Le Big blogue de Londres

Archive de la catégorie ‘Émirats Arabes Unis’

Vendredi 27 novembre 2009 | Mise en ligne à 13h14 | Commenter Commentaires (22)

Quand Dubaï tousse…

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…le monde attrape le rhume, on dirait. J’avais écrit sur ses difficultés quand j’y étais en octobre. Cela m’avait valu des commentaires assassins. Maintenant, on sait un peu plus l’étendue du désastre. Dubai World a annoncé à ses créanciers hier qu’elle serait incapable de les payer pendant les six prochains mois. Immédiatement, la valeur des banques britanniques a fondu de 14 milliards de livres sterling. Incroyable. Le FTSE 100 a aussi perdu des plumes.

Comme l’explique le Guardian: “Des banques britanniques ont prêté à Dubaï des milliards de dollars pour financer ses tours étincelantes et ses pistes de ski dans le désert. Il y a maintenant un risque que, si plusieurs de ces prêts tournent mal, le pire ne soit pas passé pour les banques qui ont été sauvées à coups de milliards par les contribuables.”

C’est dire jusqu’où s’est rendue la mondialisation: un joueur bascule et le roi est échec et mat. Cette observation peu paraître futile aux lecteurs qui ont un brin de connaissance en économie. Mais aux yeux d’une néophyte comme moi, la fragilité de notre système est plutôt inquiétante.

Ce sujet m’a fait penser à Brixton, un quartier réputé violent et pauvre dans le sud de Londres. Le secteur, un fief pour le crime organisé, vient de se doter de sa propre monnaie: la livre de Brixton. Il s’agit de la première zone urbaine de l’Angleterre à tenter l’expérience de la transition monétaire, un mouvement d’économie parallèle.

La livre de Brixton, qui n’a aucune valeur à l’extérieur du quartier, vise à stimuler l’économie locale et protéger le quartier des chocs économiques mondiaux. En encourageant les marchands et fournisseurs locaux, les instigateurs du projet espèrent réduire l’empreinte carbonique du quartier, donc sa dépendance au pétrole. Un voeu pieux? Une solution à la mondialisation? Le temps le dira.

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Lundi 16 novembre 2009 | Mise en ligne à 13h28 | Commenter Commentaires (19)

La cité des hommes brisés

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Permettez-moi de faire un petit retour en arrière. J’aimerais vous parler d’un camp d’ouvriers que j’ai visité en banlieue de Dubaï, à Sonapur. Dans mon article publié samedi dernier, je n’ai pas eu de place pour expliquer que Sonapur veut dire “cité d’or” en langue hindoue. Or, il n’y avait rien de doré dans ce ghetto. Les immondices débordaient des poubelles et un sol sableux tenait lieu de pavé. Des rats faisaient remuer la poussière, une poussière qui irritait la peau.

J’étais très nerveuse, ce soir d’octobre, quand on a pénétré dans le camp sombre, mon “fixer” Mohamed et moi. Si on se faisait découvrir par un gardien de sécurité, on se faisait expulser illico. Bye bye le reportage. Le fait que j’étais entourée de milliers d’hommes qui n’avaient pas eu de contact avec une femme depuis des lunes m’intimidait aussi. J’avais acheté un foulard pour me couvrir les épaules et les bras. Question de ne pas les fatiguer.

Mes craintes se sont vite estompées. J’ai rarement rencontré des gens plus aimables. Alors que quelques-uns racontaient leur vie de misère à moi, l’occidentale gâtée pourrie qui s’immisçait dans leur existence, d’autres éclairaient mon carnet de notes avec la lumière de leur cellulaire pour que je puisse écrire dans la noirceur. Un petit geste de rien du tout qui m’a touchée. Quand mon stylo a rendu l’âme, trois crayons étaient tendus vers moi.

Un truc me désespérait. Pourquoi ne se rebellaient-ils pas? Pourquoi ne demandaient-ils pas d’aide à leur famille pour les sortir de là? La majorité d’entre eux leur cache la vérité. C’est pourtant leurs proches qui reçoivent l’argent qu’ils parviennent à se mettre de côté, de peine et de misère. Un Indien catholique, Bruno Genewin, m’a aidé à comprendre. “Ils ne veulent pas inquiéter leur famille. Ces gens ne se battent pas pour eux-mêmes car ils s’oublient complètement pour leurs proches. La famille est plus important que tout en Inde.”

Finalement, le ghetto Sonapur n’est pas si mal nommé. Il est peuplé d’hommes au coeur d’or.

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Jeudi 15 octobre 2009 | Mise en ligne à 7h37 | Commenter Commentaires (8)

J’oubliais

Avertissement: Le ton de ce billet est léger, ce qui pourrait offenser certains lecteurs de ce blogue. Prière de patienter au prochain billet si vous voulez lire sur un sujet sérieux.

Blague à part, je vous avais promis de goûter aux jus portant des noms bizarroïdes, comme “Computer” et “Internet”. L’exercice me semble futile maintenant mais comme je n’aime pas briser une promesse, je me suis exécutée, juste avant mon départ. J’ai choisi le jus “Internet”. Un mélange de mangue, d’avocat et d’orange, avec une touche de crème glacée à la vanille. Délicieux, malgré ce que la photo peut suggérer. J’ai demandé au serveur du snack-bar pourquoi il portait ce nom. Il a sourit en haussant les épaules. M’est avis que le menu des jus datait de 1999, du temps où “Internet” et “Computer” avait encore une connotation futuriste.

Sur ce, je retourne aux sujets britanniques. Je sens que ça va en soulager quelques-uns.

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