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VALÉRIE SIMARD
Poussé à l’extrême, le syndrome prémenstruel peut devenir un enfer. Anxiété, déprime, colères inexpliquées et mêmes pensées suicidaires : certaines femmes ont l’impression, une semaine par mois, de devenir quelqu’un d’autre. Les psychiatres ont nommé ce « mal » le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM). Cette forme extrême du SPM fait son entrée dans le DSM-5, la bible des psychiatres, qui sera publiée demain aux États-Unis. Une maladie mentale, le SPM ? Vraiment ? Inutile de vous dire que le sujet est controversé.
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Psychiatriser les menstruations
Autres troubles catégorisés dans le DSM-5
Dans le DSM-IV, le TDPM était inclus en annexe avec les autres troubles nécessitant plus de recherche. Dans le DSM-5, il sera vraisemblablement une catégorie à part entière, au même titre que la dépression majeure et le trouble bipolaire. La décision de l’Association américaine de psychiatrie n’est pas tellement étonnante quand on prend connaissance de l’inflation de troubles mentaux que crée le DSM depuis quelques décennies. Font aussi leur entrée dans cette cinquième mouture, le syndrome d’hyperphagie boulimique qui touche les gros mangeurs et le trouble de dérégulation dit d’humeur explosive qui se traduit par des accès de colère fréquents chez les enfants. Mais, ça c’est un autre sujet.
À Hull, la Clinique du syndrome prémenstruel est située à l’intérieur du Centre hospitalier Pierre-Janet, un hôpital psychiatrique. Son fondateur, le Dr Richard Bergeron refuse toutefois de voir dans le trouble dysphorique prémenstruel une maladie mentale. « C’est un problème chimique et neurobiologique qui existe et qu’on doit reconnaître et traiter avant que ça devienne une maladie mentale grave qui s’appelle la dépression majeure. Mais, est-ce que je considère le trouble dysphorique prémenstruel comme une maladie mentale ? Non. »
Mais, toutes les femmes ne recevront pas un diagnostic de maladie mentale demain matin. Pour qu’un tel diagnostic soit établi, il faut que les symptômes prémenstruels empêchent la femme de fonctionner une semaine par mois. Au point qu’elle ne puisse pas se rendre au travail ou s’occuper de sa famille.
L’inscription du TDPM au DSM-5 soulève toutefois plusieurs questions. Le diagnostic nuira-t-il aux femmes qui veulent souscrire à une assurance-vie ? Le trouble dysphorique prémenstruel pourra-t-il être évoqué devant les tribunaux dans une défense d’aliénation mentale ? Cette nouvelle maladie mentale stigmatisera-t-elle les femmes qui en sont atteintes ou, paradoxalement, leur apportera-t-elle un réconfort en leur confirmant que finalement, ce n’est pas juste dans leur tête ?

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