Le Big blogue de Londres

Archive, septembre 2012

Jeudi 27 septembre 2012 | Mise en ligne à 12h31 | Commenter Commentaires (6)

La leçon d’histoire de Letterman

David Cameron était de passage à David Letterman hier soir et comme je le craignais, le premier ministre s’est pris un peu trop au sérieux pour que cela fasse de la bonne télé. Dix-huit minutes de platitudes…Ou presque. Fidèle à lui-même, Dave Letterman avait préparé quelques questions pièges.

Qui a écrit l’hymne patriotique “Rule Britannia”? Edward Elgar, a répondu le PM. Nan. C’était Thomas Arne. Et quelle est la traduction littérale de “Magna Carta”, la charte constitutionnelle britannique? Je ne sais pas, a-t-il avoué. Malin, Letterman a répondu: “Boy it would be good if you knew this…”

Aujourd’hui, les Anglais se moquent du manque de culture de Cameron. À leur place, je m’indignerais de son manque d’humour. Il a utilisé cette tribune encore une fois pour justifier ses coupes budgétaires et dire à quel point la Grande-Bretagne est formidable.

Il aurait dû prendre des leçons de son vieux copain Boris Johnson (ci-dessous), le maire de Londres, qui a laissé briller sa personnalité sur le même siège en juin dernier. Il n’a pas hésité à dire que les New-Yorkais étaient plus gros que les Londoniens et il a pris les blagues à propos de sa chevelure avec bon coeur. Et à propos de sa popularité, qui supplante celle de Cameron, il a dit: “Je crois que j’ai de meilleures chances d’être réincarné en olive”, plutôt que devenir le futur premier ministre.

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Mercredi 26 septembre 2012 | Mise en ligne à 11h57 | Commenter Commentaires (10)

Ce que la reine pense vraiment

On a entendu entre les branches que la reine s’inquiète des extrémistes islamistes au pays…

En vérité, nous ne sommes pas supposés le savoir. La monarchie ne possède aucun pouvoir exécutif réel, et ce depuis le 17ème siècle. La reine Élisabeth s’est fait un point d’honneur de ne jamais afficher ses allégeances politiques ou de commenter les affaires du royaume. Son titre de chef d’État est honorifique. C’est sans doute pourquoi la famille royale est autant respectée aujourd’hui par les Britanniques: elle laisse la politique aux autres.

Or, un journaliste de la BBC a brisé le protocole cette semaine en dévoilant que sa majesté avait fait pression pour que soit arrêté le prédicateur incendiaire, Abou Hamza. Le fameux imam de la mosquée Finsbury Park, c’est lui. Surnommé “capitaine crochet”, le manchot a déversé sa haine sur les non-musulmans en général et les juifs en particulier pendant des années avant que Scotland Yard n’intervienne. Il a été arrêté en août 2004.

Après l’énorme faux pas de Frank Gardner, la BBC a immédiatement présenté ses excuses au palais de Buckingham. Gardner savait sans aucun doute qu’il brisait le protocole en divulgant les détails d’une conversation privée avec la reine. La Grande-Bretagne veut se débarrasser de Hamza depuis longtemps, et sans doute voulait-il insister sur l’importance de cette saga judiciaire.

Abou Hamza vient de faire appel une énième fois à son extradition vers les États-Unis.

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Mardi 25 septembre 2012 | Mise en ligne à 12h56 | Commenter Commentaires (6)

Quand un ministre insulte des policiers

Andrew-Mitchell--008

Dans bien des pays, les policiers courbent l’échine devant un ministre. Pas en Angleterre. Le député Andrew Mitchell l’a appris à ses dépens quand il a sommé les policiers devant Downing Street d’ouvrir la barrière pour le laisser passer à vélo. Un agent lui a poliment dit qu’ils n’en avaient pas l’autorisation et lui a demandé d’utiliser la sortie piétonne. Le cacique du parti conservateur s’est énervé après avoir insisté en vain. Avant de s’éloigner, il lui a lancé: “Best you learn your fucking place. You don’t run this fucking government. You’re fucking plebs.” (Vous devriez savoir garder votre place. Vous ne dirigez pas ce gouvernement, sales plébéiens.)

Tout le monde ensemble: “Hoooooonnnnnnnn.”

Cela s’est produit mercredi dernier et cela fait encore jaser. Parce qu’en Angleterre, il ne faut pas insulter les sacro-saints policiers, presque aussi vénérés que la famille royale. Entre les policiers et les politiciens, deux fois plus de Britanniques font confiance aux premiers.

Le Parti conservateur refuse de mener une enquête sur le comportement de Mitchell. Mais maintenant que le Daily Telegraph a publié le journal de bord du policier rudoyé, insultes comprises, ce n’est pas seulement la réputation du député fautif qui en prend pour son rhume mais celle du parti en entier.

Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là mercredi dernier. Le policier en question a menacé d’arrêter Mitchell suite à sa diatribe tout sauf élégante. Pourquoi? À cause de ses sacres.

D’une part, je suis fière de vivre dans un pays où la politique n’est pas au-dessus de la loi. D’autre part, cette propension pour les “bobbies” à chercher leurs menottes au premier “fucking” m’horripile. N’avons-nous plus le droit de piquer une crise en public, même envers un policier, dans le (l’ancien?) bastion de la liberté d’expression?

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