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Archive du 22 novembre 2012

Jeudi 22 novembre 2012 | Mise en ligne à 11h26 | Commenter Commentaires (11)

Docteur, une dose d’ecstasy svp !

Aussi appelée «E» ou pilule de l’amour, l’ecstasy a été très populaire dans les années 80 et 90 auprès des fêtards qui se déhanchaient toute la nuit. Plus récemment, elle est très présente auprès de jeunes polytoxicomanes et de professionnels urbains. Cette drogue pourrait bientôt gagner le cabinet de psychiatres. On en parle ici.

En effet, l’ecstasy pourrait contribuer à soigner les victimes de stress post-traumatique chronique, lorsque combinée à une psychothérapie. C’est le constat de chercheurs américains qui ont publié cette semaine le fruit de leur expérimentation clinique dans le Journal of Psychopharmacology en ligne.

ecstasy

L’ecstasy, ou sa molécule MDMA (3,4-méthylènedioxyméthamphétamine), aiderait les victimes d’abus sexuel, par exemple, à s’exprimer et à parler des épisodes traumatisants, tout en restant en contrôle de leurs émotions.

Le psychiatre Michael Mithoefer de Caroline du Sud et son équipe de l’Association multidisciplinaire pour les études psychédéliques (MAPS) ont découvert des effets bénéfiques à long terme de la combinaison MDMA-psychothérapie (utilisée ponctuellement). En 2010, ils ont étudié une vingtaine de sujets victimes de stress post-traumatique (abus sexuels) chez qui des traitements classiques avaient été inefficaces. Pendant trois séances, près de la moitié des sujets ont consommé la MDMA sous supervision médicale et, entre ces séances, ils ont pris part à une psychothérapie sans usage de drogue.

Les résultats initiaux ? Immédiatement après l’expérimentation, 83 % des sujets qui avaient reçu la MDMA ont montré une amélioration significative de leurs symptômes, contre 25 % dans le groupe contrôle (qui n’avait pris aucune drogue) et ce, sans effets secondaires. Après l’étude, les sujets contrôle ont été invités à leur tour à recevoir la MDMA.

Après un suivi de plus de 3 ans, la majorité des sujets (15 sur 21) ont dit n’avoir que peu ou pas de symptômes. C’est la première étude à long terme qui démontre l’effet positif de l’ecstasy. Toutefois, l’échantillon est petit et d’autres études doivent être menées pour confirmer les résultats.

Le MAPS poursuit ses recherches et a obtenu le feu vert des autorités américaines pour effectuer des tests de plus grande ampleur sur des vétérans de l’armée américaine, qui ont servi en Irak et en Afghanistan. Un sur sept souffre de stress post-traumatique chronique.

L’ecstay est illégale au Canada depuis 1976 et aux États-Unis depuis 1985. Avant cela, plusieurs psychiatres l’utilisaient de façon expérimentale en complément de thérapie, selon le Dr Mithoefer.

La publication de ces résultats survient deux mois après la diffusion fort controversée d’une télé-réalité britannique mettant en scène les coulisses d’un essai clinique sur l’ecstasy (on souhaite étudier son impact sur des cerveaux sains). Au-delà de ses potentiels effets médicaux, cette drogue n’est pas inoffensive et fait déjà bien des ravages, déplore-t-on.

Est-il louable ou dangereux d’étudier l’ecstasy ? On en sait encore bien peu sur cette pilule aux nombreux visages…

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