
Cette semaine, j’ai écrit un texte sur un joueur électrisant de l’Intrépide de Gatineau. Aux dires de ses entraîneurs, il pourrait déjouer un joueur dans une cabine téléphonique! Michaël Joly aurait les mains agiles à ce point dans les espaces restreints.
Joly, 16 ans, a toujours été un marqueur redoutable pendant son hockey mineur.
L’an dernier, à 15 ans, il a été un des derniers joueurs retranchés de l’Intrépide de Gatineau midget AAA. Il a cependant outrageusement dominé le circuit midget espoir en première moitié de saison avant de ralentir en deuxième moitié.
Doté d’une petite taille de 5’9’’ et 150 livres, Michaël Joly a été classé comme un espoir de début de cinquième ronde par le Centre de soutien au recrutement de la LHJMQ en juin dernier. Ses habiletés naturelles à manier un bâton sont déconcertantes. Alain Sanscartier, qui coordonne le programme sports-études hockey de la polyvalente Nicolas-Gatineau depuis 19 ans, m’a expliqué que seul Derick Brassard avait montré d’aussi bonnes mains que Joly pendant cette période!
Pourtant, aucune équipe de la LHJMQ n’a jugé bon de le repêcher à 15 ans.
Pourquoi? Évidemment, on m’a parlé de sa petite taille. On a évoqué un coup de patin moyen, un jeu erratique sans la rondelle ou une carence dans son implication physique.
Je comprends tout ça. Cependant, quand un joueur est doté d’un talent hors de l’ordinaire comme celui de Joly, ne vaut-il pas la peine de prendre une chance au lieu de repêcher un pousseux de puck qui va aboutir un troisième ou quatrième trio?
Surtout qu’à 15 ans, il y a beaucoup de place pour améliorer certains défauts d’un joueur aussi intuitif que Joly.
J’ai vu Michaël Joly trois fois cette saison avec l’Intrépide et je n’ai rien vu des défauts qu’on lui reproche.
Son entraîneur, André Cayer, rapporte même que Joly n’est plus le même joueur. Qu’il est transformé.
OK, il n’a pas le meilleur coup de patin, mais ce n’est pas une béquille pour lui au niveau midget et il travaille fort à améliorer ses jambes. La petite taille? J’ai déjà vu bien plus petit au même âge. Des noms? Soumakis, Halley, Pageau.
J’ai aussi vu un joueur qui fonçait dans le tas et qui s’impliquait physiquement.
Michaël m’a expliqué la semaine dernière qu’il avait appris sa leçon au repêchage. Il veut devenir un joueur de hockey. Il ne veut pas répéter les mêmes erreurs que la saison dernière. Il veut être constant.
On parle ici d’un joueur électrisant. J’ai toujours hâte de me rendre à l’aréna Baribeau pour le voir jouer. Avec 12 buts et 25 points en 15 matches, il pointe au troisième rang du classement des compteurs derrière deux attaquants des Lions du Lac St-Louis, Jonathan Drouin (36 points en 12 matches) et Maxim Côté (29 points en 13 matches). Drouin a été le deuxième choix au total du dernier repêchage de la LHJMQ et il devrait être à Halifax, mais on dit qu’il tenait à finir ses études secondaires au Québec. Côté a 17 ans et il appartient au Drakkar de Baie-Comeau. Joly devance Laurent Dauphin, un choix de première ronde de Chicoutimi, par un point.
Ma réflexion est la suivante. En sachant que les Olympiques ont déjà une «petite équipe», est-ce que le club local peut se permettre de laisser filer un hockeyeur au talent brut exceptionnel qui évolue dans sa cour?
N’oubliez pas que Pageau évoluera chez les professionnels l’an prochain. Aussi, les Olympiques commencent à se mordre les doigts après avoir passé par-dessus le gardien Gatinois François Brassard pendant cinq rondes. Il brille maintenant chez les Remparts, qui ont trouvé une aubaine au début de la 6e ronde.