Le Big blogue de Londres

Archive de la catégorie ‘Politique’

Mercredi 27 juin 2012 | Mise en ligne à 12h31 | Commenter Commentaires (2)

Y a-t-il un capitaine à bord?

Une des citations les plus célèbres de Margaret Thatcher est la suivante: “The lady is not for turning.” Certes, la dame de fer n’aimait pas changer son fusil d’épaule, pour le meilleur et pour le pire.

L’actuel ministre des Finances n’a de toute évidence pas les nerfs d’acier de Thatcher.

George Osborne vient de faire marche arrière une cinquième fois sur des mesures qu’il avait annoncées dans son Budget en mars. Et honnêtement, cela commence à affecter sa réputation. Dans la politique britannique, on ne change pas d’idée comme de chemise sans devenir la risée de la chambre des Communes. Même si le virage en cause était une question de gros bon sens.

Comme l’explique l’excellent reportage de Newsnight ci-dessus, George Osborne a annoncé qu’il annulait une hausse de 3% sur la taxe d’essence. Devant la pression populaire, il a également biffé ces derniers mois une taxe de vente sur les pâtés de viande, un plafond d’exonération fiscale de 50 000 livres sterling pour les dons caritatifs, une taxe sur les rénovations d’églises et une taxe sur les maisons mobiles.

Un ministre à l’écoute de son peuple? Plutôt indécis et incompétent selon la presse britannique.

Peut-être est-ce aussi un aveu de défaite: le plan A, l’austérité à tout prix, plombe l’économie plutôt que de la relancer. Cet argent qui restera dans les poches des familles et dans les coffres des oeuvres de charité et des églises pourrait aider à relancer un tant soit peu la consommation domestique.

Ce que je trouve vraiment lâche de George Osborne par contre, c’est d’avoir jeté dans la gueule de Jeremy Paxman une jeune ministre pour expliquer son dernier virage à date. Dans la vidéo ci-dessus, la pauvre se fait varloper dès les premières minutes de l’entrevue, vers 6min20.

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Mardi 6 mars 2012 | Mise en ligne à 12h39 | Commenter Commentaires (5)

Massacre à la radio

OUCH. Se faire vilipender par les chroniqueurs politiques, c’est une chose. Se faire dire par des électeurs qu’on ne les inspire pas, qu’on est trop jeune et insignifiant, c’en est une autre. Ed Miliband, le chef du parti travailliste, a eu droit à une volée de bois vert lors de son passage à la radio de la BBC ce matin.

Vous pouvez entendre un extrait ci-dessus. Les auditeurs de l’émission étaient invités à se prononcer sur son appel, plutôt facile, à un regain du patriotisme industriel, du “Made in Britain”. C’est plutôt son leadership de l’opposition qui a été démoli.

“Je ne crois pas que les gens vous prennent au sérieux. C’est clair aux yeux de tous que vous ne serez jamais premier ministre de ce pays; je parierais ma vie là-dessus”, a dit un sympathisant du parti travailliste nommé Charles.

“Vous ne faites rien pour ravoir mon vote…Vous avez tous été éduqués à Oxford et Cambridge, vous n’avez aucune idée de la vie que je mène”, a dit de son côté Andrew, un commentaire qui doit faire particulièrement mal puisque Miliband tente de se positionner comme le champion de la classe moyenne britannique depuis qu’il a remplacé Gordon Brown en 2010.

En fait, Miliband a le même défaut que son prédécesseur: il n’a pas de “star quality”, comme disent les Américains. Il parle du nez, il n’est pas beau et se fait piétiner chaque semaine à la joute orale qui l’oppose à l’habile David Cameron au Parlement.

Et en plus, ses idées, quand il en a, n’inspirent pas.

Je vous parie le retour de son frère, le beau et charismatique David Miliband, d’ici un an.

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Lundi 24 octobre 2011 | Mise en ligne à 11h31 | Commenter Commentaires (11)

Ne parlez pas du Québec à Alex Salmond

Alex-Salmond--007

On a déjà accusé Alex Salmond de “bluff”. Mais référendum écossais, il y aura.

Alex Salmond est un peu le René Lévesque écossais. Il n’a pas fondé le Scottish National Party comme “Ti-Poil” l’a fait avec le Parti Québécois. Mais le SNP ne serait rien sans lui. Alex Salmond a fait renaître le parti de ses cendres, et avec lui, la fibre nationaliste des Écossais, quand il en a repris les rênes en 2004. Après un brillant premier mandat, capitaine Écosse a obtenu la majorité aux élections de mai dernier, un exploit que plusieurs analystes croyaient impossible.

La voie est libre, donc, pour un référendum, prévu d’ici 2015. Salmond a laissé des partisans perplexes le week-end dernier, lorsqu’il a précisé que pas une mais deux options seront proposées au peuple écossais. La première, sera l’indépendance. La seconde est surnommée “Dévolution Max”, un compromis pour les Écossais qui veulent rester dans le Royaume-Uni. Elle consiste au transfert des pouvoirs fiscaux de Londres vers Édimbourg. À l’heure actuelle, la majorité des impôts des Écossais vont à Westminster en retour d’une allocation annuelle d’environ 30 milliards de livres sterling au parlement écossais. Une loi pour une plus grande souveraineté fiscale de l’Écosse est déjà à l’examen à Westminster.

Seulement un tiers des Écossais veulent l’indépendance selon les sondages. Salmond a beau avoir du charisme et un optimisme contagieux, je doute qu’il puisse convertir les profanes en quelques années. Il le sait probablement aussi. Cette seconde option, la “Dévolution max”, est à mes yeux un coussin gonflable pour le pilote du projet d’indépendance. Un simple “non” serait un échec cuisant pour le fier Salmond.

D’ailleurs, et j’en viens au titre de cette chronique, il ne faut surtout pas mentionner le double échec référendaire du Québec à M. Salmond. J’ai abordé la question avec lui devant une assemblée de journalistes en mai dernier. Il s’est tout de suite énervé. “Je ne vois pas le rapport. L’Écosse n’est pas Québec”, a-t-il répondu en levant les yeux au ciel et en gigotant sur sa chaise.

Même réaction dans un scrum de journalistes après la conférence. Comptez sur moi pour jouer encore les trouble-fêtes la prochaine fois que je le croise…

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