Le blogue santé

Archive, février 2013

Lundi 25 février 2013 | Mise en ligne à 11h50 | Commenter Commentaires (22)

Sages-femmes, où êtes-vous ?

Photos.com

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Alors que les gynécologues et obstétriciens peinent à répondre à la demande pour les suivis de grossesses (en hausse) au Québec, le nombre de sages-femmes québécoises augmente de son côté plus lentement qu’on le souhaiterait. De plus, celles-ci dénoncent leurs conditions de travail, notamment le salaire versé (1$ par heure et bientôt 1,27 $ pour 8 heures) par le gouvernement lors des tours de garde. Les négociations tournent en rond.

Plus d’une Québécoise en âge de procréer sur quatre (26%) dit souhaiter accoucher ailleurs qu’à l’hôpital, soit en maison de naissance ou à domicile. À peine 1,5 % à 2 % le font en réalité, selon des chiffres de 2010. Les listes d’attente sont parfois interminables. C’est le cas à Montréal où, dit-on, une femme sur cinq qui le demandent obtient un suivi auprès d’une sage-femme. Pourquoi ?

La profession est jeune – légale depuis 1999 seulement – et les premières diplômées de l’UQTR ont quitté les bancs d’école en 2003. Elles sont environ 15 par année à intégrer les rangs de la profession. On ne peut former plus d’étudiantes, principalement parce que les milieux de stage – à peine 11 équipes – manquent : les futures sages-femmes doivent cumuler 2000 heures de stage (un à un). Les sages-femmes, qui offrent un suivi très personnalisé, pratiquent moins d’accouchements que ne le font les obstétriciens. Elles-mêmes sont nombreuses à donner naissance et à se retrouver en congé de maternité.

Au total, on compte 160 sages-femmes à travers la province pour 10 maisons de naissance et une équipe affiliée au CSSS Jeanne-Mance à Montréal. Avec sa Politique de périnatalité mise de l’avant en 2008, le gouvernement souhaite que 10 % des naissances aient lieu avec des sages-femmes. On prévoit l’ouverture de 8 maisons de naissance d’ici 2018, pour un total de 18. On est loin du compte, disent les gens du milieu.

Pour palier ce recul, il faudrait une meilleure concertation, selon l’Ordre des sages-femmes du Québec. Oui, il y a un manque d’effectif. Mais il faut plus de volonté de parts et d’autres et ce, incluant des citoyens qui doivent manifester leur désir de voir des maisons dans leur région. Quoi qu’il en soit, la patience est de mise.

Vaut-il mieux pour les femmes accoucher à l’hôpital ou à la maison de naissance, avec ou sans épidurale ? Là n’est pas la question. Il faudrait plutôt se demander : les femmes (dont la grossesse est normale, sans complications) devraient-elles avoir le choix du lieu et de la façon dont elles veulent accoucher ?

Comme le souligne Isabelle Brabant, qui vient de publier la 3e édition de son livre Naissance heureuse – Bien vivre sa grossesse et son accouchement, «notre société réfléchit actuellement à la mort, il faudrait en faire autant pour la naissance. La façon dont la société traite et entoure les deux extrémités de la vie est très révélatrice et transformatrice.»

Est-il réaliste selon vous que les Québécoises (en santé et dont la grossesse se déroule normalement) aient le choix, dans un avenir rapproché, de leur suivi de grossesse et de leur accouchement ?

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Mercredi 20 février 2013 | Mise en ligne à 8h45 | Commenter Commentaires (29)

Aide à mourir : un meurtre ?

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Il y a un peu plus d’un mois, la ministre responsable du dossier Mourir dans la dignité, Véronique Hivon, a rendu public le rapport d’un comité d’experts piloté par l’avocat Jean-Pierre Ménard sur la légalisation de l’aide médicale à mourir. Une brique de 450 pages dont le résumé peut être lu ici. Ce rapport fait suite aux recommandations issues de la Commission Mourir dans la dignité.

Ce mardi, un groupe de plus de 200 médecins, le Collectif de médecins du refus médical de l’euthanasie, a organisé une conférence de presse pour signifier son opposition devant l’intention du gouvernement québécois de déposer un projet de loi dès cette année qui ouvre la porte au suicide assisté (tout en prévoyant des conditions très strictes). Si la légalisation de l’aide médicale à mourir est loin d’être chose faite (le processus judiciaire n’est pas simple!), le groupe souhaite s’opposer fortement à toute possibilité et présente en ce sens une pétition à signer en ligne par les collègues, le public et les gens du gouvernement.

Ces médecins dénoncent notamment le manque de ressources en soins palliatifs – ils ne sont pas contre le fait qu’un patient puisse demander un arrêt de traitement, comme cela se fait déjà, et de vivre agréablement (autant que possible) ses derniers jours – et craignent les effets pervers d’une loi où un médecin qui ne voudrait pas aider un patient à mourir serait dans l’obligation de transférer le dossier à un collègue qui serait prêt à le faire.

Pour ces médecins, l’aide médicale à mourir, c’est l’euthanasie et l’euthanasie n’est rien de moins qu’un homicide, un meurtre. La société québécoise ( à plus de 80 %) est mûre à l’idée. La majorité des médecins québécois sont aussi favorables à l’euthanasie dans un contexte médical bien balisé. Le débat ne semble pas clos pour autant.

Êtes-vous pour ou contre l’aide médicale à mourir ?

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Mardi 19 février 2013 | Mise en ligne à 8h45 | Commenter Commentaires (7)

Obésité et nage synchronisée

Istockphoto

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Est-ce que la sensibilisation à l’obésité et à tous ses dommages collatéraux est LA solution au surpoids ? Et que dire de la multiplication des interventions musclées et risquées comme la chirurgie bariatique ?

Qu’on le veuille ou non, à peine 5 % des personnes obèses qui maigrissent réussissent à maintenir à long terme un poids santé, selon Kino-Québec. Pas nécessairement par manque de volonté. Maigrir à long terme, ce n’est pas facile. Une question génétique, métabolique. Le fardeau est donc lourd à porter. Les personnes obèses se sentent ostracisées, jugées. Leur vie est échec.

En prônant la perte de poids ( régimes amaigrissants et la chirurgie bariatrique) comme solution et en parlant d’épidémie d’obésité, fait-on fausse route ? Et si on multipliait les environnements conviviaux, invitants, où les personnes obèses peuvent bouger sans se soucier du regard et des remarques des autres ?  La journaliste Charlotte Cooper soulève la question.

Elle cite en exemple: le club de nage synchronisée Aquaporko en Australie. Aux États-Unis, certains groupes offrent des cours spécialement destinés et adaptés aux personnes avec surplus de poids : du yoga à la boxe avec, comme mission, d’axer sur le bien-être avant tout. À Cuba, une troupe de danse regroupe des danseuses tout en rondeurs. Même quand le pèse-personne est ingrat, bouger est salutaire. Obèse et en santé, c’est possible… avec certaines limites.

Selon vous, est-ce une bonne idée de créer des groupes sportifs pour obèses ? De miser sur le mot plaisir, plutôt que sur le mot maigrir ?

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