Mieux vaut tard que jamais. C’est maintenant au tour des actionnaires de vivre leur printemps, en cette saison des assemblées annuelles. Semaine après semaine, ils s’opposent en grand nombre aux primes et salaires des grands patrons de multinationales. Ils considèrent qu’ils s’octroient de trop grandes sommes qui ne reflètent plus la performance des entreprises.
Des exemples? Presque un tiers des actionnaires de la banque Barclays ont voté contre le programme de rémunération en général, et en particulier celle du directeur Bob Diamond, évaluée à 17 millions de livres sterling. Trois fois plus d’argent ont été distribué aux employés sous forme de primes qu’aux actionnaires l’année dernière.
À l’assemblée annuelle du géant minier Xstrata, le vote rebelle représentait 35%, il y a une semaine.
La colère des actionnaires de l’assureur Aviva a également poussé vers la sortie aujourd’hui son directeur Andrew Moss, en poste depuis 2007. La valeur de l’action d’Aviva a plongé de 60% sous sa tutelle.
Je doute que le problème en soit un de communication, comme l’a suggéré le président de Barclays. Les investisseurs ne sont pas stupides.
Le Financial Times a souhaité en éditorial que le vote sur les contrats de rémunération soit contraignant et non symbolique comme à l’heure actuelle. “La direction ferait de plus grands efforts pour comprendre les attentes des investisseurs afin d’éviter un “non” en assemblée.”
Mais les actionnaires hiberneront-ils à nouveau dès que l’économie se portera mieux? Ce sera leur vrai test, croit le FT.










