
Le petit pâté de viande en Grande-Bretagne, c’est l’équivalent du pogo ou de la poutine au Québec. Un plaisir coupable qu’on avale tout rond, par gourmandise ou par manque de temps. Mais le “pasty” britannique est badigeonné d’une connotation sociale; il est associé depuis toujours à la classe ouvrière.
C’est pourquoi le gouvernement britannique a été accusé de vouloir punir les familles à faible revenu en imposant la taxe de vente de 20% sur les mets chauds à emporter, tels que les populaires chaussons à la viande. Cela ne pouvait plus mal tomber pour David Cameron, deux jours après qu’il ait été forcé de dévoiler que de riches donateurs du parti conservateur ont mangé à sa table, à Downing Street.
Il n’en fallait pas plus pour qu’on pose la “question qui tue” au premier ministre et à son ministre des Finances, George Osborne: “Quand avez-vous mangé un “pasty” pour la dernière fois?” Question piège pour les deux millionnaires.
George Osborne, né d’une famille aristocrate, a admis ne pas s’en rappeler. Le premier ministre est revenu à la charge en révélant qu’il en avait mangé un à la gare de Leeds, de la West Cornwall Pasty Company. Bien sûr, la presse britannique a fait sa petite recherche. Cette entreprise a mis la clé sous la porte en 2007. Oh dear.
Devinez quoi? La première chose qu’a fait le chef de l’opposition, Ed Miliband, est d’aller s’acheter des chaussons à la saucisse.
Tout ça pour se montrer près du petit peuple. Franchement, je préfère l’honnêteté de Barack Obama qui (scandale!) n’hésite pas à demander de la moutarde Dijon devant les caméras.
Qu’on arrête de prendre les gens pour des cons.
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