Jean-François Plante

Vendredi 5 février 2016 | Mise en ligne à 0h06 | Commenter Aucun commentaire

Le train Trenine est en marche

La réaction de Yakov Trenine après avoir inscrit de but de la 1500e victoire de l'histoire des Olympiques vendredi dernier.

La réaction de Yakov Trenine après avoir inscrit de but de la 1500e victoire de l'histoire des Olympiques vendredi dernier.

La vie de Yakov Trenine a été bousculée en très peu de temps l’an dernier.

Pratiquement inconnu en Russie avant d’être sélectionné par les Olympiques au repêchage européen, l’attaquant de 6’2’’ et 195 livres a connu une saison recrue intéressante dans la LHJMQ où il marqué 18 buts et totalisé 67 points en 58 matches à l’âge de 17 ans.

Ça lui a permis d’être sélectionné au deuxième tour par les Predators de Nashville l’été dernier. Quelques jours plus tard, il signait déjà son premier contrat professionnel. Il a ensuite connu un camp d’entraînement au-delà des espérances dans la LNH pour être un des derniers joueurs retranchés malgré ses 18 ans.

Débarqué à Gatineau avec le plein de confiance, il a sans doute cru, à tort, que la vie serait facile à sa deuxième année dans la LHJMQ. Erreur.

Maintenant sur les radars de l’équipe nationale junior de la Russie où il a été invité à participer au camp estival, Trenine avait comme objectif de participer au Championnat mondial junior.

Il a cependant peiné à se mettre en marche chez les Olympiques, récoltant seulement 5 points à ses 13 premiers matches.

«Yakov n’est pas différent de bien des jeunes de son âge qui ont tendance à oublier la recette qui leur a permis de connaître du succès. C’est tellement facile de penser que les points vont venir tout seul en revenant dans le junior. Sans le savoir, il a pris les choses à la légère en revenant de son camp pro. Il a essayé de jouer avec plus de finesse en pensant qu’il était devenu un joueur à caractère offensif. Ça n’a pas rapporté», a expliqué Benoît Groulx jeudi avant le match contre les Voltigeurs de Drummondville.

Des rencontres ont été faites entre le joueur et les entraîneurs. Séance vidéo à l’appui, on lui a montré ce qu’il devait faire pour retrouver ses repères. Une prise de conscience a été faite.

«Yakov s’est remis à frapper, à patiner, à provoquer des choses sur la glace, à bloquer des tirs et à s’occuper de son jeu défensif. Il est maintenant redevenu un joueur très difficile à affronter en raison de sa très grande force physique. Il est redevenu un joueur très efficace pendant toute la durée d’un match. Contre Val-d’Or dimanche dernier, il était le meilleur joueur des deux clubs dans les trois zones de la patinoire», a ajouté Groulx.

Depuis le 7 novembre, Trenine n’a été blanchi que cinq fois en 29 matches. Il n’a pas réussi à se faire une place avec l’équipe junior de la Russie, mais il a maintenant 35 points à ses 29 derniers matches. Mine de rien, il a également égalé son total de buts de l’an dernier avec 18. Il a atteint cette marque en 16 matches de moins. Il est rendu à 40 points en 42 matches et il va sûrement finir par amasser un peu plus d’un point par match.

Il lui reste 17 matches à jouer pour aller chercher 27 points pour égaler sa marque de l’an dernier. Je ne serais pas surpris qu’il en soit capable.

Depuis son premier combat en carrière «gagné» facilement contre Baie-Comeau, le Russe semble plus souriant dans le vestiaire. Il parle plus. Il semble plus à l’aise. La présence de Vitalii Abramov l’aide aussi énormément.

Après un lent départ, Trenine est redevenu un train sur la patinoire. Et c’est tant mieux pour les Olympiques qui auront grandement besoin de lui pendant les prochaines séries éliminatoires qui ne s’annoncent pas reposantes. Surtout qu’il a clairement été le meilleur attaquant des Olympiques pendant les dernières séries. Il n’avait que 17 ans.

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Mardi 2 février 2016 | Mise en ligne à 18h47 | Commenter Commentaires (31)

Où sont passés les partisans?

Les joueurs de l'édition 2010-11 célèbrent avec les partisans une victoire in extremis pendant les séries éliminatoires.

Je suis né d’un père ontarien et d’une mère québécoise.

Pour citer Elvis Gratton, «je suis francophone québécois canadien d’expression canadienne-française, française!»

Pourquoi est-ce que je vous dis ça? Parce que j’ai grandi à Ottawa où Brian Kilrea et les 67’s d’Ottawa étaient rois et maîtres avant l’arrivée des Sénateurs dans la LNH. J’ai assisté au championnat de l’équipe en 1984 avec Brad Shaw, Bruce Cassidy, Adam Creighton, Gary Roberts, Don McLaren, Darren Pang et compagnie. Ça me vieillit un peu. Je sais. Ils sont tous à la retraite maintenant!

Bref, j’étais partisan des 67’s dans mon enfance, mais tout a basculé quand Charlie Henry et Wayne Gretzky sont débarqués à Hull pour lancer une tradition gagnante de l’autre côté de la rivière.

J’ai changé l’allégeance pendant les séries de 1986 où les Olympiques ont tout détruit sur leur passage. Guy Rouleau, Luc Robitaille, Joe Foglietta, Pat Brisson, Benoît Brunet, Sylvain Côté, Cam Russell, Stéphane Matteau et même mon ami Luc Chénier m’ont fait vivre des sensations 10 fois supérieures à celles des 67’s parce que les matches avaient lieu dans un temple du hockey pas comme les autres à l’aréna Robert-Guertin.

Une ambiance carnavalesque! Mes jeunes oreilles ont entendu des insanités, bien sûr. C’était une véritable foire dans les gradins. Ça hurlait, ça chantait, ça insultait l’adversaire, les partisans allant même jusqu’à suspendre des sacs de bâtons de golf au plafond dans le dernier match d’une série. Le fantôme. Le gars du moitié-moitié qui scandait: «de l’ARRRRRGENT. Ceux qui n’achètent pas gagnent pas!». Guertin était un lieu culte!

Aller voir les Olympiques vous procurait un sentiment de puissance. Ils dominaient le jeu aux points et aux poings. Avec le policier Pat Burns derrière le banc, on se sentait que tout était sous contrôle. Qu’est-ce que ce devait être intimidant pour l’adversaire.

Je me souviens de ma déception quand je m’étais buté à des guichets fermés pendant les séries qui ont mené au championnat de 1988. J’étais avec mon jeune frère. Ma mère nous avait déjà déposés. Elle était partie. On faisait pitié devant l’aréna jusqu’à ce que la femme d’Alain Vigneault vienne à notre rescousse en nous donnant deux billets pour s’asseoir à côté d’elle à la gauche du banc des Olympiques. Quelle joie! Je lui en suis encore reconnaissant aujourd’hui!

L’ambiance unique à un match des Olympiques est vraiment ce qui donne tout le charme à l’amphithéâtre vieillissant de la rue Carillon. Cette ambiance a perduré dans les années ‘90 et 2000. Elle a perdu graduellement de son lustre à partir de 2010. Elle a carrément disparu cette saison avec des foules désolantes de moins de 2000 spectateurs à répétition.

De là, la parution de mon dossier sur la plongée vertigineuse des assistances du «Vieux Bob» la semaine dernière.

Que diable s’est-il passé?

Il est évident que la vétusté de l’amphithéâtre repousse certaines personnes, mais en grattant, on se rend compte qu’il y a plus que cela.

La direction de l’équipe a une prise de conscience à faire pour se rapprocher de ses partisans qui semblent avoir été pris pour acquis au fil des ans.

Les Olympiques ont une excellente équipe sur la glace cette saison. Elle devrait permettre aux gens de vibrer comme dans le bon vieux temps, mais les partisans ne sont pas au rendez-vous.

Et présentement, au lieu de se comparer aux Canadiens de Montréal (ambiance, foules), les Olympiques doivent se comparer au Titan d’Acadie-Bathurst au chapitre de la plus forte décroissance des assistances.

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Mardi 26 janvier 2016 | Mise en ligne à 19h34 | Commenter Commentaires (8)

Les deux magiciens olympiens

Claude Giroux a été le dernier joueur de 17 ans à produire plus de 100 points chez les Olympiques.

Claude Giroux a été le dernier joueur de 17 ans à produire plus de 100 points chez les Olympiques.

On l’appelait le Magicien franco-ontarien. Claude Giroux était spectaculaire. Il vous dressait les poils sur les bras tellement il arrivait à vous éblouir avec des trucs inimaginables.

Le genre de joueur qui passe une fois par décennie.

Sous les projecteurs du centre Robert-Guertin, the thrill is back comme dirait les Anglais.

Dix ans après la saison recrue de Claude Giroux en 2005-06, un autre magicien est débarqué en ville. Celui-là, on le surnomme Abracadabramov tellement Vitalii Abramov est capable d’ensorceler l’adversaire avec ses habiletés avec la rondelle.

Similaire les deux joueurs? Absolument. Le premier n’a jamais été repêché dans la Ligue de l’Ontario parce qu’on le jugeait trop petit et aussi parce qu’il avait souffert d’une mononucléose qui avait limité son évaluation auprès des dépisteurs. Le Russe est plus petit que Giroux (5’11’’ vs 5’9’’) et c’est pour ça que le Centre de soutien au recrutement de la LNH l’a classé au 56e rang de son relevé de mi-saison parmi les patineurs évoluant en Amérique du Nord.

Statistiquement parlant, au même âge (17 ans), les deux joueurs produisent à peu près au même rythme. Abramov a même un léger avantage après 48 matches.

Claude Giroux a amassé 103 points en 69 matches à 17 ans chez les Olympiques.

Après 48 matches, il avait récolté 64 points.

Après 48 matches, Vitalii Abramov est rendu à 73 points dans une ligue où il se compte moins de buts qu’il y a 10 ans.

Giroux avait toutefois terminé l’année en force avec 23 points à ses 10 derniers matches à l’époque où le calendrier comprenait 70 matches. Ce dernier a été réduit à 68 matches à présent et Abramov va rater son premier match de la saison ce week-end parce qu’il sera tout juste de retour de Vancouver où il doit participer au Match des espoirs de la LCH.

Pourrait-il devenir la première recrue des Olympiques à atteindre le plateau des 100 points depuis Giroux? S’il garde la santé, les chances sont bonnes.

Les assistances sont en forte baisse à Guertin cette année. Dans les dernières années, on m’a dit qu’il manquait de joueurs vedettes pour se déplacer au Vieux Bob.

Votre joueur vedette, il est là. Oh, il lui arrive de faire son numéro de l’homme invisible pendant une période ou deux. Puis, une courte visite aux concessions pourrait vous faire manquer trois buts…

Abramov. À découvrir. Absolument.

Quand votre nom est associé à celui de Giroux, l’incitatif devrait être assez puissant.

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