Le Big blogue de Londres

Archive, mars 2012

Jeudi 29 mars 2012 | Mise en ligne à 7h48 | Commenter Commentaires (6)

La politique du chausson

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Le petit pâté de viande en Grande-Bretagne, c’est l’équivalent du pogo ou de la poutine au Québec. Un plaisir coupable qu’on avale tout rond, par gourmandise ou par manque de temps. Mais le “pasty” britannique est badigeonné d’une connotation sociale; il est associé depuis toujours à la classe ouvrière.

C’est pourquoi le gouvernement britannique a été accusé de vouloir punir les familles à faible revenu en imposant la taxe de vente de 20% sur les mets chauds à emporter, tels que les populaires chaussons à la viande. Cela ne pouvait plus mal tomber pour David Cameron, deux jours après qu’il ait été forcé de dévoiler que de riches donateurs du parti conservateur ont mangé à sa table, à Downing Street.

Il n’en fallait pas plus pour qu’on pose la “question qui tue” au premier ministre et à son ministre des Finances, George Osborne: “Quand avez-vous mangé un “pasty” pour la dernière fois?” Question piège pour les deux millionnaires.

George Osborne, né d’une famille aristocrate, a admis ne pas s’en rappeler. Le premier ministre est revenu à la charge en révélant qu’il en avait mangé un à la gare de Leeds, de la West Cornwall Pasty Company. Bien sûr, la presse britannique a fait sa petite recherche. Cette entreprise a mis la clé sous la porte en 2007. Oh dear.

Devinez quoi? La première chose qu’a fait le chef de l’opposition, Ed Miliband, est d’aller s’acheter des chaussons à la saucisse.

Tout ça pour se montrer près du petit peuple. Franchement, je préfère l’honnêteté de Barack Obama qui (scandale!) n’hésite pas à demander de la moutarde Dijon devant les caméras.

Qu’on arrête de prendre les gens pour des cons.

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Mardi 27 mars 2012 | Mise en ligne à 12h50 | Commenter Commentaires (7)

Trafic d’influence à Downing Street

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Quelques mois avant de fouler le seuil de Downing Street, David Cameron a prédit en 2010 que le lobbying, une industrie de “deux milliards de livres sterling”, serait le prochain gros scandale. Il avait bien raison. Et c’est lui-même qui a été pris au piège.

Le trésorier de son parti, Peter Cruddas, vient de démissionner après avoir offert un souper avec le premier ministre en échange de 250 000 livres sterling à des journalistes qui se faisaient passer pour des dirigeants d’un fonds d’investissement. L’affaire est d’autant plus gênante que Peter Cruddas croyait qu’il s’adressait à des donateurs potentiels du parti conservateur, et non des lobbyistes. La distinction n’est pas sans importance.

“Si vous êtes insatisfaits de quelque chose, nous vous écouterons et passerons le message au comité politique du 10 Downing Street”, a déclaré Cruddas alors qu’il était enregistré par une caméra cachée.

Après trois heures de tergiversations, Cameron a décidé de publier la liste des donateurs des Tories qui ont eu l’honneur de souper à Downing Street en échange de 23 millions en dons. Encore une autre distinction à faire puisque, comme le fait remarquer l’Independent, “Downing Street est la résidence du premier ministre” et non du chef du parti conservateur. Le tout donne une impression de coterie, de clique accessible seulement à ceux qui ont les moyens de se payer de puissantes amitiés.

David Cameron a tenté de calmer le jeu en rappelant que tous les dons d’une valeur supérieure à 7500 livres sterling sont déclarés. Il ne s’agit donc pas d’un système de donation occulte.

Il a par la suite jeté le blâme sur le système de financement des partis en Grande-Bretagne. “Aucun parti politique n’est immunisé face à ces problèmes…Je propose immédiatement au parti travailliste d’imposer un plafond de 50 000 livres sterling aux dons individuels.” Et d’ajouter, sans éclater de rire: “Nous pouvons retirer the big money de la politique britannique, une fois pour toutes.”

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Jeudi 22 mars 2012 | Mise en ligne à 14h18 | Commenter Commentaires (24)

Papi va à l’Eurovision

Comment sait-on que le printemps est arrivé en Europe? Les pays participants de l’Eurobidon, euh pardon, l’Eurovision dévoilent leurs candidats pour le prochain gala en mai, qui se déroulera en Azerbaïdjan. La Grande-Bretagne, qui n’a pas gagné depuis 1997, a peut-être eu une idée de génie en dépoussiérant un vieux crooner au nom impossible d’Englebert Humperdinck. L’Anglo-indien de 75 ans est un peu le Michel Louvain québécois et une version plus sage de Tom Jones. Son plus grand succès “Release me” avait détrôné les Beatles au sommet des palmarès en 1967.

Le beau papi détonnera au milieu des minettes siliconées et des jeunes éphèbes qui pensent que James Blunt est le meilleur auteur compositeur de tous les temps.

Une toune rétro, un nom (fictif) qui sonne international et une gueule de grand-papa gâteau. Pour paraphraser un éditorialiste du Times, ce n’est peut-être pas dans la poche mais personne n’aura le coeur de le huer.

Voici Humperdinck au faîte de sa gloire:

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