui veulent mourir dans la dignité ne sont pas tous neurasthéniques ou dépressifs chroniques. Les autres n’ont pas à porter de jugement sur cette décision, puisque celle-ci n’affecte en rien leur pleine et entière liberté.

      Qu’on se le dise une fois pour toutes!

    • Probablement qu’il y a 50 ans de ça, plusieurs médecins qualifiaient l’avortement de meurtre…

      Les soins palliatifs sont une pratique déjà bien ancrée. Il n’y a pas vraiment de débat à ce niveau. Quand ma mère est décédée, je vous dirais que c’est même le médecin qui nous mettait de la pression pour qu’on arrête les traitements.

      Le débat serait plutôt, par exemple, au niveau d’une personne atteinte de sclérose en plaques et qui comprend bien le lent déclin qui l’attend et le fardeau qu’elle deviendra pour ses proches. Je trouve cruel d’empêcher cette personne, rendue à un certain stade de la maladie, de se libérer d’une enveloppe corporelle qui devient petit à petit comme une véritable prison.

      D’accord que “tuer n’est pas un soin”, mais quand il n’y a pas de soins possibles, peut-on envisager d’autres avenues?

      À la limite, est-ce bien nécessaire que ce soit les médecins eux-mêmes qui exécutent la procédure? Si ça les gênent tant que ça, leur rôle ne pourrait-il pas se limiter à préparer la “prescription” qui serait administrée dans des établissements dédiés à cette fin par des infirmières spécialement formées?

    • ..À mon humble avis qui, finalement, n’est pas humble du tout, la seule chose qui compte c’est la volonté claire d’une personne lucide.

      On nous met au monde sans rien nous demander. La moindre des choses serait que lorsqu’on est rendu à l’âge dit «de raison», on ne vienne pas nous enquiquiner. Tant et aussi longtemps qu’une décision que l’on prend ne vient pas nuire à autrui, où diable est donc le problème?
      Et ne venez pas me parler de la peine des proches, des principes du voisin, de la volonté d’un quelconque groupuscule de bien-pensants qui prétendent venir me dire ce qui est bon pour moi. Quand je parle de «nuire» je parle de réellement nuire.

    • POUR Que ce soit pour l’euthanasie ou pour la sédation terminale, le but de l’opération est le même: assurer une mort sans souffrance. La différence est essentiellement le temps de l’agonie qui est très court pour l’euthanasie et peut aller jusqu’à 2 semaines pour la sédation. Si un certain nombre de médecins considèrent qu’injecter une dose létale à un patient qui en fait la demande n’est pas un soin; on n’est pas ici dans le choix de soins mais dans le choix d’une mort. Et je ne vois pas de quel droit, un médecin quel qu’il soit, croit qu’il peut m’imposer SA façon de mourir. CETTE DÉCISION APPARTIENT AU PATIENT!

    • [...] par des infirmières spécialement formées.

      Les infirmières généralistes ou spécialistes très très très perfectionnées ne sont pas le centre du monde dans le milieu de la santé. Les infirmières (ers) auxiliaires sont aptes eux aussi à exercer ces fonctions ainsi que bien d’autres. Ce sont elles (eux) et les préposés (es) qui s’occupent généralement des derniers soins en fin de vie, pré et post mortem.

      C’est important de mentionner ce genre de choses.

    • On parle de suicide assisté, pas d’euthanasie (ces gens utilisent ce mot pour faire peur à tout le monde et connecter ce qui se passe aujourd’hui avec les nazis qui employaient l’euthanasie pour se débarrasser des malades incurables et des infirmes). Le suicide n’est pas un crime (évidemment, comment pourrait-on traîner un « suicidé » en cour…) mais l’aide au suicide en est un (pas un meurtre, voir art. 241 du Code criminel) mais c’est au Procureur général d’une province de décider si les procureurs vont poursuivre selon cet article et il est donc possible au PG du Québec d’arrêter toute poursuite en vertu de cet article.

      Le suicide assisté est nécessaire dans une société évoluée et existe déjà dans certains états des ÉU et certains pays d’Europe et on n’a pas vu les débordements que ces médecins prédisent et il faut donc conclure que ces gens méprisent tellement les médecins québécois (y compris eux-mêmes) qu’ils croient qu’ils ne pourraient pas aider des patients à quitter cette vie avec éthique et respect. C’est très préoccupant… Mais faut dire que c’est probablement en vertu de leurs croyances morales (religieuses) qu’ils prennent cette position et il faudrait être clair que dans une société moderne, la croyance religieuse est une question personnelle qui ne devrait jamais interférer avec les droits démocratiques et fondamentaux des citoyens.

    • Si le suicide n’est pas une option, comme on nous l’a si justement dit tout au long de la semaine dernière (Semaine de lutte contre le suicide), l’euthanasie ne devrait pas en être une non plus ! Mais voilà, comme pour ces gens en détresse qui ne peuvent recevoir l’aide dont ils ont besoin pour reprendre le cours normal de leur vie après un deuil, une rupture ou autre drame majeur, les gens en fin de vie sont pris en charge par un système qui craque de partout. Les uns et les autres ne veulent pas mourir (même dans la dignité) ils veulent seulement cesser de souffrir (inutilement). Tant que l’on ne corrigera pas, ensemble, les failles de notre système de santé plusieurs parmi nous n’auront malheureusement d’autre choix que de prendre «l’Express de minuit».

    • J’ai toujours entendu dire que ceux qui souffrait beaucoups et de surplus inguerissable,qu’on les “aidaient” a mourir.Donc l’euthanasie existe deja! On veut juste rendre legitime cette pratique deja etablie discretement.Mais on ne peut obliger des professionnels de la sante a tuer alors que leur mandat est de guerir.De plus on ne peut obliger un croyant a faire ce genre de crime qui est contre sa croyance mais le pire dans tout ca c’est que ca va irremediablement tomber dans l’exces et qu’on vas euthanasier aussi les “indesirables”
      Ce sujet est vraiment delicat,j’en convient. Tuer ou ne pas tuer! La morale va en prendre pour son rhume encore. Pourquoi ceux qui souffrent lethalement acceptent t’ils d’aller mourrir a l’hopital? pourquoi ne s’euthanasient t’ils pas eux-meme chez eux? Sont t’ils trop laches? Personne ne va les en empecher!
      Chacun ainsi repondras pour lui-meme de ses propres actions au lieu d’obliger les autres a faire leur sale boulot. N’oubliez pas qu’apres la mort vient le jugement !

    • vlrglqqf

      L’idée de base c’est que ce n’est pas forcément les médecins qui doivent administrer le traitement. Leur implication pourrait se limiter à l’autoriser et prescrire la bonne dose. À la limite, les patients qui ont encore l’usage de leur membres (ou un de leurs proches) pourraient “appuyer sur le bouton” s’il ne reste que ça à faire.

    • @taqulik,

      suicide assisté si la personne est apte à le demander et l’a demandé de façon éclairée et qu’elle a eu l’alternative de soins de qualités possibles, etc. Il y a bien des conditions qui sont requises pour que nous n’appelions pas ça un euthanasie.

      Nous pourrions dire la même chose du suicide assisté, qu’il s’agit d’une terminologie inventée pour rassurer que le système ne commettra pas d’erreurs (alors qu’il en commet plus de 400 000 par année et que les recours sont inexistants et complètement biaisés), que la personne aura effectivement eu accès à des soins de qualités, blablabla. C’est quand la dernière fois que vous avez visité un parent dans un CHSLD à l’heure des repas? Où que vous l’avez vu forcé de se mettre au lit à 20h00 contre son gré? Et tutti quanti? Écoeurer les vieux pour qu’ils préfèrent mourir, je n’appelle pas ça du suicide assisté, j’appelle ça du meutre avec préméditation.

    • dcsavard, vous êtes déprimant, mais je crains que vous n’ayez pas tors.

      Donnera t-on aux personnes agées, malades et vulnérables le choix entre des soins pallatifs minables et minimaux ou une mort dans la dignité haut de gamme?

      La réponse viendra peut-être d’une étude comptable…

      Et si une personne présente un beau profil d’assistance euthanasie mais refuse ces “soins” aura t-elle droit en guise de “représailles” à des soins palliatifs à la hauteur de sa collaboration?

      Enfin est-il inconcevable que des gens préfèrent vivre dans la souffrance que mourir dans l’inconscience? Et ces gens, quels soins auront-ils s’ils s’acharnent à rester un embarras pour leurs proches, pour la société ou pour le budget du directeur de l’hopital?

    • On dirait qu’il y en a qui ne font pas la différence entre “vivre” et “exister”. La qualité des soins ou le type d’environnement n’ont rien à voir là-dedans. Offrir aux personnes en fin de vie la possibilité de mourir comme ils l’entendent et au moment où ils l’entendent c’est leur offrir le choix entre vivre et exister et c’est surtout leur permettre d’affirmer leur propre conception de ces deux termes. Une loi permettant cela ne brime en rien ceux qui désirent “toffer” quelques années de plus à regarder dans le vide même si c’est dans un château avec du personnel privé et ça permet à ceux qui refusent cette condition de mettre un terme à ce qu’ils estiment être une “non-vie” selon leurs critères à eux.

      Si vous croyez que ça va mettre de la pression sur TOUS les vieux, c’est que vous n’avez strictement rien compris à l’essence du projet de loi. La pression, c’est sur ceux et celles qui vont désirer partir qu’elle sera parce que ce sera à EUX à prouver hors de tout doute que cette solution est applicable dans leur cas particulier. Quant aux autres, ils continueront comme aujourd’hui à bénéficier de soins pourris, moyens ou excellents selon leurs capacités financières.

      Croire qu’une telle loi va permettre à la société de jeter ses vieux et ses malades de façon discrétionnaire pour des raisons de lourdeur de cas, de disponibilités de lits, d’héritage alléchant ou que sais-je encore, c’est faire preuve d’une étroitesse d’esprit encore plus mince que la poutre que ces croyants ont dans l’oeil.

    • Je préfère attendre d’être au seuil de la mort pour me prononcer.
      Toutefois, la vraie question à se poser, à mon humble avis est: seriez-vous volontaire pour euthanasier vous-même une personne? Ça fait réfléchir. Autant que si on demande aux citoyens en faveur de la peine de mort s’ils accepteraient d’être bourreau.
      Vous me direz que je confonds deux choses très différentes et vous aurez raison. Pourtant, au bout de l’exercice, le résultat est le même: la mort. Et moi, ça ne me tente pas tellement. Alors je comprends les médecins qui n’embarquent pas. Leur décision n’est pas seulement liée au fait qu’ils soient médecins mais surtout au fait qu’ils sont aussi et surtout des humains et, à ce titre, entièrement libres de leurs choix.

    • Je tiens à préciser que j’ai vu mourir des proches dans des CHSLD et aussi des étrangers. J’ai vu mourir des proches dans des hôpitaux aussi.

      Et j’ai aussi, à titre d’étudiant, bénéficié d’un emploi d’été et à temps partiel durant l’année à la SPCA de Montréal il y a plusieurs décennies et j’ai certainement euthanasié des milliers de chiens et chats durant mon bref passage à cet endroit. Il ne me viendrait même pas à l’idée de comparer un humain avec un animal domestique sous ce rapport. Il faut avoir singulièrement accessorisée la vie humaine pour en arriver à faire ce genre de comparaisons.

      @doumguy,

      j’ai perdu beaucoup d’illusions sur la grandeur de notre société ces trois dernières années. Et quand j’en vois certains pavoiser sur la place publique pour nous vendre cette idée, je ne peux m’empêcher de voir des hypocrites. Le vrai objectif c’est d’économiser les budgets, on nous présente toujours un seul angle à l’euthanasie, celui de la soi-disant compassion, mais jamais on nous présente l’autre visage qui pourtant existe déjà, même sans loi.

    • Seul dieu peut et doit nous rappeler. C’est pas comme si on vivait 1000 ans. Une vie d’homme c’est pas long. Pourquoi être si pressé de partir?

    • 100% pour l’aide médicale à mourir, mais si ça arrive, ce ne sera malheureusement que quand il ne reste que quelques heures ou jours d’agonie.

      Ayant eu à vivre le périple des gens qui doivent se battre contre des assureurs (et la RRQ, et même l’aide sociale pour un petit moment) pour une invalidité, mon respect pour la médecine et certains médecins a pris une méchante débarque et j’en ai bien vu qui aiment voir souffrir les gens, d’une manière ou d’une autre, ne fût-ce qu’en niant qu’ils souffrent.

      Les soins palliatifs ne sont disponibles que pour peu de gens, seulement en toute fin de vie car les centres de ces soins ne veulent pas de “traîneux”, tandis qu’il y a des gens qui auraient besoin de soins palliatifs pour traiter des douleurs intenses pendant peut-être pas mal longtemps avant de finalement en crever.

      Ce qui reste comme choix pour plusieurs, c’est de se suicider tandis qu’ils en ont encore la capacité, mais peut-être quand ils auraient encore pas mal de temps de capacité devant eux.

      Et l’histoire des gens qui ont peur d’être des fardeaux, j’aimerais bien la démolir. Ces gens ont aussi peur que n’importe qui d’être en couches, de dépendre d’autres personnes pour leur toilette intime, de manger du mou, POINT FINAL. L’histoire du fardeau, c’est pour faire porter l’odieux par quelqu’un d’autre. Genre: “Tu vois, mon enfant, j’préférerais mourir pour que tu ne sois pas obligé(e) de changer mes couches, etc. etc.” Alors l’enfant n’a que peu de choix que de dire: “Ben voyons donc, ça va me faire plaisir de m’occuper de toi.”

      (Eille! laloue! Bien dit!)

    • Les gens qui ont de l’empathie pour les autres ne veulent pas être un fardeau pour les autres et préfèrent mourir plutot que de pourrir dans un CHSLD pendant des années. Mais, ce n’est pas tout le monde qui ont de l’empathie. Ils ne comprendront jamais ce point de vue.

      @eternité
      “pourquoi ne s’euthanasient t’ils pas eux-meme chez eux? Sont t’ils trop laches? ”
      On a pas le droit de se suicider selon la religion chrétienne. Et après la mort, il y a le jugement …

    • Où est-ce que c’est écrit que Dieu seul peut nous rappeler à Lui? Si c’est écrit quelque part, cela provient plutôt des interprétations de l’Eglise catholique du Québec de l’époque, ça sent ça à plein nez! Pis j’ai le nez fin, fin, fin.

      Une nièce “pognée” avec un cancer pulmonaire mais généralisé à pris toute la parenté de court. Au lieu de se voir dépérir devant le scénario qu’elle pouvait visualiser, elle s’est suicidée. C’était sa décision, elle avait toute sa tête malgré qu’elle pouvait encore se débrouiller seule certains jours.

      Finalement, la parenté a interprété son geste comme une délivrance, une sortie de secours. Super! que j’ai dit à cette occasion. Et personne ne s’est scandalisé de ma réaction.

    • @éternité – c’est pas mal bébête de parler de “s’euthanasier”: on ne “s’euthanasie” pas, on se suicide.

      @dcsavard – avant de dire des énormités comme avoir vu un proche se faire euthanasier dans un CHSLD, faudrait peut-être sortir un rapport médical ou un rapport de décès, quelque preuve! Dans l’ignorance, plusieurs croient que la sédation palliative – qui peut évidemment mener à la mort pour un mourant – est la même chose que l’euthanasie. Vous semblez être absolument là, comme tant d’autres.

      On dirait toujours que les gens contre toute aide médicale à mourir ou suicide assisté semblent prendre les gens qui feraient ce choix pour des imbéciles. Qu’ils se rendent donc compte que dans tout système (voir Belgique, Pays-Bas, etc.) où ça existe, c’est le choix de la PERSONNE MÊME, pas le choix de la parenté, La personne qui désire être euthanasiée ou être aidée médicalement à mourir ou se suicider avec de l’aide le demande pour elle-même, pas pour quelqu’un d’autre. Les informations, ça existe, mais les gens bornés aussi, c’est évident!

    • @jolico
      Un problème que je vois avec leur façon de faire est qu’un personne affecté par l’Alzheimer ne peut demander l’euthanasie car on considère qu’elle n’a plus toute sa tête. C’est dommage.
      Mais sinon, leur façon de faire est la plus respectueuse. Pourrir dans un CHSLD, c’est le pire qui peut arriver à quelqu’un.

    • @gl000001 – Avec des lois en place – des vraies et des solides – un jour une personne pourra véritablement demander par document notarié d’être euthanasiée lorsque certains événements surviendront qui pourront peut-être l’empêcher de faire elle-même ses choix. Pour une personne qui a déjà la maladie d’Alzheimer, ce sera toujours trop tard. Il faut planifier sa mort encore mieux que l’on a planifié sa vie.

    • je me suis occupée de ma mère , 92 ans, démence et alzheimer,pendant 10 ans,et j’ai vu la vie de ces personnes être perdue,et quand j’allais au centre de jour en répit ,il y avaient des personnes oubliées par leur familles,et qui imploraient de savoir où étaient leur familles,il faut aider les personnes à partir .,à mourir, pour ne pas végéter ,le droit de mourir dans la dignité à été reconnu et c’est la personne en cause qui sait ce que les médecins peuvent faire,les maladies dégénératives sont les pires souffrances que des personnes peuvent subir,quand nous aimons une personne,nous voulons qu’elle puisse mourir en paix, j’avais un ami de 80 ans, diabètique, cancéreux qui à choisi de mourir doucement, il à refusé et il à cessé de prendre ses médicaments et il est mort peu de temps après ,doucement,tranquillement. merci, bonne journée, marie michel.

    • “Toutefois, la vraie question à se poser, à mon humble avis est: seriez-vous volontaire pour euthanasier vous-même une personne?” (chip)

      Il y a trente ans, au début de l’épidémie du Sida, les personnes infectées mouraient lentement dans d’horribles souffrances et les médecins ne savaient pas quoi faire pour soulager les souffrances des gens qui se noyaient littéralement dans leurs sécrétions pulmonaires ou d’autres qui hurlaient de douleurs à cause des terribles maux de tête causés par le cerveau qui enflait dans la boite crânienne.

      Certains médecins compatissants fournissaient des prescriptions à leurs amis pour permettre à ceux-ci de concocter le cocktail de drogues qui allaient permettre de mettre fin à leurs jours avant qu’ils deviennent fous! Ils pouvaient ainsi mettre fin à leurs douleurs et mourir dans la dignité entourés des personnes qui les aimaient .

    • A mon avis il faut être mis en situation pour savoir si on le ferait ou pas. On a beau théoriser ou philosopher, une fois devant l’évidence d’agir, peu savent comment ils se comporteraient en pareille position. Si ces gens qui pètent de santé devaient l’affronter en pleine face, cela les aiderait certainement à se parfaire vis-à-vis la qualité de fin de vie des mourants.

      D’après les commentaires, personne n’a jamais été placé devant cet état de fait. Pourquoi ceux ou celles qui ont vécu l’expérience de “peser sur le piton” par voie orale ou veineuse ne se manifestent-ils pas? Il serait enrichissant de connaître leur sentiment intime profond au moment même de poser le geste létal. Je suis persuader que cela nous aiderait peut-être à repenser notre approche devant la mort.

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