
Reuters
SOPHIE ALLARD
L’été et la chaleur s’installent enfin, si l’on se fie aux plus récentes prévisions météo. Qui dit chaleur, dit piscine. Ferez-vous une petite saucette ce week-end ?
Les Québécois sont fous des piscines. Saviez-vous que c’est au Québec que l’on trouve le plus grand nombre de piscines par habitant ? On n’a qu’à survoler les banlieues pour voir tous ces petits points bleus au milieu des jardins. On compte plus de 300 000 piscines au Québec (une piscine par 26 habitants!), soit plus qu’en Ontario et même qu’en Californie, selon un intéressant article du Globe and Mail. Les deux tiers sont des piscines hors-terre. Depuis 10 ans, la région métropolitaine compte 3500 piscines supplémentaires chaque année. À Toronto, on parle plutôt de… 840 piscines.
Pas étonnant donc d’apprendre que le Québec est le triste champion des noyades au pays. Saviez-vous que, selon une étude récente de la Croix-Rouge canadienne, 15 % des noyades d’enfants se produiraient dans des piscines résidentielles (surtout hors-terre) ? Pourtant, «seulement la moitié des parents croient qu’une importante mesure de prévention de la noyade consiste à clôturer une piscine des quatre côtés. Parmi les noyades d’enfants en piscine résidentielle, environ 70 % surviennent dans des piscines non clôturées, ou dont la clôture n’est pas conforme aux règlements municipaux», lit-on.
Selon le site internet gouvernemental Ma piscine sécuritaire , 31 jeunes de 12 ans et moins (90% de moins de 5 ans) ont perdu la vie dans une piscine résidentielle de 2000 à 2009. Plus de 200 enfants (de moins de 5 ans) auraient été hospitalisés suite à une quasi noyade pour la même période, gardant parfois de graves séquelles.
«Un enfant peut se noyer en aussi peu que 15 à 20 secondes. Cela représente moins de temps qu’il n’en faut pour répondre au téléphone, chercher un pichet de limonade dans la cuisine ou accueillir un invité», peut-on lire. Près de la moitié (40%) des noyades en piscine surviennent en eau peu profonde.
Sauriez-vous reconnaître quelqu’un qui se noie ?
Détrompez-vous, les signes peuvent être trompeurs, apprend-t-on dans le magazine Slate. « Une noyade est presque toujours d’une discrétion trompeuse. Dans la vraie vie, il est très rare que quelqu’un se noie en faisant de grands signes, en se débattant et en hurlant, réactions spectaculaires auxquelles nous sommes conditionnés (par la télévision) à nous attendre», lit-on. Un parent sur deux croit pouvoir surveiller les enfants en restant à l’affût de signes audibles de détresse. Or, comme on le rappelle sur le blogue de la Croix-Rouge canadienne : la noyade tue en silence.
Les parents sont si mal informés que, selon le Centers for Disease Control and Prevention, dans 10 % des cas, ils regardent leur enfant se noyer sans savoir ce qui se passe. Horrible.
Que faites-vous pour assurer la sécurité de vos enfants autour et sur les plans d’eau ?

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