…le monde attrape le rhume, on dirait. J’avais écrit sur ses difficultés quand j’y étais en octobre. Cela m’avait valu des commentaires assassins. Maintenant, on sait un peu plus l’étendue du désastre. Dubai World a annoncé à ses créanciers hier qu’elle serait incapable de les payer pendant les six prochains mois. Immédiatement, la valeur des banques britanniques a fondu de 14 milliards de livres sterling. Incroyable. Le FTSE 100 a aussi perdu des plumes.
Comme l’explique le Guardian: “Des banques britanniques ont prêté à Dubaï des milliards de dollars pour financer ses tours étincelantes et ses pistes de ski dans le désert. Il y a maintenant un risque que, si plusieurs de ces prêts tournent mal, le pire ne soit pas passé pour les banques qui ont été sauvées à coups de milliards par les contribuables.”
C’est dire jusqu’où s’est rendue la mondialisation: un joueur bascule et le roi est échec et mat. Cette observation peu paraître futile aux lecteurs qui ont un brin de connaissance en économie. Mais aux yeux d’une néophyte comme moi, la fragilité de notre système est plutôt inquiétante.
Ce sujet m’a fait penser à Brixton, un quartier réputé violent et pauvre dans le sud de Londres. Le secteur, un fief pour le crime organisé, vient de se doter de sa propre monnaie: la livre de Brixton. Il s’agit de la première zone urbaine de l’Angleterre à tenter l’expérience de la transition monétaire, un mouvement d’économie parallèle.
La livre de Brixton, qui n’a aucune valeur à l’extérieur du quartier, vise à stimuler l’économie locale et protéger le quartier des chocs économiques mondiaux. En encourageant les marchands et fournisseurs locaux, les instigateurs du projet espèrent réduire l’empreinte carbonique du quartier, donc sa dépendance au pétrole. Un voeu pieux? Une solution à la mondialisation? Le temps le dira.
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