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  • Sophie Allard

    À l’affût des dernières découvertes et tendances en matière de santé, Sophie Allard s’intéresse à tout ce qui permet de conserver un esprit sain dans un corps sain.
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    Vendredi 26 octobre 2012 | Mise en ligne à 13h47 | Commenter Commentaires (14)

    Mourir sur l’Everest

    Photo AP

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    L’ère est au tourisme d’aventure et aux défis d’endurance. Ce qui nous apparaissait extrême hier semble désormais à la portée de tous. On pousse son corps à la limite pour se dépasser, étancher une soif d’aventure. Bref, pour se sentir vivant. Parfois, au péril de sa vie.

    C’est ce qui est arrivé le 19 mai dernier à la Torontoise Shriya Shah et cinq autres alpinistes. Elle a perdu la vie dans la «zone de la mort» du mont Everest après avoir atteint le toit du monde de peine et de misère. Elle n’avait jamais gravi de montagne, mais la quête de l’Everest était son rêve. L’émission Enquête a raconté sa fin tragique, jeudi soir, sur les ondes de la Société Radio-Canada.

    Comme Shriya Shah, des centaines d’alpinistes – dont plusieurs novices – tentent de gravir chaque année le mythique sommet. La popularité de la montagne – aujourd’hui accessible moyennant 50 000 $ -  est telle qu’elle met les grimpeurs en danger. Le 19 mai dernier, quelque 300 alpinistes faisaient la queue entre le camp 4 et le sommet, à 8 848 mètres, retardant de beaucoup le temps d’ascension. Cela laissait présager le pire.

    Malgré les nombreuses mises en garde des sherpas, la Canadienne, mal en point et épuisée, a atteint le sommet après environ 20 heures d’ascension. Elle était l’une des plus lentes de la journée. Il aurait été plus sage de faire demi-tour, mais elle a été gagnée par la «fièvre du sommet». Être si près du sommet et ne pas l’atteindre ? C’était hors de question. Son état était inquiétant et, pour ajouter au malheur, sa réserve d’oxygène suffisante. Elle a perdu la vie sur la montagne, à bout de force.

    On peut se questionner sur les façons de faire des entreprises locales d’expédition – qui pullulent -, sur la réglementation népalaise déficiente, sur le manque de préparation de touristes. Mais aussi sur cette quête de bonheur par l’effort extrême, par l’aventure. Pourquoi se donner tant de mal ?

    «Parce que, pour plusieurs, c’est un antidote à la sédentarisation de nos vies, à la sécheresse émotionnelle liée à un quotidien trop ordonné et prévisible, nous expliquait l’an dernier le sociologue Alex Dumas, professeur à l’École des sciences de l’activité physique de l’Université d’Ottawa. Cela procure des sensations fortes et un sentiment de plénitude existentielle. C’est une occasion de vivre plus intensément.»

    «On assiste à une montée en popularité de ces activités, à leur médiatisation, à leur commercialisation et à leur utilisation comme tribune pour promouvoir diverses causes sociales», dit M. Dumas. Pour sortir du lot, il faut penser de plus en plus gros. «Avec la démocratisation des défis, il ne suffit plus de nager 10 000 mètres pour se distinguer, on doit nager de Québec à Matane, nous disait le professeur. Sur son lit de mort, on veut pouvoir dire qu’on a réussi un exploit.» Au péril de sa santé, de sa vie.


    • Pour les bouddhistes, l’ignorance cause des souffrances quotidiennes, des erreurs d’interprétation qui plombent notre vie et compliquent systématiquement nos relations avec les autres. Pour cette personne sans expérience, l’ignorance de ne pas posséder les ressources, la capacité, l’énergie et l’expérience pour gravir l’Everest lui aura été fatale. Elle a de plus mis en danger la vie des gens qui l’accompagne.
      On ne domine pas les montagnes, on les emprunte.

    • L’everest c’est dangereux. Les américains veulent en faire un Walt Disney, comme avec avec les orques qui disjonctent dans les Sea World et tuent les dresseurs…

      Aujourd’hui on vend des anti-mal-être aux occidentaux en “tout inclus”, comme on a du le vendre à cette petite dame.
      On les fait gravir des sommets. Leur dépression avec carte de crédit, on fait prendre des risques, envoie à la mort de nombreux Sherpas qui portent les bouteilles d’O2 montent et démontent les 4 camps, ouvrent les “routes” et maintenant nettoient l’Everest.

      … en plus de porter au maximum de leur force et de redescendre leurs riches frère d’occident venus pour une photo facebook.

      Je vous conseille les 3 reportages de la télévision suisse TSR : les sherpas les vrais héros de l’everest (avec la mort d’un alpiniste). Où 4 guides de haute montagne vont découvrir ce que c’est qu’être un paysan sherpa au népal.

      Avec du respect on devrait se présenter au pied de la montagne pour l’admirer et filer le pognon a ses hommes qui risques leur vie pour ces ascension purement commerciale qui exploite l’individualisme, et garder ses précieux pères de familles près de leurs enfants et de leur terre.

      Comme on voit nos chers collègue de travail célibataire de 50 ans s’acheter du viagra et filer vers boca chica. Tous victime tous coupable.

      http://www.rts.ch/docs/ch/1073805-sherpas-les-vrais-heros-de-l-everest-l-approche-1-3.html

    • De ce que je comprend, tout le monde a tenté de la faire retourner de bord. Dans de telles situations, les sherpas devraient simplement refuser de la guider et l’obliger à revenir sur ces pas. Elle n’était évidemment pas apte à gravir le sommet et à revenir, mais bon j’ai le sentiment que des histoires similaires, on a pas fini d’en entendre parler.

      Et il devrait être interdit de laisser des gens sans expériences en montagne (et même en simple trekking dans le cas de cette femme) gravir l’Éverest, peu importe la profondeur de leur porte-feuille. Franchement, pour quelqu’un qui avait comme objectif de vie de gravir l’Éverest, elle ne s’est franchement pas très bien préparée!

    • “Aujourd’hui on vend des anti-mal-être aux occidentaux en “tout inclus”, comme on a du le vendre à cette petite dame.”

      Ça résume assez bien cette malheureuse aventure……….

    • L’Éverest et tous les sommets de plus de 8,000 mètres représentent des défis pour tous les experts.
      Beaucoup de novices pensent qu’ils peuvent être des trompes la mort, s’ils ont des $$$.
      Il y aura toujours des tragédies sur ces sommets.
      Lire “Into thin air” de John Krakauer ou lire sur Reinhold Messmer (Il a fait tous les 8,000 mètres, la plupart sans oxygène et quelques uns, dont l’Éverest en solitaire). Messmer a perdu son frère dans une de ses expéditions! Eh oui, même lui, un des alpinistes les plus expérimentés a perdu un être cher! Bonne journée!

    • @waddle,

      wow! Merci, je ne savais pas que l’Everest avait été déménagé aux USA. Ils l’ont installé où? Sur le Strip Blvd à Las Vegas j’imagine?

      Franchement, le problème est avec le gouvernement Népalais qui ne peut sûrement pas refuser les millions de dollars que rapporte cette activité sur son territoire.

      Quant aux imbéciles qui s’en vont crever sur les pentes de l’Everest, je leur dis de lâcher les cours de croissance personnelle et de suivre des cours de maths, c’est moins dangereux et plus gratifiant.

    • Je vous suggère l’excellent livre Tragédie à l’Everest de Jon Krakauer. C’est l’histoire véridique d’un journaliste qui devait écrire un papier sur la pollution aux camps de l’Everest (bombonnes d’oxygène, déchets, matériel laissé là) dû justement à la commercialisation de l’Everest mais qui raconte plutôt la terrible tragédie où 8 aventuriers ont perdus la vie dans ce qu’on appelle une ”course au sommet”. Le livre date un peu mais on peut voir que le problème n’est pas que de ces dernières années.

      Dans le film en Imax Everest (excellent lui aussi) il est cité et on peut entendre un court témoignage d’un survivant. Assez poingnant.

    • L’Everest, est devenu, avec ces orgueilleux qui prétendent dominer les montagnes puis faire la Une, une poubelle à ciel ouvert. Rien pour se péter les bretelles alors que tous savent que les vrais athlètes, les vrais hommes, ce sont les sherpas…

    • Je ne veux pas émettre un commentaire dur à l’égard de Mme Shah mais elle n’avait jamais fait d’escalade et pour sa première expérience, elle a essayé de gravir l’Everest…………

    • @ waddle

      vraiment très bon le documentaire sur les vrais heros de l’everest , je le conseil à tous .
      celui de enquête aussi bien sur , cette fille avait une détermination intense et pour le reste , je ne porte pas de jugement .

    • Le jour où les pseudos alpinistes et alpinistes tout court ramasseront leurs bouteilles d’oxygènes vides et autres matériel au-lieu de les jeter à tout vents là j’aurai du respect pour eux. car eux ne semblent pas avoir de respect pour la montagne qu’ils disent pourtant resspecter.

      Pour voir la réalité de ce que j’avance, Aller sur Google et taper photos déchets Everest.

      Gilbert Duquette

    • Pour terminer avec ce que j’avance voici un petit texte. Veuliiez noter que ceux qui nettoient les montagnes (des Népalais) ne sont pas ceux qui les escalades.

      8.110 kilos ! Une équipe de 29 alpinistes népalais ont travaillé six semaines en avril et en mai dans le cadre de la campagne annuelle de nettoyage,…Des experts estiment que 50 autres tonnes restent présentes sur l’Everest malgré les campagnes annuelles de nettoyage qui ont débuté en 2008.
      http://www.lesoir.be/archives?url=/actualite/monde/2011-06-03/8-tonnes-de-dechets-descendues-de-l-everest-843655.php

      Gilbert Duquette

    • J’ai vu ce reprotage. Le line-up pour rejoindre le sommet est dément! À croire qu’Apple lance son nouveau I-Pad sur l’Everest.

      Je n’ai pas très bien compris la motivation de la dame mais elle y tenait pas à peu près à cette ascension. C’est troublant aussi de la voir étaler le drapeau Canadien au somment de la montagne et de la voir morte peu de temps après dans la bien nommée “zone de la mort”.

      C’est infiniment triste tout cela mais je me dis qu’elle a assumé un risque qu’elle savait considérable et qu’elle l’a fait par choix contrairement aux trop nombreuses victimes d’amiantose, par exemple.

    • Je ne comprend pas, personellement, cet envie que plusieurs ont de se lancer à l’assault de buts difficiles, voires impossible, dans le but de dire “Je l’ai fait!”.

      Bien que j’ai rien contre ceux qui font des sports extrèmes, entendons-nous. Les participants de sports extrèmes sont généralement en excellente forme physique et pour eux, ce n’est qu’un pas de plus, une coche au dessus du sport qu’ils excersaient déja. Ils y sont donc habitué.

      Mais ceux dont l’argent permets des eccentricités, ceux-là devraient plutôt rencontrer quelqu’un qui vont leurs dires que… il y a un risque certain, pour ne pas dire quasi sûr que quelque chose de malencontreux va arriver.

      Comme il à déja été dit, “Dans la grande majorité des cas, les héros recoivent leur médailles… posthume”.

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