
Comme vous avez pu le lire dans la version papier du Droit d’aujourd’hui, Benoît Groulx a horreur qu’on spécule sur sa carrière. Sujet tabou.
L’entraîneur des Olympiques n’a jamais aimé parler de sa situation personnelle publiquement. D’ailleurs, il m’a déjà dit que sa propre mère n’était pas au courant de ses négociations avec les Panthers de la Floride quand il avait accepté l’invitation de Jacques Martin pour diriger son club-école à Rochester à la fin de l’été 2008.
Cependant, je connais suffisamment bien l’homme derrière le banc des Olympiques pour savoir qu’il souhaite que le Canadien de Montréal et son bon ami Jacques Martin soient en mesure de retrouver le sentier de la victoire.
Je côtoie Groulx depuis assez longtemps pour savoir qu’il va vouloir diriger une équipe de la LNH un jour, mais qu’il aimerait mieux attendre encore un peu avant de devenir l’homme le plus cité au Québec, surtout que son estimé collègue est toujours en place. Groulx est comme Patrick Roy présentement. Les deux hommes sont heureux de leur qualité de vie dans la LHJMQ.
Comme beaucoup d’entraîneurs francophones, la porte d’entrée de la LNH se situe souvent à Montréal. Dans la métropole, on spécule que Jacques Martin vivrait sur du temps emprunté.
À Gatineau, les partisans ont peur de perdre leur entraîneur. Le Canadien a pigé trois fois dans la cour des Olympiques en recrutant Pat Burns, Alain Vigneault et Claude Julien. Benoît Groulx a remporté plus de coupes du Président que quiconque dans la LHJMQ. Il a déjà dirigé deux ans dans la Ligue américaine. Il est prêt à faire le saut, sauf qu’il se retrouve à Gatineau en raison de circonstances familiales.
Groulx aurait pu accepter le poste d’entraîneur-chef des Bulldogs d’Hamilton cette saison, mais ce n’était pas une option pour lui. Il a choisi de rester près de la maison pendant des années importantes de son fils de 11 ans.
Inévitablement, je pense que Groulx va diriger le Canadien un jour. Il est Québécois et il a déjà fait des miracles avec des équipes moins bien nanties depuis le début de sa carrière. Qui aurait pu prédire sa finale de la coupe du Président l’an dernier? Qui aurait pu croire que les Olympiques forceraient les puissants Sea Dogs de Saint-Jean à une série de six matches dont deux qui se sont soldés en double prolongation en faveur des Dogs?
Groulx va diriger le Canadien un jour comme Guy Boucher le fera aussi quand le «timing» sera adéquat.
Je ne crois pas que le «timing» soit idéal pour Groulx présentement, mais c’est un job qui se refusera difficilement si le poste lui est offert.
Ma crainte serait de voir Jacques Martin répéter le même scénario qu’en Floride où il avait laissé son poste d’entraîneur pour devenir directeur général. Si Martin laisse sa place pour remplacer Pierre Gauthier, il pourrait très bien se tourner vers Benoît Groulx, mais encore là, on spécule beaucoup.
Si je peux faire une prédiction à long terme, c’est que Groulx va travailler avec Patrick Roy un jour ou l’autre. J’imagine Roy comme directeur général et Groulx comme entraîneur. Ça pourrait se faire à Montréal ou même à Québec avec les nouveaux Nordiques. Il y a un respect mutuel entre les deux hommes et Groulx adore Québec.
Quand travailleront-ils ensemble? Bonne question.
Pour les partisans des Olympiques, je souhaite que ça soit après 2014, l’année où Groulx pourrait tenter de remporter une quatrième coupe du Président et peut-être même sa première coupe Memorial. Il ne lui manque que ça à son c.v.
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