
Quelque chose ne tourne pas rond à Downing Street. La semaine dernière, nous avons appris que le ministre de la Culture était pratiquement le chien de poche de James Murdoch. Le jour où David Cameron lui a confié les clés du ministère, Jeremy Hunt a envoyé un texto à Murdoch pour le féliciter: l’union européenne venait d’approuver son offre d’achat de BSkyB, un bouquet de chaînes par satellite très lucratives. Il ne manquait que le feu vert du Conseil de presse britannique. Les groupes de presse rivaux des Murdoch craignaient leur acquisition de BSkyB pour la simple et bonne raison qu’ils sont déjà omniprésents (certains diraient omniscients) dans le paysage médiatique britannique.
Quelques heures avant d’être nommé ministre de la Culture, Jeremy Hunt écrit à James Murdoch, alors chef de la filiale britannique de News Corporation: “Congrats on Brussels! Just Ofcom to go!” (Félicitations pour la décision de Bruxelles -l’UE-! Il ne reste plus que le [Conseil de presse britannique]!) Ses textos complaisants se sont poursuivis alors qu’il était le ministre responsable du dossier de l’offre d’achat. Bonjour l’impartialité.
La réaction de David Cameron devant cette connivence défie tout entendement. Il a refusé de soumettre Jeremy Hunt à une enquête alors qu’il a de toute évidence brisé le code ministériel.
L’automne dernier, Cameron avait également protégé son ancien ministre de la Défense qui s’était retrouvé dans une situation très gênante. Liam Fox avait dû démissionner devant l’ampleur du scandale.
Entre en scène, Sayeeda Warsi, vice-présidente du Parti conservateur et première femme ministre musulmane au pays. Il s’est avéré qu’elle a déclaré comme dépenses un loyer qu’elle n’a pas payé alors qu’elle demeurait chez un ami. Elle a aussi emmené un associé en affaires lors d’un voyage officiel au Pakistan.
Réaction de David Cameron: il saute sur la gâchette et demande à son conseiller sur le code ministériel de faire enquête sur Mme Warsi.
Le cabinet du PM a de plus en plus l’air d’un boys club où seuls les anciens du Bullingdon Club sont impunis. Peut-être que Cameron a voulu rendre à Mme Warsi la monnaie de sa pièce. Elle avait dénoncé l’islamophobie qui s’empare du pays quelques semaines avant que son patron ne tienne des propos durs envers les musulmans.
P.S. Le Big Blogue prend des vacances d’une semaine. Au plaisir de vous retrouver bientôt et n’hésitez pas à me dire les sujets dont vous aimeriez que je vous cause cet été.
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