Hugh Grant, Max Mosley et JK Rowling font partie des quelques célébrités qui ont défilé devant le juge Leveson pendant un an. Sur la sellette: les médias britanniques et leurs dérapages. La commission avait été déclenchée au lendemain de la fermeture du News of the World, dont les écoutes des boîtes téléphoniques, notamment celle d’une adolescente qui venait d’être assassinée, avaient scandalisé la population.
Eh bien, le juge vient de publier un rapport qui bouleversera la donne. Première chose qui devra changer: l’autorégulation de la presse britannique. Un privilège inacceptable pour Leveson qui compare cette situation à des écoliers qui corrigent leurs propres devoirs.
Essentiellement, il propose aux médias de mettre sur pied un organisme de surveillance entièrement indépendant. Bref, comme si des écoliers décidaient du système de notation sans pouvoir se noter eux-mêmes.
Sur cette question épineuse, je trouve que Leveson porte des lunettes trop roses.
Pour voir si cela fonctionnerait, il n’y a qu’à regarder du côté de Scotland Yard. Une commission indépendante des plaintes sur la police, l’IPCC est soupçonnée de favoritisme envers les hommes en uniformes depuis quelques années. Le Guardian l’a notamment accusée de manquer de rigueur dans son enquête sur la mort d’Ian Tomlinson, cet homme poussé mortellement par un agent lors des manifs du G20 en avril 2009.
Pourquoi serait-ce différent pour un conseil de presse conçu par la presse?
Une chroniqueuse du Guardian identifie un autre problème: cet espace sans frontières qui se nomme “‘internet”. Comment freiner les excès de la presse et protéger la vie privée et dignité de personnalités lorsque sur Google, Twitter et autres Facebook, c’est le free for all, si vous me permettez l’expression? Le citoyen journaliste autonome à ses heures serait-il encadré par le nouveau conseil de presse?
“Ce que Leveson ne peut faire, c’est réglementer la presse du 21ème siècle”, conclut Emily Bell.

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jeanfrancoiscouture
29 novembre 2012
13h21
Alain Minc dans son livre «L’Ivresse démocratique», parlant des journalistes et de leur statut spécial, voire privilégié dans les sociétés démocratiques écrivait ceci:
«Spectateur et acteur, le journaliste bénéficie d’une rente: il est le seul opérateur dans nos sociétés complexes à ne jamais être soumis à sa propre critique.(….) il ne peut mettre en cause le principe qui fonde son métier: je pense, donc je suis l’opinion publique».
À voir aller trop de journalistes, je ne peux faire autrement que donner globalement raison à Minc.
ralbol
29 novembre 2012
13h43
Quand l’imprimerie est apparue en Europe au 15e siècle, elle a sonné le glas du monopole de l’Église Catholique sur la création de livres, sur leur dissémination, et sur leur contenu.
Avec l’imprimerie, n’importe qui pouvait faire imprimer en grand nombre son livre, le répandre à sa guise et y présenter les idées de son choix.
L’Église à réagi en tentant de garder le contrôle du livre par l’Inquisition, en soumettant à son approbation les livres publiés, et en instaurant l’Index Librorum Prohibitorum, l’Index des Livres Prohibés.
Ça n’a pas fonctionné, et la diffusion générale des livres imprimés a marqué la fin du Moyen-Âge et le début de la Renaissance.
Nous sommes présentement à un semblable tournant de l’Histoire.
L’Internet permet, comme le livre à l’époque, la dissémination hors du contrôle des pouvoirs en place, des idées, des opinions et des critiques.
Une nouvelle Renaissance se prépare, et comme les citoyens de cette lointaine époque, nous devrons apprendre à apprivoiser cette nouvelle liberté, envers et contre tous les obstacles posés par les pouvoirs dominants en place.
Je crois personnellement voués à l’échec, les tentatives de contrôler l’Internet et les obstacles mis de l’avant par les pouvoirs en place pour tenter de freiner la libre circulation des idées, des contenus et des critiques.
Ils ne pourront pas plus contrôler l’Internet que l’Église n’a réussi à contrôler le livre.
Mais qu’est-ce qu’ils vont nous faire c*ier à essayer…
malipaquin
30 novembre 2012
08h37
Intéressant jeanfrancoiscouture, merci!
jeanfrancoiscouture
30 novembre 2012
08h45
..@malipaquin,08h37: Y’a pas de quoi. Et merci d’avoir pris la peine de dire merci. C’est une qualité en voie de disparition.
JFC
ferencs
5 décembre 2012
11h57
La liberté de s’exprimer existe … pour ceux qui possèdent une presse ou un micro.
Autrement, c’est la censure qui frappe.
Jacques Fabi fut suspendu non pas parce qu’il était d’accord avec l’Holocauste. En fait, il vous faire raisonner une auditrice superfrustrée. Il a eu le tort de dire qu’on ne pouvait pas tout dire à propos d’une certaine communauté. Ses propos n’étaient pas en soi haineux ou illégaux. Mais il a eu le tort de le dire via le micro de son employeur COGECO. Or COGECO vit grâces à ses ventes publicitaires. Et un bon nombre de ces ventes sont placés dans des entreprises qui appartiennent à ces gens de la communauté dont on ne peut tout dire. La censure est une application commerciale.
Jacques Fabi avait raison et sa suspension le prouve.
D’un autre ordre d’idée. Le Royaume-Uni a une loi de censure que je ne connaissais pas.
En particulier, la section 5.
Voyez ce qu’en dit Rowan Atkinson (Mr. Bean)
https://www.youtube.com/watch?v=EIR73WVfC9c