Le blogue santé

Archive, septembre 2012

Vendredi 28 septembre 2012 | Mise en ligne à 10h08 | Commenter Commentaires (24)

Enfants : entre les mains des gourous

Photo: Martin Chamberland

Photo: Martin Chamberland, La Presse

Les gourous sont aujourd’hui partout. Avec l’internet, ils sont d’autant plus faciles à trouver. Il suffit d’un clic ou deux pour trouver les coordonnées d’un charlatan dans votre quartier prêt à vous soigner. Cancer, sclérose en plaques, dépression, arthrite, tout y passe. Pourquoi continuer de souffrir ? Optez pour un traitement miracle !

Imposition des mains, hutte de sudation, aimants, pouvoir de pierres précieuses, cocktails miraculeux, tous les moyens sont bons pour fouiller dans le portefeuille des plus vulnérables qui espèrent trouver un remède que la médecine traditionnelle n’a pas été en mesure de leur proposer.

N’allez pas croire que les pseudo-guérisseurs épargnent pas les enfants. Au contraire. Flairant un marché florissant, ils les ont dans leur mire. Ils jouent aux pédiatres et sont même entrés dans les écoles. Ils les forment à devenir de petits «guérisseurs». Ce que nous apprend la journaliste de La Presse Marie-Claude Malboeuf donne froid dans le dos. Elle signe une excellente série de reportages sur les gourous publiée depuis hier et sur deux semaines. Un avant-goût ?

- Une ex-infirmière déclare «traiter les tout petits bébés en se fiant aux «vibrations» de leurs couches pleines d’urine». Dans le cas d’une fillette de 3 ans aux intestins infestés de polypes, elle prétend que la chirurgie est inutile, malgré les risques de cancer. La «médecine vibratoire» suffira.

- À Laval, «des petits Québécois suivent dès l’âge de 5 ans des cours de reiki pour pratiquer «l’autotraitement» ou «le dispenser dans le cadre de [leur] famille».»

- Trois écoles primaires de Lanaudière ont permis à «une enseignante et orthopédagogue de donner des ateliers parascolaires pour aider les élèves «à réorganiser leur énergie» en utilisant une approche basée sur la théorie des chakras».

- À Montréal, des enfants âgés de 8 à 12 ans ont appris à imposer les mains pour guérir leurs proches, suivant la méthode d’un ancien chiropraticien californien et auteur multimillionnaire.

Privés de soins appropriés d’un côté, croulant sous le poids de la responsabilité de guérir des proches de l’autre, plusieurs de ces enfants en garderont assurément des séquelles. Comment peut-on, comme parents, en arriver à mettre le sort de ses enfants entre les mains de charlatans ? Troublant.

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Jeudi 27 septembre 2012 | Mise en ligne à 8h29 | Commenter Commentaires (2)

Entre le rose et le noir

Booby Wall

Dans quelques jours, ce sera «Octobre rose». On parlera du cancer du sein, de prévention et de cet incessant besoin de fonds pour la recherche. On donnera la parole à des «survivantes» qui ont «livré le combat» et «gagné». Verra-t-on ces femmes qui vivent avec le cancer au jour le jour et pour TOUJOURS ? Parions que non.

«On n’en parle pas. C’est complètement tabou ! Ça va à l’encontre du message d’espoir et de victoire qui est véhiculé. Cessons de parler du cancer en terme de combat, comme si on était maître de notre destinée», indique Marika Audet-Lapointe, onco-psychologue. Pour ces femmes, il est important d’apprendre à vivre avec la maladie.

En 2012, 5500 Québécoises recevront un diagnostic, 1350 en mourront. Entre les deux, des femmes vivent, tant bien que mal, avec la bête en elle. Et la peur au ventre. Même quand ça va bien et que les tumeurs régressent, même quand la vie reprend son cours pendant des années. Elles se sentent comme un équilibriste sur un fil. Combien de temps le traitement fonctionnera-t-il ? Aurai-je la force de voyager le printemps prochain ? Verrai-je mes enfants entrer à l’université ? Autant de questions, autant de tourments.

Plusieurs femmes, aux prises avec un cancer du sein avancé ou métastasique (stade 4), m’ont raconté qu’elles se sentaient bien seules, sans voix, quand le rose bonbon est à l’avant-scène. Elles exècrent le «pinkwashing». De toute façon, elles s’identifient davantage au gris qu’au rose…

Ces femmes trouvent du réconfort en ligne. En tâtonnant, elles trouvent quelques blogues, des forums de discussion et autres sites de référence. Puis, il y a l’histoire touchante de ce jeans qui se promène à travers le monde. Qui apporte un soupçon de joie partout où il va, du Chili à la Nouvelle-Zélande, en passant par l’Angleterre et Saint-Bruno-de-Montarville !

«Octobre rose» donne la fausse impression que le cancer du sein en est un bénin. Qu’on s’en sort immanquablement. Que si l’on met du sien – on évite de fumer, on réduit sa consommation d’alcool et on bouge -, on peut s’en sauver. Pourtant 50 % des cancers du sein surviendront néanmoins, même dans le meilleur environnement et les meilleures habitudes de vie. C’est une maladie hautement imprévisible qu’on comprend encore mal, disent les experts.

La recherche est essentielle et «octobre rose» a certainement sa raison d’être. Mais ayons une pensée pour ces femmes qui, comme Suzanne, font de chaque journée une victoire…

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Mardi 25 septembre 2012 | Mise en ligne à 11h57 | Commenter Aucun commentaire

Nos coureurs : dernières nouvelles

Il y a deux semaines, lors du lancement du nouveau cahier Santé, nous avons publié Célébrer l’effort, un photo-reportage mettant en vedette 10 coureurs en préparation pour le Marathon de Montréal. Ils ont alors posé pour nous avant et après un entraînement de course à pied. «Comment s’est déroulée leur course ?», demandez-vous en grand nombre. Alors, voici leur réponse ! Et vous, vous y étiez ?

Patrick Forget, 21,1 km «De mon réveil à mon départ, ma glycémie était incroyablement haute. Je n’arrive pas à m’expliquer pourquoi. J’ai essayé de la régulariser en me donnant 2 doses supplémentaires d’insuline, en vain, et j’ai dû prendre le départ ainsi. Je sentais mes jambes très lourdes à cause de la mauvaise circulation sanguine. J’avais un excellent rythme. Puis au 8e km, le pire cauchemar est arrivé. L’alarme de ma pompe a sonné ! C’est donc dire que l’insuline qui sort de ma pompe ne se rendait plus dans mon corps. Quelle était la cause du problème? Cathéter bloqué, site d’injection saturé? Au 12e km, j’ai commencé à avoir des crampes aux jambes. Ça survient lorsque la glycémie reste trop haute, trop longtemps. Qu’à cela ne tienne, le diabète ne gâcherait pas des mois d’entraînement. J’ai arrêté pour étirer mes mollets. Je souhaitais le finir coûte que coûte, en marchant s’il le fallait. Dès le 15e km, les jambes étaient très sensibles. J’ai croisé le fil d’arrivée en boitant, très fier, malgré tout. En 2h08:55.»

Jade Laveaux-Charbonneau, 21,1 km « Je suis très fière de moi car j’ai complété le 21,1 Km en 2h 19:19 (mon objectif secret était 2h15). Je considère que c’est un bon temps pour une première fois, et je vais récidiver l’an prochain ! Ce fut une expérience mémorable ! La musique, les encouragements, l’ambiance sur le parcours, les bénévoles. Courir en regardant au loin, en s’évadant dans sa tête, seule au monde dans une foule immense, frissons d’endorphines et larmes de bonheur-souffrance, voilà le résumé de ma course !»

Michel et Catherine Belval, 1km «Catherine a adoré la médaille de cette année, en forme de guitare. Elle a couru en 7: 15 minutes, son record personnel. Ce fut encore une très belle expérience, nous avons fait un pique-nique par la suite avec mes parents. »

Simon St-Germain, 21,1 km «C’est une super expérience. La course a vraiment très bien été. Quand on est fatigué, l’encouragement des gens dans les derniers kilomètres donne vraiment un second souffle. Je visais 1h50 et j’ai fait 1h48. Ça tellement bien été que j’aimerais peut-être faire le 42km l’an prochain… à voir.»

Patricia Bélanger, 10 km « Je suis surexcitée. J’ai battu mon record. Les gens étaient nombreux à encourager. Je suis aux anges.»

Geneviève Bujold, 21,1 km « Ma course a commencé en grand! J’étais bien reposée, nourrie et très fébrile! Mes 10 premiers km étaient très rapides. Puis, j’ai eu une douleur atroce, inconnue avant, à la cheville droite. J’ai dû m’arrêter sur le pont de la Concorde car j’avais même du mal à marcher sans boiter. J’ai sérieusement craint devoir abandonner… Après quelques minutes de massages et d’étirements, je me suis ressaisie. La circulation et l’adrénaline aidant, j’ai réussi à passer par dessus cette entorse. Plus j’approchais de la fin, plus j’étais émue. Je suis plus que satisfaite et, même avec le pied dans la glace, j’ai déjà hâte à l’an prochain.»

Bertrand Gauthier, 21,1 km «J’ai couru le demi-marathon sans m’arrêter en 2:07. Le temps était frais, le vent pouvait nous ralentir, mais les conditions étaient favorables. Je suis fier d’avoir retranché 23 minutes à mon record précédent. Cette semaine, ce sera repos, pas de yoga, et un bon massage. Je cours pour le plaisir d’être en forme et le rester. Le plaisir n’exclut pas une certaine souffrance à court terme, c’est quelquefois le prix à payer pour savourer la fierté d’avoir réussi. Mais les endorphines, heureusement, jouent leur rôle.»

Marielle Amiaud, 10 km «La température était idéale pour courir. J’ai relevé le défi avec un temps de 50min 48sec, mon record personnel pour un 10km ! Mes ados ont même couru quelques mètres à mes côtés lors du dernier kilomètre. Je n’ai pas ressenti de douleurs au dos, les inconforts causés par ma vieille blessure diminuent avec l’entraînement. Je poursuis donc la course et prévois m’inscrire au demi-marathon l’an prochain avec ma fille de 17 ans et mon conjoint. Mes 3 autres enfants et les 2 filles de mon conjoint vont aussi s’inscrire au marathon 2013, chacun dans la distance qui leur convient !

Lee Neveu, 21,1 km « Wow quel beau moment de vie intense! J’ai fait 1:43.20, à 20 secondes d’atteindre mon objectif secret ! J’ai retranché 14 minutes sur mon demi-marathon d’Ottawa en mai. Ouf ! C’est toujours le coeur qui gère la machine, donc durant cette course il a assuré grâce aux nombreux mots d’encouragement. Voir mes enfants avec leur médaille au cou à la ligne d’arrivée, avec la famille sur place, c’est ma récompense ultime! »

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