Philippe Cantin

Mardi 20 janvier 2015 | Mise en ligne à 10h17 | Commenter Commentaires (27)

Patience = 66 millions

Max Scherzer se joint aux Nationals de Washington

Max Scherzer se joint aux Nationals de Washington

Au printemps dernier, les Tigers de Detroit ont proposé une prolongation de contrat de six ans d’une valeur de 144 millions à leur as lanceur, Max Scherzer. Convaincu de toucher plus d’argent un an plus tard comme joueur autonome, il a refusé.

La décision a étonné. Comment un gars célébrant bientôt ses 30 ans pouvait-il refuser pareil gros lot ? Une simple malchance au cours des mois suivants, comme une blessure au bras, aurait compromis son pouvoir de négociation.

Au bout du compte, Scherzer a eu raison de croire en sa bonne étoile. Lundi, il a signé un contrat de 210 millions pour sept ans avec les Nationals de Washington. La moitié de son salaire sera différée, mais sa patience lui aura valu 66 millions additionnels.

Les chiffres du baseball sont  tout de même un peu fous.

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Samedi 1 novembre 2014 | Mise en ligne à 12h16 | Commenter Commentaires (122)

Le pont Maurice-Richard

Voici ce que j’écrivais, en juin 2012, à propos de donner le nom de Maurice Richard au pont qui remplacera le pont Champlain. Je n’ai pas changé d’idée!

Oui au pont Maurice-Richard

Il s’agit d’un gigantesque projet de construction, une affaire de 5 milliards de dollars.

Si ses concepteurs ont de l’imagination, cette structure sera bien plus qu’un simple pont. Ce sera la nouvelle signature de Montréal, un ouvrage architectural avec du panache.

Voilà pourquoi le choix du nom est si important. La décision la plus prudente serait de conserver l’appellation actuelle, pont Champlain. Même si le grand explorateur est d’abord connu comme le fondateur de la ville de Québec, son immense influence a été ressentie dans toute l’Amérique.

La construction du nouveau pont fournit cependant une occasion extraordinaire de saluer le Québec moderne en honorant un homme qui symbolise à merveille nos espoirs, nos luttes et nos réalisations.

Maurice Richard a été un grand Montréalais et un grand Québécois. Plus de 50 ans après sa retraite du hockey et plus de 10 ans après sa mort, son nom demeure synonyme de fierté, d’accomplissement et d’affirmation collective. Les valeurs associées à ses exploits sont inspirantes et expliquent pourquoi il est devenu une légende.

La majorité des Québécois sont trop jeunes pour avoir vu jouer le Rocket. Mais ils n’ont qu’à fermer les yeux pour imaginer une de ses montées à l’emporte-pièce. Cela illustre la place considérable qu’il occupe dans notre imaginaire collectif.

Bien sûr, Maurice Richard n’était pas parfait. Il a commis des erreurs dans sa carrière. Cela aussi le rend attachant.

Derrière l’immense vedette, on retrouve toujours ce jeune homme issu d’un quartier ouvrier de Montréal, qui a vaincu mille obstacles pour accomplir son rêve.

* * *

Nommer le nouveau pont en l’honneur de Maurice Richard constituerait un choix audacieux.

Le ministre fédéral Denis Lebel a causé une surprise en évoquant l’idée après avoir étudié les suggestions de nombreux citoyens. «Les gens nous disent que c’est un digne représentant du Québec, qu’il faisait l’unanimité», a-t-il déclaré à mon collègue Joël-Denis Bellavance.

La coutume suggère plutôt qu’on associe le nom d’athlètes méritants à des installations sportives. Pas à un ouvrage majeur comme ce lien entre Montréal et la Rive-Sud.

Un aréna près du Stade olympique porte d’ailleurs le nom de Maurice Richard, mais il s’agit d’un édifice modeste pour honorer un personnage clé de notre histoire.

Dans un Québec souvent divisé sur le plan politique, la décision d’honorer ainsi Maurice Richard serait rassembleuse. On éviterait, par exemple, une controverse semblable à celle provoquée par le nouveau nom de l’aéroport Montréal-Trudeau.

Mais ce n’est pas l’essentiel. Si la suggestion est pleine de bon sens, c’est parce que le Rocket a été beaucoup plus qu’un formidable hockeyeur. Même s’il ne l’a pas souhaité, il a porté sur ses épaules les aspirations de tout un peuple.

L’émeute du 17 mars 1955, provoquée par sa suspension pour les derniers matchs du calendrier régulier et les séries éliminatoires, constitue un événement phare de notre histoire contemporaine.

Quatre jours après ces événements, André Laurendeau, alors journaliste au Devoir, a publié un billet célèbre intitulé: «On a tué mon frère Richard».

Pour le peuple canadien-français, écrivait Laurendeau, «Maurice Richard est une sorte de revanche».

Laurendeau, sans doute avec raison, croyait que le sort de Richard ne ferait pas longtemps les manchettes. «Et puis, il ne s’agit tout de même que de hockey… Tout paraît destiné à retomber dans l’oubli.»

Ce fut bien la seule erreur d’appréciation de Laurendeau. Suspendu, Maurice Richard devint plus grand que nature. Il l’est toujours aujourd’hui.

* * *

En 1955, à l’annonce de sa construction, le pont Champlain a d’abord été nommé pont de l’Île-des-Soeurs. Trois ans plus tard, au plus fort des fêtes soulignant le 350e anniversaire de Québec, le gouvernement fédéral lui a donné le nom du fondateur de la première ville canadienne.

Oui, conserver ce nom représenterait un choix honorable. Mais le Québec d’aujourd’hui doit aussi honorer ceux qui ont contribué à son histoire plus récente.

C’est ainsi qu’on a donné le nom de Félix Leclerc à une autoroute qui traverse une grande partie du Québec. Merveilleux symbole pour un homme ayant laissé son empreinte aux quatre coins du territoire.

Donner au nouveau pont le nom de Maurice Richard serait un geste aussi puissant. Tous les Québécois, peu importe leur origine, leur condition sociale ou leurs opinions politiques, aiment et respectent Maurice Richard.

Un pont sert à nous réunir.

À sa manière, c’est ce que Maurice Richard a fait toute sa vie.

Oui au pont Maurice-Richard.

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Mercredi 4 juin 2014 | Mise en ligne à 10h35 | Commenter Commentaires (29)

Abanda a aussi du succès

Françoise Abanda: un beau parcours à Roland-Garros chez les juniors.

Françoise Abanda: un beau parcours à Roland-Garros chez les juniors.

Le volet junior du tournoi de Roland-Garros se poursuit. Ce matin, la Montréalaise Françoise Abanda a atteint les quarts de finale en prenant la mesure de la Britannique Isabelle Wallace 7-5 et 7-6 (10-8).

Abanda est remise d’une blessure à l’épaule qui l’a beaucoup ennuyée la saison dernière. Âgée de 17 ans, son potentiel est immense.

En 2012, Abanda a été éliminée en demi-finale du tournoi de Wimbledon (junior). Il s’en est donc fallu de peu pour qu’elle affronte Eugenie Bouchard, l’éventuelle championne, dans l’affrontement ultime.

Pour les espoirs québécois et canadiens, les succès d’Eugenie Bouchard sont inspirants. Sa réussite représente un modèle auquel ils peuvent s’identifier. On a vu les effets positifs de cette émulation dans d’autres disciplines, le ski acrobatique par exemple.

Françoise Abanda sera sans doute la prochaine à briller.

On suivra avec attention la suite de son parcours à Paris.

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