Je me souviens de ma première visite à Londres. J’y étais pour seulement 24 heures. J’avais déboursé une somme rondelette pour un simple lit dans un dortoir d’un hôtel à Paddington. Je me suis promenée dans la capitale cette journée-là, l’air béat. Je tombais en amour. Un seul truc m’avait presque choquée: les supposées cartes de visite de prostituées qui tapissaient l’intérieur des légendaires boîtes téléphoniques. Les aguicheuses rivalisaient de provocation dans leurs poses.
La mairie de Londres va enfin s’attaquer aux réseaux de prostitution qui recrutent leur clientèle ainsi. L’adjoint de Boris Johnson, Kit Malthouse, veut travailler avec les principales compagnies de téléphonie cellulaire pour que les numéros affichés dans les cabines soient bloqués.
Cette initiative s’inscrit dans une campagne plus large visant à combattre le trafic d’esclaves sexuels. Les autorités craignent que les proxénètes profitent des jeux olympiques de 2012 pour faire entrer illicitement plus de prostituées au pays. Ce fut le cas à Sydney et Athènes. La police de Londres allouera 600 000 livres sterling (environ un million de dollars canadiens) pour les trois prochaines années à une unité spéciale qui tentera de secourir les victimes de ces réseaux criminels.
Il y aurait déjà plus de 18 000 esclaves sexuels au pays selon les autorités. À mon avis, ce n’est que la pointe de l’iceberg. Il me semble que 600 000 livres sterling en trois ans, c’est bien peu. Admettons que les policiers de l’unité soient payés 40 000 livres sterling par année. C’est alors l’équivalent du salaire de cinq agents pour trois ans. Est-ce suffisant pour une industrie qui brasse des millions chaque année?
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