Le Big blogue de Londres

Archive de la catégorie ‘Société’

Mercredi 24 octobre 2012 | Mise en ligne à 6h40 | Commenter Commentaires (28)

Six ans de prison pour ne pas avoir prédit l’imprévisible

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Un séisme peut-il être imputable aux scientifiques qui ont manqué de le prédire? Selon la justice italienne, la réponse est affirmative. Lundi, six scientifiques italiens (dont l’ancien président de l’Institut national de géophysique et vulcanologie) ont été condamnés à six ans de prison ferme pour ne pas avoir vu venir l’important tremblement de terre à L’Aquila, en 2009, qui a fait plus de 300 victimes. Ils s’étaient réunis six jours avant le séisme meurtrier alors que des secousses se faisaient de plus en plus régulières dans la région. Ils avaient affirmé qu’il n’y avait pas lieu de croire qu’un important tremblement de terre allait survenir, tout en insistant qu’il était impossible d’en prédire la survenue.

La communauté scientifique est en état de choc. En plus de la peine de prison, les sismologues n’auront plus le droit de pratiquer leur profession et devront verser 9,1 millions d’euros aux parties civiles. Du délire. Le président de la Commission italienne “grands risques”, a démissionné en guise de protestation.

Les sismologues à l’international s’insurgent de l’absurdité de criminaliser l’ignorance professionnelle, car il n’existe pas de technologie fiable pour prédire les tremblements de terre. “C’est totalement surréaliste: on leur reproche de ne pas avoir alerté la population alors que nous ne savons pas à l’heure actuelle prédire les séismes”, a affirmé Robin Lacassin, expert français, à l’Express.

Face à ce verdict populiste, les condamnés pensent faire appel. Mais la méfiance entre la population et ses scientifiques s’est installée au fil des audiences. Dans ce climat actuel, “quel scientifique voudra exprimer son opinion sachant qu’il pourra finir en prison?”, s’est interrogé Stefano Gresta, le nouveau président de l’institut italien de géophysique.

Poser la question, c’est y répondre.

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Mardi 2 octobre 2012 | Mise en ligne à 13h00 | Commenter Commentaires (13)

Le DJ pédophile

Jimmy Savile est une légende en Grande-Bretagne. Si sa gueule vous dit quelque chose, c’est peut-être parce qu’il a animé l’émission mythique Top Of The Pops. Jusqu’à sa mort, en octobre 2011, c’était le Daddy Cool de la musique, l’éternel adolescent aux survêtements sport.

Des allégations posthumes de pédophilie sèment donc l’émoi dans les chaumières. Cinq femmes ont révélé avoir été abusées à l’adolescence par le présentateur vedette à la chaîne de télévision ITV. Il semble que le célibat de Jimmy Savile cachait quelque chose de plus sordide: un goût pour les filles de 14 ans.

Et c’est maintenant que des anciens collègues admettent qu’ils s’en doutaient. Ils n’osaient pas sonner l’alarme de son vivant parce que Savile était un intouchable dans le milieu. Lorsqu’un journaliste a fouiné un peu trop loin sur les rumeurs de pédophilie, il a menacé d’arrêter son travail caritatif. Philanthrope reconnu, il a aidé à amasser 40 millions de livres sterling pour des oeuvres de charité.

Ce qui est encore plus honteux que la complicité silencieuse de son entourage, c’est le refus de la BBC de présenter un documentaire sur ces mêmes allégations en décembre 2011, soit deux mois après le décès de son ancien employé. Un ténor de la direction est intervenu pour empêcher la diffusion d’un topo à l’émission d’affaires publiques Newsnight. Des voix s’élèvent maintenant et exigent une enquête interne à la BBC.

Compte tenu que certaines des agressions auraient eu lieu dans les studios mêmes de la chaîne publique, ce ne serait pas une mauvaise chose.

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Mardi 25 septembre 2012 | Mise en ligne à 12h56 | Commenter Commentaires (6)

Quand un ministre insulte des policiers

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Dans bien des pays, les policiers courbent l’échine devant un ministre. Pas en Angleterre. Le député Andrew Mitchell l’a appris à ses dépens quand il a sommé les policiers devant Downing Street d’ouvrir la barrière pour le laisser passer à vélo. Un agent lui a poliment dit qu’ils n’en avaient pas l’autorisation et lui a demandé d’utiliser la sortie piétonne. Le cacique du parti conservateur s’est énervé après avoir insisté en vain. Avant de s’éloigner, il lui a lancé: “Best you learn your fucking place. You don’t run this fucking government. You’re fucking plebs.” (Vous devriez savoir garder votre place. Vous ne dirigez pas ce gouvernement, sales plébéiens.)

Tout le monde ensemble: “Hoooooonnnnnnnn.”

Cela s’est produit mercredi dernier et cela fait encore jaser. Parce qu’en Angleterre, il ne faut pas insulter les sacro-saints policiers, presque aussi vénérés que la famille royale. Entre les policiers et les politiciens, deux fois plus de Britanniques font confiance aux premiers.

Le Parti conservateur refuse de mener une enquête sur le comportement de Mitchell. Mais maintenant que le Daily Telegraph a publié le journal de bord du policier rudoyé, insultes comprises, ce n’est pas seulement la réputation du député fautif qui en prend pour son rhume mais celle du parti en entier.

Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là mercredi dernier. Le policier en question a menacé d’arrêter Mitchell suite à sa diatribe tout sauf élégante. Pourquoi? À cause de ses sacres.

D’une part, je suis fière de vivre dans un pays où la politique n’est pas au-dessus de la loi. D’autre part, cette propension pour les “bobbies” à chercher leurs menottes au premier “fucking” m’horripile. N’avons-nous plus le droit de piquer une crise en public, même envers un policier, dans le (l’ancien?) bastion de la liberté d’expression?

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