Philippe Cantin

Philippe Cantin - Auteur
  • Philippe Cantin

    Après dix ans à la direction de l’information de La Presse, Philippe Cantin retourne à ses premières amours et reprend la couverture sportive.

  • Lire la suite »

    Partage

    Lundi 9 décembre 2013 | Mise en ligne à 12h33 | Commenter Commentaires (14)

    Marvin Miller encore oublié

    Marvin Miller est mort en 2012.

    Marvin Miller est mort en 2012.

    Marvin Miller, l’ancien directeur de l’Association des joueurs du baseball majeur, a de nouveau été oublié par les électeurs du Temple de la Renommée.

    Les anciens gérants Bobby Cox, Joe Torre et Tony La Russa ont été choisis, mais pas Miller. Son influence sur le baseball, et tous les sports professionnels, fut pourtant déterminante.

    Il est tout de même ironique que l’ancien commissaire Bowie Kuhn, qui a perdu de grosses batailles face à Miller, ait été sélectionné dès 2008.

    Les convictions de Miller ont aidé les joueurs à obtenir le statut de joueur autonome. Pourtant, comme il l’a écrit dans ses mémoires, des gens de l’industrie croyaient que cela tuerait le sport. Ce ne fut pas ce qui s’est produit, bien au contraire.

    En n’acceptant pas Miller en ses rangs, le Temple de la Renommée et ses électeurs manquent nettement d’envergure.


    • Il ne faisait pas parti de LA CLIQUE

    • À la fin de sa vie, Miller a demandé à ne pas être intronisé. Ses enfants ont demandé durant le processus du comité des vétérans à ce qu’on respecte ses dernières volontés. C’est certes une injustice qu’il n’ait pas été intronisé de son vivant, mais ce serait doublement scandaleux de le faire maintenant.

    • Et Pete Rose…

      Ce n’est pas le seul non grata a ce temple apparemment

    • S’il est vrai qu’il a demandé à ne pas être intronisé, tant mieux. De toute façon, la meilleure façon de se rappeler de sa contribution, c’est de continuer à écrire des papiers là-dessus M. Cantin. Ce n’est certainement pas tous les finissants en arts et technologise des médias embauchés à rabais par RDS et TVA sports qui vont y penser… Je me souviendrai toujours des interviews inclus dans le film de Ken Burns. Miller était vraiment brillant. Son travail pour détruire l’Esclavage moderne que représentait le clause de réserve fut magistral. À mille lieues des Michel Arsenault et autres racailles syndicales qui sévissent de nos jours. Miller ressemblait davantage à un autre type, Antonio Gramsci, dont un juge de l’époque fasciste de Mussolini avait dit: il faut empêcher ce cerveau de penser.

    • Au moins le processus de sélection des intronisés au Temple de la renommée du baseball est complètement transparent. Tout le contraire du hockey.

    • L’association des joueurs du baseball majeur est le syndicat le plus puissant d’Amérique du Nord. Cela est en grande partie grâce à Marvin Miller.

      Il a fait beaucoup pour le bien être des joueurs et le baseball d’aujourd’hui porte sans aucun doute l’empreinte de Miller !

      Par contre, lorsqu’on s’y attarde, le fait d’avoir rendu possible l’implantation des joueurs PME s’est en grande partie ce qui a creusé l’écart, de plus en plus abyssal, entre les athlètes et leurs fans.

      Le sport professionnel s’est déconnecté de la réalité des gens « ordinaires ». Les joueurs vedettes sont devenus plus gros que leur propre sport. On en vient même à trouver normaux les salaires mirobolants des joueurs, étant donné qu’ils sont dorénavant payés selon les « normes du marché ».

      Les joueurs PME sont devenus des produits commerciaux pratiquement plus importants que leur propre équipe.

      L’identification des amateurs face à leur équipe locale repose de moins en moins sur la stabilité d’un noyau d’athlètes, mais, plutôt sur la tradition et l’héritage de l’équipe.

      Est-ce que l’apport de Miller a été profitable au baseball ou a-t-il annihilé l’image même du baseball?

      Il a indubitablement travesti ce qu’était traditionnellement le sport professionnel. Évidemment, les joueurs ne s’en plaindront pas, leur compte en banque bien garni est là pour leur rappeler.

      Miller aura changé la face du sport et apporté dans son sillage l’avènement des gestionnaires sportifs.

      A-t-il sa place au Temple de la Renommée?

      Oui… et non !

    • Ne vous inquietez pas! Le cirque durera encore un an et quand le clown principal quittera ses fonctions, des bourdes comme celle-ci seront reparées/rectifiées

    • @the_greatest
      10 décembre 2013
      01h58

      En tout respect, parce que je suis d’accord avec plusieurs de vos propos, je pense que vous vous trompez de cible en faisant de Miller le responsable de cette mutation dans le rapport entre les amateurs et les joueurs. Miller a détruit un système esclavagiste. Il n’a jamais été le propriétaire de MLB. Ce n’était pas à lui de leur dire comment gérer leur business. Même George Will, qui est assez loin de Fidel Castro, dit dans le documentaire de Burns que personne ne va au stade pour voir un propriétaire. C’est comme en vouloir aux créateurs de blogues pour la disparition des journaux. Le problème, c’est la culture du journalisme qui continue à perpétuer un discours qui date de l’époque glorieuse où tout le monde lettré lisait La Presse. Je veux bien qu’on soit nostalgique de l’époque où les joueurs étaient aussi humbles et jaloux des riches que le ptit peuple que nous sommes, moi aussi je regrette l’époque où les joueurs étaient fidèles aux équipes, mais tout ce rapport était fondé sur un mensonge. L’être humain n’est pas fidèle de nature. La fidélité c’est précieux, ça demande des sacrifices et c’est normal qu’on célèbre les fois où ça arrive, que ce soit dans un couple ou dans un équipe sportive. J’ose espérer que le balancier revient un peu de l’autre bord, que de plus en plus de joueurs vont privilégier les valeurs de solidarité que le peuple chérit tant. Mais je ne suis pas très optimiste. Miller y croyait à ces choses, je crois, du moins s’est-il clairement positionné de ce côté-là tout au long de sa vie professionnelle…

    • @ andy_mcgafigan
      Votre opinion est aussi valable que la mienne et surtout il fait bon de pouvoir discourir d’un tel sujet avec quelqu’un qui semble connaisseur !

      Dans votre réponse vous avez mis le doigt directement sur le malaise de certains face à l’apport de Miller. La nostalgie!

      Évidemment, mon impression de l’héritage de Miller est empreinte de nostalgie. Une sorte de doléance d’une époque où le logo d’une chemise valait plus que le nom à l’arrière.

      Lorsque vous dites que : « Miller a détruit un système esclavagiste », votre figure de style frappe fort. Exagéré bien sûr, mais tout de même pas si loin de la réalité.

      À l’époque le système qui prévalait était celui de la clause de réserve. Cela confiait les droits exclusifs d’un joueur à son équipe, et ce, à perpétuité. D’où la symbolique que vous apportez d’esclavage.

      D’un autre côté, cette clause de réserve se voulait en quelque sorte une balise pour assurer la pérennité d’une ligue compétitive. La force de la stabilité d’un noyau dur d’athlètes permettait du même coup la possibilité de dynastie !

      Durant son règne, Miller aura chamboulé complètement les structures du baseball et surtout du rapport de force entre joueurs et propriétaires. Solidarité, moyen de pression, boycott et grève ont désormais fait partie intégrante du lexique des joueurs de balle.

      Comme ce fut bien souvent le cas dans l’histoire, par son aura bien singulière, le baseball servant de précurseur, tous les autres sports auront fini par suivre le nouveau modèle imposé par Miller.

      À savoir si Miller a sa place au Temple de la Renommée, la question, ici, étant de savoir quels sont réellement les critères de sélection !

      Est-ce qu’en qualité de bâtisseur, son dévouement a su, au fil des ans, construire une organisation solide, reconnue qui se perdurera encore longtemps ? Oui.

      A-t-il laissé sa marque sur son sport ? Oui.

      A-t-il contribué à la renommée du Baseball ? Oui.

      Positivement ?
      Euh, dans un sens peut-être… si l’on regarde ça du point de vue global. L’Association aura été l’inspiration de bien des syndicats. Au niveau « purement » baseball, non !

      A-t-il créé un monstre syndical pratiquement plus gros que l’employeur ? S’il n’est pas plus gros, il en est tout au moins son égal.

      A-t-il travaillé pour améliorer l’image du baseball et surtout a-t-il travaillé pour les amateurs de baseball ? Non. Les poches des joueurs ont toujours été sa principale préoccupation. Rien de plus.

      Tout ça pour dire qu’il a autant de raison valable d’y être admis, que ses détracteurs en ont pour justifier son exclusion.

      ***
      J’en profite également pour souligner le très complet documentaire Baseball de Ken Burns, dont tu as fait mention. Excellente idée-cadeau pour tout amateur de baseball!

    • A Whole Different Ball Game de Miller est l’un des meilleurs livres de baseball écrits par quelqu’un d’impliqué dans le jeu et l’institution. À lire.

    • très bon pour les joueurs,mauvais pour les proprietaires,excècrable pour les amateurs,merci Marvin….

    • .
      @mcgafigan + greatest .
      Que c’est agréable de vous lire. Trop souvent (tout le temps?) on assiste dans ces pages (dans pas mal tous les blogues de La Presse) à des débats où des individus se permettent d’être déplacés lorsque les opinions énoncées par d’autres ne correspondent pas aux leurs. Bravo !

    • Dans son superbe livre Ball Four (que tout véritable amateur de baseball se doit de lire), Jim Bouton raconte l’élection de Miller à la tête de leur syndicat: peu avant le vote, un représentant du Baseball Majeur est allé faire une visite au camp d’entraînement de l’équipe de Bouton pour leur parler de l’élection de leur représentant. De tous les candidats en liste, ce représentant en a visé seulement UN (Miller), leur disant de “se méfier de lui”.

      Ils l’ont élu à l’unanimité! C’est pour dire ce que les joueurs pensaient des propriétaires!

    • Je en suis en aucun cas un fan de balle et encore moins un connaisseur, mais la fameuse clause de réserve que vous invoquez ressemble grandement au système qui prévaut encore aujourd’hui dans le monde du foot (ou soccer) de par le monde.

      Or, on est loin de l’esclavagisme auquel vous faites référence pour invoquez cette clause.

      C’est un simple commentaire pas une critique.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Twitter

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    décembre 2013
    D L Ma Me J V S
    « nov   jan »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    293031  
  • Archives

  • publicité