
Quelque part dans la dernière décennie, Berlin est devenue la capitale des hipsters. Les jeunes créatifs amateurs de cappuccino du monde entier y ont élu domicile, attirés par le style de vie bohème, les loyers bas et les bars au décor faussement négligé -un peu comme leur chevelure et leurs vêtements savamment fripés.
J’y étais il y a un mois et je me suis émerveillée encore une fois des galeries d’art, des graffitis à l’humour mordant et du métro au design incroyablement actuel. Les wagons ont l’air de conteneurs et devinez quoi? Les caisses métalliques sont incroyablement tendance en ce moment. Les designers berlinois ont une boule de cristal ou quoi?
Mais un vent de révolte contre les hipsters souffle sur la capitale allemande. Les résidants accusent la meute de jeunes loups branchés d’être à l’origine de la hausse des loyers et de la commercialisation des quartiers. Au revoir les squats, bonjour les hôtels boutique. Si bien que des tags “Brûlez les touristes” apparaissent dans la ville et des immigrants de la branchitude se sont faits agresser dans la rue. Question de différencier les “vrais” des “faux” hipsters? Allez savoir.
Le discours haineux est tel qu’un groupe se porte à la défense des touristes, court ou long terme, l’Hipster Antifa Neukölln. L’ironie, explique un de ses fondateurs au Guardian, c’est que les gens qui s’en prennent à cette classe de visiteurs reproduisent le langage fasciste qu’ils dénigrent tant. “La haine des touristes est maintenant perçue comme normale”, dit-il.
Bref, si vous comptez visiter Berlin bientôt, mieux vaut ne pas avoir l’air de ça:

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